10 symptômes pour reconnaître l'hyperphagie

l'hyperphagie est un TCA (trouble des conduites alimentaires) qui se manifeste par un besoin irrépressible de manger pour combler une souffrance

L’hyperphagie est le trouble du comportement alimentaire (TCA) le plus fréquent et toucherait 3 à 5 % de la population. Ce TCA est parcouru de crises compulsives qui ne relèvent ni de la gourmandise ni du grignotage. Contrairement aux personnes boulimiques, la personne hyperphagique n’élimine pas ses crises, elle ne se fait pas vomir. Souffrir d’hyperphagie anxieuse, ce n’est pas uniquement se suralimenter : c’est éprouver une véritable détresse au quotidien. Ce trouble entraîne des conséquences somatiques, psychologiques et sociales importantes, pourtant il est possible d’en guérir ! Vous retrouverez dans cet article 10 symptômes qui doivent alerter et vous faire envisager la mise en place d’une thérapie.

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Quels sont les symptômes de l’hyperphagie ?

Bien que les crises d’hyperphagie soient vécues dans le plus grand des secrets par les personnes qui en souffrent, certains symptômes de l'hyperphagie permettent de reconnaître la présence de ce TCA :

  1. Symptôme n°1 : Une prise de poids
  2. Symptôme n°2 : Des douleurs abdominales
  3. Symptôme n°3 : Des troubles digestifs
  4. Symptôme n°4 : Une fatigue chronique
  5. Symptôme n°5 : La maladie carieuse
  6. Symptôme n°6 : La perte de contrôle
  7. Symptôme n°7 : Des signaux de satiété brouillés
  8. Symptôme n°8 : Le cercle vicieux de la culpabilité après la crise hyperphagique
  9. Symptôme n°9 : L'isolement social
  10. Symptôme n°10 : Cacher de la nourriture

Symptôme n°1 : Une prise de poids

La prise de poids est l’un des symptômes de l'hyperphagie les plus simples à repérer. En effet, les crises alimentaires se matérialisent par la prise compulsive d’une très grande quantité de nourriture habituellement riche en gras et en sucre et qui ne sont pas compensées par des comportements comme dans le cas de la boulimie.

La personne hyperphagique ne se fait pas vomir, elle n’utilise pas non plus de laxatifs, ou de diurétique, tout comme elle ne pratique pas le sport de façon excessive. Elle ne cherche pas à contrebalancer l’abus calorique pour éviter de prendre du poids.

On constate donc un embonpoint se produire de manière très rapide, pouvant amener à un surpoids, voire à une obésité. Chez les enfants en proie à ce trouble, la prise de poids ne suit plus du tout la courbe de croissance.

Bon à savoir

En consultation, la question de l’hyperphagie alimentaire n’est pas forcément abordée, car les symptômes de ce trouble ne sont pas flagrants (comme dans le cas de l’anorexie, par exemple).
 
Il est souvent pensé que le surpoids est lié à une suralimentation et pas nécessairement comme l'un des signes d'un trouble alimentaire.
 
Le nombre de crises d’hyperphagie va de « léger » (trois par semaine maximum) à « extrêmement sévère » avec plus de quatorze occurrences hebdomadaires. L’alimentation émotionnelle est au cœur de la maladie.

Symptôme n°2 : Des douleurs abdominales

Autre symptôme de l'hyperphagie, les douleurs abdominales, qui sont fréquentes. L’hyperphagie c’est manger à s’en rendre malade. Lorsque la personne souffre d’un accès de gloutonnerie, elle ingurgite tout ce qu’elle peut avaler en un temps minime : il s’agit de se remplir, de combler un vide et d’éteindre une émotion.

En mangeant sans faim et de façon incontrôlée, l’individu s’arrête uniquement au moment où le corps lui signale une souffrance physique : c’est la distension abdominale.

La prise alimentaire est telle qu’elle pèse sur le corps et la douleur qui se réveille permet de mettre fin à la frénésie. Cet inconfort au niveau de l’estomac s’accompagne quelquefois de nausées.

Même si les crises ont lieu en cachette, cette douleur dure jusqu’à plusieurs heures et elle est physiquement visible. Le malaise entraîné est intense, forçant parfois la personne à s’allonger ou l’empêchant d’être active pendant un certain temps.

Symptôme n°3 : Des troubles digestifs

La gravité du trouble hyperphagique et, en l’occurrence, des répercussions somatiques, augmente avec la fréquence des crises. Un symptôme de l'hyperphagie visible qui doit alerter est l’apparition de troubles digestifs qui n’étaient pas présents auparavant.

Le fait d’ingurgiter beaucoup de nourriture de façon déséquilibrée entraîne des conséquences sur le plan digestif : c’est un des effets de la malnutrition. Manger en grande quantité ne veut pas dire manger correctement : l’on peut manger beaucoup et être victime de sous-nutrition.

Les troubles digestifs fonctionnels sont fréquents et sont une source de souffrance que la personne va manifester par des plaintes. Ces affections sont généralement des douleurs abdominales, des constipations, des gaz intestinaux, des ballonnements et des diarrhées.

Le reflux gastro-œsophagien est possible : il s’agit d’une défaillance d’un muscle qui fait remonter une partie de ce que contient l’estomac directement dans l’œsophage. Il provoque des brûlures, des hoquets et parfois des régurgitations acides.

Symptôme n°4 : Une fatigue chronique

Symptôme de l’hyperphagie, la fatigue chronique survient souvent à la suite des crises alimentaires.

Les frénésies alimentaires sont vécues de façon très intenses, allant même jusqu’à provoquer un état dissociatif, demandant une énergie forte et induisant un fonctionnement digestif soutenu.

Le soulagement qu’elles procurent (mais qui s’efface rapidement au profit de la honte et de la culpabilité), enclenche une asthénie, avec une envie impérieuse de s’allonger, voire de dormir. D’ailleurs, lorsque l’hyperphagie a lieu dans sa forme nocturne, la personne se nourrit jusqu’à l’épuisement, et retourne se coucher : la crise lui apporte un réconfort qui permet alors l’endormissement.

Enfin, l’hyperphagie peut être identifiée à cause des troubles du sommeil qu’elle engendre, car la dénutrition occasionne des carences majeures en micronutriments et en vitamines. En conséquence, la personne apparaît comme exténuée physiquement.

La surcharge pondérale peut être à l’origine d’un syndrome d’apnée du sommeil, provoquant des épisodes fréquents d’interruption de la respiration lorsque l’individu dort. Il subit alors des microréveils réguliers et souffre en conséquence d’un repos de très mauvaise qualité.

À lire aussi : 12 conseils pour stopper les crises de boulimie

Symptôme n°5 : La maladie carieuse

La sensibilité dentaire forte et la présence accrue de caries ou de polycaries sont des symptômes de l’hyperphagie.

Ils apparaissent notamment à cause de la démultiplication des apports sucrés, d’une prise excessive d’aliments généralement très riches en sucres raffinés et en matières grasses saturées.

Ainsi, chez une personne hyperphagique, le risque carieux est plus élevé.

Symptôme n°6 : La perte de contrôle

La perte de contrôle est un symptôme de l'hyperphagie obligatoire pour la diagnostiquer sur le plan clinique.

Parfois, celle-ci est dite incomplète ou non aboutie, car la personne hyperphagique est coupée dans sa crise, par exemple lorsqu’un proche entre dans la pièce au moment de la frénésie : la personne va s'interrompre de manger.

Mais cette perte de contrôle non aboutie est uniquement le résultat d’un événement externe qui a favorisé cet arrêt et reste assez rare, tant les crises sont faites à l’abri des regards.

Le plus souvent, le trouble alimentaire compulsif répond à un besoin irrépressible de manger (phase de craving). La personne n’est pas capable de s’arrêter et encore moins de se retenir de manger.

Elle se laisse complètement submerger par son désir d’éteindre une émotion et des affects négatifs difficiles à vivre : anxiété, tristesse ou ennui, malgré le fait qu’elle est tout à fait consciente de ce qu’elle fait.

Certains malades hyperphagiques expliquent qu’au-delà d’une perte de contrôle qui surviendrait seulement au moment des crises, c’est l’ensemble de leurs habitudes alimentaires qui en relève. Elles ne savent plus se nourrir « normalement », ce qui signe là également un symptôme de l'hyperphagie.

Symptôme n°7 : Des signaux de satiété brouillés

La personne hyperphagique souffre généralement d’une absence de repères physiologiques de faim et de satiété : elle ne ressent plus les sensations de la « vraie faim » et mange justement sans avoir faim. Ces signaux perturbés sont des symptômes de l'hyperphagie.

Cela s’explique par des crises fréquentes qui ont tendance à brouiller les signaux, l’estomac dilaté par les quantités importantes renforçant cet effet.

La prise alimentaire se fait extrêmement vite et le contexte dans lequel a lieu la frénésie est important : par exemple, elle peut commencer lors d’un dîner en extérieur puis reprendre et finir à la maison.

Bon à savoir

Il existe différents types de crises compulsives :

  • Les crises prandiales, c’est-à-dire celles qui démarrent au moment de manger lors du repas, et se poursuivent bien après, en dehors de la table.

  • Les crises extra-prandiales qui sont déclenchées non pas au moment des repas, mais par un affect ou un sentiment négatif (ennui, angoisse…).

Dans le cas de l’hyperphagie nocturne, les accès frénétiques ont lieu après le repas du soir ou parfois même pendant la nuit.

Symptôme n°8 : Le cercle vicieux de la culpabilité après la crise hyperphagique

Le trouble de la culpabilité fait partie des symptômes de l'hyperphagie. Les crises hyperphagiques entraînent une sensation de soulagement affectif rapide, mais le dégoût de soi, la culpabilité, la honte et les sentiments dépressifs prennent ensuite le dessus.

Ces états font que la personne cache ses actes et dissimule au maximum son comportement : les crises peuvent donc être planifiées et sont souvent réalisées de la manière la plus discrète possible.

L’hyperphagie est un trouble alimentaire qui ne recourt pas aux conduites alimentaires compensatoires : la prise de poids se fait de façon rapide, et l’insatisfaction corporelle participe à aggraver le manque d'estime de soi.

Rappelons que la société valorise les corps minces et sains au travers d’une maîtrise de soi et d’une hygiène de vie irréprochable. C’est pourquoi, le fait de perdre le contrôle impacte de façon négative le manque de confiance de l’individu (« Je ne sais pas me contrôler »).

L’anxiété qui en naît, encourage l’impulsivité et le recours à la compulsion pour s’apaiser, entraînant à nouveau une culpabilité douloureuse : le cercle vicieux est installé. La dépression se fait parfois symptôme de l'hyperphagie et accompagne alors la pathologie de façon comorbide.

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Symptôme n°9 : L'isolement social

Autre symptôme de l'hyperphagie : le repli sur soi. C'est un isolement social auquel la personne souffrant du trouble a décidé de prendre part, par peur d’être jugée vis-à-vis de ses comportements.

En effet, les crises éclatent bien souvent loin des autres, car il est difficile pour les individus de supporter les regards d’autrui dans ces instants.

La honte engendrée favorise le retrait de la vie sociale, les personnes peuvent même fuir les repas de famille, les apéritifs entre amis, les déjeuners professionnels, ou encore les repas à la cantine, par crainte de voir déclencher une crise en public et de perdre le contrôle.

Elle en vient à éviter au maximum son entourage et parfois à désinvestir des activités qui lui plaisaient jusqu’alors. Le fait de ne pas se confier renforce ses affects négatifs ainsi que ses conduites. Cette mise à l’écart favorise les troubles de l’humeur concomitants et les idées noires qui peuvent les accompagner.

Le repli sur soi n'est cependant pas un signe propre à l'hyperphagie car de nombreux TCA se caractérisent aussi par ce type de comportement. C'est l'un des symptômes de l'anorexie par exemple, où la personne va fuir les repas par peur de manger.

Symptôme n°10 : Cacher de la nourriture

Le fait de cacher de la nourriture constitue un symptôme de l'hyperphagie, car il répond à un besoin d’avoir de la nourriture sous la main en cas de crise.

Dans ce cas de figure et même si les frénésies ont tendance à survenir de façon spontanée et impromptue, le comportement de l’individu est identique à celui d’une personne droguée.

En effet, la dopamine libérée lorsque l’on mange provoque une sensation de bien-être immédiate. C’est cette sensation qui est recherchée face à une situation négative ou un affect mal accueilli : manger procure du réconfort instantanément, les émotions sont calmées, sans pour autant résoudre le problème à sa source.

En conséquence, le cerveau de la personne a reprogrammé son circuit de la récompense et va entretenir cette dépendance. L’hyperphagique peut dérober de la nourriture (que ce soit dans les placards de la maison ou les rayons du magasin) et la cacher au plus près de lui (dans sa chambre, son sac, son bureau…).

Des dépenses excessives d’argent sont possibles dans des achats alimentaires tout comme le fait de passer énormément de temps dans les supermarchés.

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Comment une personne est diagnostiquée hyperphagique ?

Tout d’abord, il faut savoir que la personne qui souffre d’hyperphagie anxieuse consulte rarement pour faire part de ce qu’elle endure. Généralement elle rencontre son médecin pour comprendre et traiter une prise de poids.

Sans évoquer ses crises, et sans questions approfondies de la part du soignant, il est difficile de mettre au jour une hyperphagie. Il est donc recommandé aux praticiens accompagnant des individus en surpoids ou obèses de toujours interroger sur la présence d’un trouble hyperphagique.

Reconnaître les symptômes de l’hyperphagie est essentiel pour établir le diagnostic. Pour cela les psychiatres et les psychologues utilisent les critères cliniques du DSM-5 (Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux) qui sont les suivants :

  1. Les épisodes récurrents de crises hyperphagiques se font en un temps limité, qui se traduisent par l’absorption d’une quantité conséquente de nourriture et le sentiment de perdre le contrôle.

  2. Les crises d’hyperphagie boulimique s’associent à au moins trois de ces critères : la prise alimentaire est plus rapide que la normale, l’accès hyperphagique se fait jusqu’à ressentir un mal de ventre pénible, l’ingestion des aliments se fait sans signaux ou sans sensation de faim.

  3. La personne est seule quand elle se met à manger, car il y a une gêne vis-à-vis des quantités.

  4. Le dégoût de soi, la dépression ou la culpabilité sont présents après les crises.

  5. Le comportement hyperphagique est source de détresse fortement marquée.

  6. Les frénésies alimentaires ont lieu depuis au moins trois mois à raison d'une fois par semaine minimum.

  7. Il n’y a pas de comportement compensatoire ; les crises ne surviennent pas dans le cadre d’un trouble de la boulimie ou de l’anorexie.

Le poids peut être un élément caractéristique pour diagnostiquer le trouble, car il est fréquemment associé au surpoids, ainsi qu’à l’obésité, mais toutes les personnes souffrant d’obésité ne font pas forcément de l’hyperphagie boulimique de façon récurrente.

Celles qui en sont victimes absorbent plus de calories et le retentissement fonctionnel, sur leur qualité de vie par exemple, est plus conséquent. Le médecin en charge du diagnostic analyse donc plusieurs composantes :

  • Les modalités de déroulement de la crise : dans quel contexte, quels sont les éléments déclenchants, dans quel endroit, de quelle façon ;
  • La quantité et la qualité des aliments et des boissons ingurgitées et en combien de temps ;
  • La fréquence de survenue des accès ;
  • L’existence d’une perte de contrôle ;
  • Les sentiments associés de honte et de culpabilité, la souffrance provoquée ;
  • Les conséquences sur l’estime de soi et l’image du corps ;
  • Les retentissements sur l’humeur et le sommeil ;
  • Les perturbations sur la vie sociale, affective et sexuelle ;
  • Les bouleversements sur le plan scolaire, professionnel voire financier.

Un examen psychiatrique est réalisé afin de rechercher des antécédents et d’autres troubles pouvant s’associer au diagnostic :

Dans l’hyperphagie la comorbidité psychiatrique est élevée et elle est corrélée à la sévérité des crises : plus elles seront fréquentes et fortes, plus la personne augmente le risque d’avoir d’autres troubles psychologiques associés.

Enfin, un examen somatique complet a lieu, afin de mesurer la gravité des conséquences de la maladie sur le plan physiologique.

En finir avec l’hyperphagie !

Bien malgré vous, vous absorbez une grande quantité de nourriture en un temps-record. Vous avez le sentiment de devoir manger pour combler un vide et perdez totalement le contrôle. Vous n’avez plus aucune sensation de satiété et avez souvent des problèmes gastriques. Vous vous sentez coupable injustement et vous perdez de plus en plus confiance en vous.

Voici ce que va vous apporter la thérapie digitale, sur la base des résultats constatés cliniquement chez nos patients ayant fait de l’hyperphagie.

Vous allez :

- Apprendre à reconnaître et désactiver les déclencheurs émotionnels
- Lâcher prise et vous accepter tel que vous êtes
- Quitter ce sentiment de culpabilité et de honte
- Retrouver confiance en vous et apprendre à vous aimer

Démarrez une thérapie maintenant !

Y a-t-il des signes avant-coureurs à l’hyperphagie ?

Le trouble alimentaire est une conjonction de différents facteurs psychologiques, biologiques et sociaux. On peut constater des signes cliniques dits « d’appel » pouvant être des symptômes de l'hyperphagie précurseurs et devant questionner, voire alerter.

Signe avant-coureur n°1 : Une grande insatisfaction corporelle

Symptôme de l'hyperphagie, l'insatisfaction est souvent manifestée et marquée parfois par de la honte à l’égard de son propre corps.

En résultent alors des demandes concernant le fait de perdre du poids comme la mise en place de régimes amaigrissants. Le comportement de la personne peut devenir quasiment obsessionnel avec la nourriture, l’alimentation prenant tout l'espace psychique.

L’instauration de régimes amaigrissants est problématique dans le sens où ils entraînent des restrictions cognitives et alimentaires très fortes.

La restriction cognitive est un mécanisme comportemental. En s’imposant volontairement le fait de se restreindre pour perdre du poids, le corps se met en alerte. Si l’énergie qui rentre n’est pas suffisante, il va tout faire pour combler cette carence, d’autant que la faim continue de croître avec le manque.

Le fait d’interdire des aliments entraîne une pensée dichotomique (« le chocolat c’est mal, les légumes c’est bien ») qui renforce cette mécanique. En privant le corps de ce qu’il aime, le risque de craquer est plus fort.

Les régimes stricts déséquilibrent le fonctionnement normal des signaux et encouragent la survenue des crises : la personne est tellement dans le contrôle à cause du régime, qu’elle finit par céder.

Cela peut d’ailleurs être l’origine de l’hyperphagie boulimique, qui se transforme en un cercle vicieux. Dans le cas de certaines pathologies, comme le diabète de type 1, une diète spécifique est imposée, engendrant parfois des troubles alimentaires.

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Signe avant-coureur n°2 : L’évitement des conversations sur le corps

Un autre signe est le fait d’éluder tous les échanges et les questionnements concernant le corps, le poids et la nourriture. La personne devient si sensible sur ce sujet qu’elle n’arrive pas à en parler sereinement.

Lors de ces conversations, elle se sent confrontée à ce qu’elle vit intérieurement, en plus de la renvoyer à son insatisfaction corporelle et sa faible estime d'elle-même. Si la famille constate des changements brusques et une mise à l’écart, des conflits sont alors possibles.

De plus, il n'est pas toujours évident pour l’entourage d’amener la question de façon bienveillante et neutre. Il ne s’agit pas tant d’une pure volonté de blesser que de faire part de son inquiétude de façon maladroite : les proches ne possèdent pas forcément de connaissances sur ce trouble.

Signe avant-coureur n°3 : Une anxiété liée au partage des repas

L’individu peut manifester de plus en plus d’anxiété à l’idée de partager des repas en étant entouré, et de ce fait, être en proie à des sautes d’humeur ou d’irritabilité.

De manière générale, les difficultés qu’éprouve une personne à réguler ses émotions, à maîtriser son impulsivité, vont influer sur le risque de faire des excès alimentaires.

Avoir eu des problèmes de comportements ou s’être fait du mal (scarifications) à l’adolescence, joue également un rôle défavorable. Il faut donc être tout aussi vigilant envers ce type d’attitudes autoagressives, qui se retrouvent parfois sous la forme de conduites addictives et même de tentatives de suicide.

Un repérage précoce des symptômes de l’hyperphagie permet de prévenir la maladie, sa chronicisation et l’aggravation des conséquences psychiques, sociales et physiologiques.

Quelles sont les conséquences de l’hyperphagie non prise en charge ?

Les risques de l’hyperphagie sont considérables et la gravité de l’affection est mesurée selon la fréquence des crises : elle est sévère au-delà de huit par semaine.

En conséquence, le développement des complications est plus substantiel et la qualité de vie est fortement altérée. Comme tout trouble du comportement alimentaire non pris en charge, le risque que la pathologie devienne chronique augmente, les maladies somatiques associées s’accroissent ainsi que les difficultés psychologiques.

Souffrir d’hyperphagie c’est risquer le développement des maladies somatiques

Les complications liées à la prise de poids sont extrêmement importantes. Au-delà du surpoids, l’apparition d’une obésité n’est pas à ignorer.

Le système cardiovasculaire est fragilisé et l’obésité engendre un risque considérable de maladies cardiaques. Les artères sont plus étroites et le cœur travaille donc plus intensément pour assurer la circulation du sang.

L’irrigation au niveau du muscle cardiaque est aussi réduite. Plus le poids est fort, plus le sang a besoin de force pour circuler : la tension artérielle mesure cette force. Cependant plus le volume sanguin est élevé, plus il y a de pression artérielle, notamment si les artères sont étroites. Le risque d’hypertension artérielle est alors plus élevé tout comme l’apparition d’une athérosclérose.

Des maladies comme la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, le syndrome du côlon irritable sont possibles et sont parfois des symptômes de l'hyperphagie. Du cholestérol est fréquent. Un diabète de type 2 peut survenir, car l’organisme ne métabolise plus l’insuline régulant le taux de sucre dans le sang.

L’intestin, dont la paroi est extrêmement fine, s'abîme et laisse passer des substances non désirables. Le foie en fait les frais. La stéatose hépatique est une accumulation de graisses dans le foie, sans consommation alcoolique. À terme, cette accumulation de triglycérides va provoquer une inflammation hépatique et s’aggraver en fibrose hépatique, puis en cirrhose.

Les risques de cancers sont plus élevés chez les personnes hyperphagiques : colon, endomètre, sein (notamment après la ménopause), œsophage et rein.

Des maladies respiratoires peuvent survenir : des symptômes d’asthme, d’essoufflement et d’apnée du sommeil sont beaucoup plus fréquents. La pression exercée par le poids sur les articulations en cas de surcharge pondérale va provoquer des troubles musculosquelettiques, des douleurs dorsales et des maladies articulaires comme l’arthrose.

Tout comme avec l'anorexie les conséquences sur la fertilité pèsent sur la femme hyperphagique. Des perturbations des cycles menstruels surviennent parfois, en cause les troubles hormonaux provoqués par la malnutrition. 

De façon générale, l’obésité est fortement associée à la survenue de troubles psychiques comme la dépression, les troubles bipolaires ou encore le trouble du déficit de l’attention. Ces pathologies s’entretiennent entre elles : elles se nourrissent les unes les autres, ce qui complexifie la prise en charge.

Enfin, le rapport de la personne à ses émotions est fortement entravé.

En effet, l’hyperphagie compensatrice est devenue l'unique solution pour apaiser instantanément ce qu’elle ressent. Les émotions ne sont plus accueillies ni écoutées et la personne ne part plus à la recherche des ressources adaptées dont elle dispose pour trouver la réponse aux problématiques de vie qu’elle rencontre.

La culpabilité provoquée par les accès encourage le cercle vicieux qui se dessine sans fin, creusant encore plus le vide et le désarroi. L’estime de soi est de plus en plus touchée, aggravant les troubles dépressifs s’ils sont déjà présents, ou favorisant leur apparition.

Les comportements de mise en danger (conduites sexuelles à risque) ou de dépendance (alcool, drogue, médicaments) sont possibles.

La prise en charge de l’hyperphagie est souvent plurimodale, permettant de traiter les complications somatiques, qui, généralement, se soignent très bien avec la mise en place d’une alimentation qui redevient équilibrée. Le problème n’est pas tant la nourriture en elle-même que ce qui est à l’origine des crises notamment en cas de traumatismes : il faut donc principalement travailler sur les axes psychologiques, familiaux et environnementaux. Se battre contre les frénésies les empire, il est nécessaire d'apprendre à les accepter et à ne plus culpabiliser, tout en se réappropriant les signaux que le corps envoie.

Bon à savoir

Il existe de nombreux symptômes de l’hyperphagie favorisant sa détection chez vous ou chez un proche. Comme l’ensemble des conduites alimentaires à risque, ce TCA présente un certain nombre de comportements spécifiques. Les identifier est essentiel, afin de débuter le traitement de l'hyperphagie.
 
Bien que les crises se vivent en étant à l’abri du regard des autres, une prise de poids, un besoin impératif de manger sans faim ou le fait de cacher de la nourriture, sont autant de symptômes de l'hyperphagie qui doivent alerter.

Comme l’ensemble des TCA, les conséquences de l’hyperphagie sont délétères. Pourtant, le trouble hyperphagique, avec une prise en charge adaptée, se soigne très bien. La personne doit être réceptive et en demande.

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