Boulimie : Comment reconnaître la maladie et la soigner ?

Reconnaître la boulimie par les crises alimentaires compulsives à base d'aliments gras et sucrés est un des symptômes du trouble alimentaire

La boulimie fait son apparition principalement à l’adolescence, mais aussi au début de l’âge adulte. Insidieux, les retentissements de la maladie sont graves : les conséquences de la boulimie sont psychiques, somatiques et sociales. Dans des cas extrêmes, l’hospitalisation est nécessaire. C'est pourquoi il est impératif d'identifier rapidement les premiers signes de la maladie, car il est tout à fait possible de soigner la boulimie et d'en sortir définitivement.

Vous vous questionnez sur comment faire pour sortir de la boulimie ? Grâce à cet article, vous apprendrez à reconnaître la boulimie nerveuse ainsi que les méthodes qui existent pour la soigner. N’hésitez pas à partager cet article à un proche si vous pensez qu’il endure ce trouble alimentaire. 

Est-ce que je suis boulimique ?

Vous pensez vous reconnaître dans les symptômes de la boulimie mais vous n'êtes pas sûr.e que cela soit bien le cas ?

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Qu’est-ce que la boulimie vomitive ?

La boulimie fait partie des troubles des conduites alimentaires(TCA). La personne atteinte par la maladie va manger et se faire vomire. La boulimie alimentaire, parfois appelée boulimie nerveuse, est caractérisée par des crises de frénésie alimentaire (ou accès hyperphagiques) : il s’agit d’une période frénétique pendant laquelle la personne ingurgite de grandes quantités de nourriture sans réussir à se contrôler.

Les accès sont systématiquement suivis de comportements compensatoires délétères pour la santé : ce sont généralement des vomissements (d’où le terme de boulimie vomitive) mais la prise de diurétiques, la pratique physique intense ou encore le jeûne sont aussi possibles.

De ce fait, l’indice de masse corporelle (IMC) reste la plupart du temps normal et il est souvent difficile de se rendre compte de ce trouble chez l’individu, les conséquences somatiques n’étant pas forcément visibles au premier abord. L’estime de soi et l’image sont très impactées par l’apparence du corps et il existe une insatisfaction physique très ancrée.

Confondre la boulimie vomitive avec l’hyperphagie est courant : à la différence de la boulimie, les individus endurant l’hyperphagie ne compensent pas, c’est une boulimie non vomitive. Cela peut expliquer qu’ils souffrent parfois de surpoids, voire d’obésité. Comme dans le cas de la boulimie, la détresse induite par l’hyperphagie est très intense.

Les causes de la boulimie sont multiples : une faible estime de soi, des traits perfectionnistes, des troubles de la personnalité, des troubles dépressifs et des troubles anxieux accentuent le risque de survenue de la boulimie.

La boulimie n’est pas une pathologie qui saute aux yeux et il est important de savoir en repérer les signes cliniques.

Bon à savoir

La prévalence de la boulimie serait de 1,5 % chez les jeunes filles qui ont entre 11 et 20 ans.
 
Elle débute habituellement à l’adolescence, mais plus tardivement que l’anorexie mentale, avec un pic chez les très jeunes adultes, à l’âge de 19/20 ans. Les commencements précoces (avant la puberté) ou après l’âge de 40 ans sont très rares.
 
Les hommes sont moins touchés : environ un pour quatre cas. Mais il est entendu que ces chiffres sont sous-estimés, car les personnes en proie à la boulimie ne consultent pas systématiquement.

Quels sont les symptômes de la boulimie ?

Insidieux, les symptômes de la boulimie s’installent de façon progressive pendant un certain temps, tout en restant complexes à repérer :

  1. La crise de boulimie : les pulsions alimentaires sont irrépressibles, et se déclenchent parfois à la suite d’un événement vécu de façon stressante ou à cause d’une émotion négative mal accueillie.

  2. La sensation de perte de contrôle est présente à chaque crise de boulimie : la personne ne peut plus s’arrêter de manger. Le craving est un symptôme que l’on retrouve couramment dans les autres addictions, mais qui s’empare aussi de la personne boulimique au moment des frénésies.
    Pendant la crise, de grandes portions de nourriture sont ingurgitées très rapidement, sans réussir à s’interrompre. Ces accès de gloutonnerie ont rarement lieu lors des repas et se déroulent en cachette. Généralement, ce qui est ingéré n’est ni préparé ni cuisiné, il est consommé tel quel, voire cru. Ces aliments sont sucrés, gras et riches.

  3. Un besoin de se remplir : il ne s’agit pas de manger par plaisir, la quantité est plus importante que la qualité.

  4. Un sentiment de honte et de culpabilité : Les émotions négatives s’emparent ensuite de la personne. Au-delà du malaise digestif (distension abdominale) que provoque la gloutonnerie, c’est la culpabilité, la honte, le dégoût de soi et les remords qui se manifestent.

  5. Les attitudes compensatoires : en plus d’éliminer et de faire disparaître la crise, le recours récurrent aux comportements purgatifs est employé pour prévenir la prise de poids. Afin de diminuer la tension dans le ventre, la personne va se faire vomir, ce qui entraîne une forme de soulagement et d’apaisement.

  6. La peur de grossir est très marquée : Généralement la consommation est restrictive et le régime alimentaire sévère. L’utilisation de laxatifs et de produits diurétiques est possible, tout comme le jeûne ou le fait de sauter des repas. L’activité physique est aussi pratiquée de façon excessive afin de limiter la prise de kilos. Même si le poids varie un peu d’une semaine à l’autre, la personne boulimique est rarement en surpoids, son IMC reste dans les normes.

  7. Les crises et les compensations ont lieu au moins une fois par semaine depuis trois mois.

Le diagnostic de la boulimie repose sur ces frénésies compulsives et le besoin impérieux de les évacuer, mais d'autres symptômes peuvent également permettre de reconnaître le développement du trouble alimentaire.

  • Des règles irrégulières (dysménorrhée) ou interrompues (aménorrhée) ;
  • Des lésions dentaires, en lien avec les vomissements récurrents (perte de l’émail, polycaries…) ;
  • Des callosités ou cicatrices sur le dos des mains en cas de simulation manuelle du réflexe nauséeux pour vomir (car les mains frottent contre les dents) ;
  • Des pétéchies (petites taches) sur le visage ou des hémorragies conjonctivales, provoquées aussi par les vomissements ;
  • Des troubles fonctionnels intestinaux et digestifs (douleurs, constipation, ballonnements…) ;
  • Une alcalose métabolique ou des troubles hydroélectrolytiques (comme l’hypokaliémie), causés par les vomissements ;
  • Une acidose métabolique, induite par les diarrhées provoquées par les laxatifs ;
  • Des arythmies cardiaques, des ruptures gastriques et des déchirures œsophagiennes ;
  • Des carences en vitamines et en minéralisation osseuse (ostéoporose) entraînées par la dénutrition ;
  • Des troubles de l’anxiété ou des troubles dépressifs ;
  • Des troubles de l’addiction ;
  • Des troubles de la sexualité ;
  • Des troubles de la fertilité.

Cependant, malgré cet ensemble de symptômes et de signes cliniques, il reste parfois complexe de distinguer si le trouble relève de la boulimie ou de l’anorexie.

Quelles sont les différences entre la boulimie et l’anorexie ?

À bien des égards, la boulimie et l’anorexie se ressemblent. Certains malades boulimiques sont passés auparavant par une phase d’anorexie mentale. Il existe d’ailleurs une forme d’anorexie appelée « anorexie-boulimie », qui présente des conduites purgatives.

Pour autant, voici les différences que l’on peut constater entre l’anorexie et la boulimie :

  1. Le poids : le sous-poids est rare chez les individus en proie à la boulimie. Contrairement aux malades anorexiques, qui se trouvent généralement dans une extrême minceur, les personnes conservent un IMC normal, même si à la marge, elles peuvent également être maigres, elles sont rarement cachectiques.

  2. Le contrôle: dans l’anorexie, les malades se maintiennent dans un hypercontrôle très fort alors que dans le cas de la boulimie, les pertes de contrôle sont fréquentes et les accès hyperphagiques ont donc lieu plus souvent.

  3. Les crises : plus courantes chez les personnes boulimiques, ces dernières sont aussi objectives face à ce qu’elles avalent, c’est-à-dire qu’elles ont conscience que les quantités ingurgitées sont démesurées. À l’inverse, les personnes anorexiques qui sont en crise croient manger énormément, alors que leurs portions sont normales, voire petites.

  4. La dépendance : le circuit naturel de la récompense est modifié dans la boulimie, et la nourriture représente une forme de drogue, apportant apaisement et soulagement ; tandis que dans l’anorexie ce sont les comportements restrictifs qui sont renforcés par le circuit de la récompense.

  5. Le déni : très important dans les cas d’anorexie, il est moins présent dans la boulimie, c’est-à-dire que les individus en souffrance ont plus souvent conscience de leur trouble et essayent de trouver des solutions pour en guérir.

  6. Les conséquences somatiques : dans l’anorexie la dénutrition impacte la densité osseuse, le système immunitaire, les muscles et les hormones alors que dans la boulimie vomitive, les répercussions sont principalement métaboliques, digestives et dentaires.

Bon à savoir

Quelquefois, on rencontre des individus boulimiques qui sont extrêmement maigres à force de vomissements et une hospitalisation est alors nécessaire, car le pronostic vital est engagé. À l’inverse, on retrouve aussi des malades anorexiques-boulimiques, subissant des compulsions pendant des semaines entières, et qui vont de nouveau ne plus manger pendant des mois.

La pensée anorexique (c’est-à-dire le fait de tout mettre en œuvre pour rester mince, d’avoir très peur de prendre du poids et d’être constamment victime d’insatisfaction corporelle) anime autant les personnes boulimiques qu’anorexiques.

Le manque d’estime de soi, les traits perfectionnistes, certaines comorbidités, les perturbations menstruelles… sont des points communs entre ces deux troubles.

Toutes les deux faces d’une même pièce, l’anorexie et la boulimie se guérissent avec une prise en charge adaptée, et pour cela il est nécessaire de se rapprocher des professionnels compétents.

Psychiatre ou psychologue : qui consulter pour soigner la maladie ?

La boulimie étant une maladie aux conséquences physiques, psychiques et sociales, il est déterminant de démarrer la prise en charge dès que possible afin d’éviter le risque de chronicisation.

Ainsi, pour traiter la boulimie alimentaire, il est important d'être suivi.e à la fois par un psychiatre et par un psychologue. Si l'un peu délivrer un traitement médicamenteux, un support psychologique est essentiel, afin d'avoir une meilleure compréhension de l'apparition du trouble et de mettre en évidence les réflexes comportementaux qui sont associés, en vue de les stopper.

Dans un autre temps, la thérapie avec un psychologue permettra également de réaliser un travail de restauration de l'estime de soi et de l'amour de soi qui peuvent être à la fois une cause et une conséquence de la maladie.

Consulter un psychiatre pour soigner la boulimie, dans un premier temps, permet d’obtenir un diagnostic de sa maladie. Il élimine aussi toutes les possibilités de pathologies physiques qui la provoquent. Il peut ensuite indiquer un traitement et une psychothérapie à suivre, pour laquelle il a le choix d’orienter vers un psychologue clinicien, qui interviendra sur ce point précis.

De même, il peut effectuer la mise en contact avec des spécialistes de la nutrition comme des diététiciens spécialisés en TCA, par exemple ou avec d’autres experts (sophrologues, hypnothérapeutes…). Il garantit la prise en charge globale et veille à son bon déroulement.

Le psychiatre assure la coordination sur trois niveaux : psychothérapeutique, biologique et social. En effet, l’approche interpersonnelle est parfois nécessaire et doit se faire de façon conjointe avec la famille, les services sociaux voire l’hôpital. De plus, le psychiatre prend en compte les facteurs de risques qui sont quelquefois associés au trouble : dans le cas de la boulimie, il peut s’agir, par exemple, d’une dépendance à l’alcool.

Une fois le diagnostic établi, au-delà du choix de la thérapie, c’est l’alliance thérapeutique qui prime et qui accélère l’avancée vers la guérison. Il est essentiel que la personne malade soit prête à s’impliquer dans le processus médical, comme il est tout aussi important que les spécialistes sélectionnés soient formés dans les troubles du comportement alimentaire.

Le psychologue clinicien est aussi, au même titre que le psychiatre, un psychothérapeute. Mais le psychiatre possède les compétences pour poser un diagnostic médical sur le trouble boulimique et, le cas échéant, prescrire un traitement médicamenteux. Il va assurer l’accompagnement psychothérapeutique des personnes en souffrance psychique, que ce soit dans un cabinet ou à l’hôpital suivant une ou plusieurs approches qu'il jugera nécessaire pour guérir du trouble boulimique : analytique, cognitive, systémique…

Bon à savoir

Jusqu’à récemment, seules les consultations avec un psychiatre étaient remboursées par la Sécurité Sociale.
 
Les conséquences de la pandémie sur la santé mentale ayant largement été attestées, le gouvernement met en place, à compter de 2022, des procédures de remboursement pour les séances chez les psychologues libéraux, sur orientation du médecin généraliste.

Quels traitements existent pour vaincre la boulimie ?

Ce trouble alimentaire peut être soigné selon différentes approches, naturelles ou non, dont la combinaison des pratiques va permettre à la personne de s'en sortir. 

1-Les traitements médicamenteux 

Dans le cas des TCA, il existe des médicaments, prescrits sur ordonnance, pouvant aider à la guérison. Cependant, il s'agit d'une aide complémentaire qui ne peut être substituée à un suivi médical et psychologique se faisant en parallèle. C’est un outil dans la prise en charge thérapeutique, mais c’est l’ensemble de l’accompagnement mis en place qui concourt à la rémission.

L’objectif de ce type de médicaments est de diminuer l’apparition des symptômes et donc la survenue des crises. Souvent, cela permet également de traiter des troubles présents en parallèle de la boulimie : la dépression ou l’anxiété.

Les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS), comme la fluoxétine, sont généralement recommandés dans le traitement de la boulimie.

C’est un antidépresseur. Il augmente la quantité de sérotonine, un neurotransmetteur, facilitant la circulation de l’information nerveuse. Les ISRS réduisent la fréquence des crises et en l’occurrence, des vomissements, mais agissent aussi sur les états anxieux et dépressifs.

Le traitement par la fluoxétine est largement approuvé par la recherche, mais il doit toujours être pris dans une démarche d’accompagnement plurimodale et donc avec un soutien psychologique.

2-Les traitements naturels 

Des traitements naturels pour la boulimie sont également utilisés. Cependant, ils ne doivent pas être associés à une thérapie à base de psychotropes, afin d’éviter les interactions ou les surdosages.

La naturopathie 

La naturopathie encourage à se réapproprier son corps grâce à l’alimentation, la relaxation et l’activité physique. C’est une médecine non conventionnelle, mais reconnue par l’OMS. Elle prend en compte l’individu dans sa globalité, incluant son environnement. Sa finalité est de renforcer l’organisme et ses défenses avec des méthodes naturelles et de préférence biologiques. La phytologie (les plantes), l’aromatologie (les huiles essentielles) ainsi que des techniques de décontraction et de respiration en sont les outils.

En aucun cas la naturopathie ne soignera un individu boulimique, mais elle sera complémentaire à la prise en charge, si la personne y est réceptive.

La phytothérapie 

Par leurs vertus apaisantes, certaines plantes opèrent un effet relaxant et antistress. Ces anxiolytiques naturels diminuent les angoisses et aident, en particulier, à mieux dormir. À ce titre, la valériane et la passiflore sont efficaces. La rhodiole est aussi intéressante pour gérer les situations de stress. On les trouve en compléments alimentaires. Les tisanes de tilleul et de mélisse sont également appréciables au moment du coucher.

Les huiles essentielles possèdent des qualités salvatrices à même leur flacon : en respirant les fragrances, certains capteurs dans le nez activent le siège émotionnel présent dans le cerveau, ce qui rend les huiles plus efficaces que prises par voie orale. Il existe de nombreuses huiles essentielles facilitant la détente et il est possible de les combiner entre elles pour en favoriser la synergie : lavande fine, petit grain bigarade ou encore marjolaine à coquilles.

Les diluer dans une huile végétale pour se détendre, en massant le plexus solaire ou les poignets, procure une sensation de bien-être. Certaines huiles essentielles sont employées pour diminuer les compulsions : la cannelle a un effet coupe-faim et le gingembre, ainsi que la menthe poivrée, contribuent à réduire les nausées.

Certaines plantes, prises sous forme de gélules, vont freiner la consommation alimentaire par leur effet rassasiant. Le nopal, par exemple, procure une sensation de satiété. Le fucus et le konjac possèdent aussi cet effet, car ils se gélifient puis gonflent dans l'estomac.

L'homéopathie

L’homéopathie pourrait aider à réduire les compulsions alimentaires et à mieux contrôler le sentiment de faim. Dans tous les cas, il est fortement recommandé de se rapprocher d’un naturopathe avant l’utilisation de ces traitements naturels, notamment dans le cas des huiles essentielles qui, si elles sont mal utilisées, peuvent devenir toxiques.

L'acupuncture 

Certaines approches complémentaires sont aussi envisageables en parallèle de la psychothérapie.  L’acupuncture est l’une d’entre elles. Elle vise à stabiliser l’énergie mal répartie dans le corps. Dans le cas des TCA, c’est la rate et le cœur qui sont impactés.

L’acupuncture cherche donc à agir sur ces points spécifiques, facilitant le rééquilibrage et l’activité normale de ces organes. Les résultats sont en général rapides, en complément, toujours d’un suivi médical et psychologique.

Apprendre à se détendre et à se relaxer peut constituer une clé de voûte des traitements, la boulimie étant généralement empreinte d’anxiété et les émotions négatives agissent en précurseurs des crises. La cohérence cardiaque est un exercice de respiration simple, permettant de diminuer le taux de l’hormone du stress, le cortisol. En cinq minutes les effets se font ressentir.

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La méditation

Enfin, la pratique de la méditation, fortement associée aux états de pleine conscience, vient compléter cette recherche de la connaissance de soi et de la détente. Le yoga, mêlant une approche physique douce et des techniques respiratoires, apporte au corps des sécrétions hormonales favorisant le bien-être et le renforcement de l’estime de soi et de son image.

Les états de pleine conscience favorisent la création de liens entre les actes et la pensée afin de vivre le moment présent entièrement, sans rejeter ce qui est éprouvé.

Lors des compulsions, la perte de contrôle est telle que les personnes boulimiques n’ont pas la capacité de réfléchir à leurs gestes, le seul objectif étant de « se remplir ». La technique de la pleine conscience permet de reprendre la connexion et de conscientiser ce qui se joue : manger tout en prenant le temps d’être à l’écoute de ses sens (la couleur des plats, la texture de la nourriture, l’odeur des aliments, le bruit des mets en bouche, la saveur des arômes…) mais aussi de ses ressentis et de ses émotions.

Cependant, l’ensemble de ses traitements, qu’ils soient naturels ou médicamenteux, n’aura de portée sans la mise en œuvre d’une psychothérapie adaptée.

Est-ce que je suis boulimique ?

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Quelle thérapie est la plus efficace pour soigner la boulimie ?

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont recommandées en première intention pour traiter la boulimie. Soigner la boulimie par les TCC offre les meilleurs résultats sur la diminution des crises et des compulsions ainsi que sur la guérison en général.

Il s’agit de modifier l’attitude et les comportements du patient par rapport à la nourriture : il observe ses actes pathologiques (à savoir les crises et les conduites purgatives) pour apprendre ensuite à les transformer.

Les TCC agissent sur le trouble en lui-même. En identifiant les facteurs responsables des frénésies, la personne met en œuvre de nouvelles postures, remplaçant les fonctionnements problématiques.

Le psychothérapeute travaille avec le patient sur ses schémas de pensée, ses processus mentaux, mais aussi sur les émotions qui interviennent dans la régulation de ses comportements. L'individu est donc actif dans sa thérapie et sa guérison : des exercices et des consignes (par exemple, manger à des heures fixes) peuvent être donnés.

Dans le cadre de la boulimie, les thérapies cognitives et comportementales participent à :

  • Augmenter la motivation pour le changement ;
  • Remplacer les pratiques et attitudes alimentaires dysfonctionnelles ;
  • Diminuer les croyances infondées et les peurs concernant la forme et le poids ;
  • Anticiper et prévenir toutes les rechutes ;
  • Renforcer de manière positive l’image du corps et l’estime de soi-même.

D’autres thérapies restent possibles comme les thérapies interpersonnelles (travailler sur les problématiques rencontrées dans les relations et qui maintiennent le trouble de façon active), les thérapies psychanalytiques ou les thérapies familiales (notamment en cas de conflits avec la famille ou de souffrances causées par la boulimie au sein de l’entourage).

L’hypnothérapie permettrait de soigner la boulimie par l’hypnose : en intervenant sur l’inconscient, le praticien et le patient partent à la recherche de l’origine du trouble, de façon à faire en sorte que la nourriture ne soit plus une obsession.

Ainsi, lorsque le diagnostic de boulimie est posé, la psychothérapie a pour objectif d’accompagner le changement des pensées dysfonctionnelles en lien avec le trouble alimentaire. Le choix de la psychothérapie se fait avec le patient et parfois avec son entourage.

Généralement, si la maladie touche les enfants, les adolescents, ou même les jeunes adultes, la prise en charge implique la famille. Des soins précoces, adaptés à la situation personnelle en fonction de l’âge et de la gravité des troubles, sont plus efficaces.

La prise en charge thérapeutique de la boulimie répond à un plan de soin pluridisciplinaire parce que Les TCA impactent la personne sur plusieurs niveaux : psychologique, physique, nutritionnel, familial et social.

L’ensemble de ses dimensions est donc à inclure pour favoriser les chances de guérison. Le suivi doit se faire sur le long cours et encourager l’articulation des différents spécialistes entre eux. Généralement, c’est un accompagnement ambulatoire qui a lieu, l’hospitalisation reste rare et s’organise uniquement en cas de complications somatiques graves ou d’urgences (passage à l’acte suicidaire).

L’alliance thérapeutique est favorisée par l’instauration d’une relation qualitative entre les professionnels, l’entourage et le patient. L’accompagnement vise à traiter les dysfonctionnements psychiques ainsi que les dysrégulations émotionnelles, mais également les troubles psychologiques associés et les impacts sur le plan social.

A lire aussi : psychothérapie : quels sont les bienfaits d'un accompagnement thérapeutique ?

Quel rôle joue l'éducation nutritionnelle dans la guérison ? 

Il est aussi important de faire contribuer un professionnel de la nutrition, spécialisé en TCA, pour apprendre à retrouver un comportement d’équilibre alimentaire qui soit adapté.

L’éducation nutritionnelle aide à modifier les idées entretenues par la personne autour de l’alimentation et du poids. La complication de la maladie sur le plan somatique doit également être prise en charge (conséquences digestives, dentaires, métaboliques, osseuses, gynécologiques et obstétricales).

L'objectif ici est d'aider la personne atteinte par le trouble, à comprendre les fondamentaux de l'alimentation en lui proposant de se reconnecter aux aliments. Elle va par exemple, pouvoir apprendre à cuisiner avec des ingrédients bruts, des plats aux proportions et aux contenus équilibrés pour elle-même. 

L'apprentissage se fait au travers d'une redécouverte des sens et notamment du touché, du goût et de la vue qui n'ont plus été pris en compte durant les crises alimentaires compulsives. 

L'éducation nutritionnelle permet aussi à la personne de redécouvrir une sensation de faim souvent perdue. Pendant les crises de boulimie, la personne ne s'arrête pas de manger. A force, la personne finit par ne plus savoir quand est-ce qu'elle a faim et quand est-ce que ce n'est pas le cas. La gourmandise laisse place à des crises irrépressibles qui doivent être stoppées par une régularisation de l'appétit

Enfin, l'éducation alimentaire a un rôle de réconciliation entre la nourriture et la personne en proie aux troubles de l'alimentation. Être boulimique, c'est aussi entretenir une relation de désamour pour les aliments au point de se faire vomir. Ainsi, l'éducation nutritionnelle va favoriser grâce à la pratique, la transformation des idées reçues sur l'alimentation.

Par exemple, manger des féculents ne fait pas grossir, à partir du moment où ils sont consommés dans des quantités raisonnables et accompagnés de légumes riches en fibres. Au contraire, les féculents sont même indispensables car étant une source de glucides, ils donnent l'énergie au cerveau et au corps pour fonctionner. 

À retenir

Les personnes boulimiques remettent en question leur comportement et cherchent plus facilement à sortir du cercle vicieux que représente ce trouble.

Même si la boulimie repose uniquement sur deux symptômes principaux, à savoir « se remplir » et « se vider », les retombées n’en sont pas moindres. Les complications somatiques liées aux vomissements sont, dans certains cas, mortelles : l’hypokaliémie allant jusqu’à provoquer des arrêts cardiaques.

Aussi, les répercussions psychiques entraînent parfois des tentatives de suicide et des troubles psychiatriques importants, nécessitant l’hospitalisation, bien que celle-ci reste rare.

Avoir connaissance des traitements et des psychothérapies efficaces est essentiel en tant que patient, de même, il est primordial de pouvoir choisir un praticien avec lequel la confiance est de mise pour évoquer librement son trouble.

Pourtant, cela n’est pas toujours réalisable : s’entourer et pouvoir s’exprimer auprès d’un proche constitue alors une première étape dans la demande de soutien. Aussi, des associations d’entraide existent et sont joignables par téléphone.

Même si la maladie est présente depuis longtemps, il n’est jamais trop tard pour en parler et entamer le chemin de la guérison. Vaincre la boulimie est possible.

N’hésitez pas à contacter notre équipe de psychologues cliniciens spécialisés en trouble du comportement alimentaire pour vous accompagner dans ce cheminement.

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