11 causes psychologiques de votre boulimie

Les causes de la boulimie sont très nombreuses, en voici 11

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire (TCA) dont le principal symptôme est la crise alimentaire. Délétère à plusieurs niveaux, la maladie engendre un cercle vicieux dont il est difficile de sortir seul.e. Les origines du trouble sont multifactorielles. Pour vous aider à mieux comprendre pourquoi ce type de comportement alimentaire se développe et ainsi, vous donner des pistes de réflexion pour vous en sortir, voici 11 causes de la boulimie

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Qu’est-ce qui cause la boulimie chez une personne ?

Le déclenchement de la maladie est généralement lié à des événements stressants. Être boulimique s’explique par un faisceau de différents facteurs individuels qui sont psychologiques et génétiques. L’influence de la famille, de la culture et de l’environnement est aussi importante.

Les raisons exactes de l'apparition de la boulimie n’ont pas été découvertes à ce jour, même si la recherche a permis certains éclairages. Sur le plan neurologique, un dysfonctionnement de la transmission de la sérotonine altère les sensations ressenties au niveau de la satiété et de la faim.

Le centre de la satiété neuronale n’est pas stimulé correctement, donc la régulation de l’appétit ne se fait pas correctement. Sur le plan endocrinien, un déficit hormonal touchant les fonctions ovariennes pourrait être en cause chez la femme.

On distingue trois types de facteurs de la boulimie :

  1. Les facteurs prédisposants : ils favorisent le terrain au trouble alimentaire ;
  2. Les facteurs déclencheurs : ils sont responsables du développement de la maladie à un moment spécifique ;
  3. Les facteurs de maintien : ils encouragent le cercle vicieux des crises de boulimie.

Cause n°1 : un traumatisme

L’une des principales causes psychologiques de la boulimie est le choc émotionnel. Les facteurs déclencheurs que l’on retrouve le plus souvent sont les événements de vie traumatiques, présents aussi chez les personnes souffrant d'hyperphagie ou d'anorexie.  Sans être à l’origine même du mal-être intérieur qui vous fait souffrir, ils étaient présents avant l’arrivée de l’affection et ont favorisé la bascule vers ce trouble alimentaire.

Il peut s’agir de la perte d’un être aimé, d’un divorce, mais aussi de maltraitances physiques, de violences psychologiques ou d’abus sexuels.

Des carences affectives ou des difficultés d’ordre relationnelles au sein de la famille sont parfois responsables du déclenchement de la boulimie.

Cause n °2 : une prédisposition génétique aux TCA

Il n’existe pas de gène propre à ce trouble, mais les nombreuses recherches réalisées montrent que la pathologie est associée, comme l’anorexie, à une prédisposition génétique.

Lorsqu’un cas de trouble du comportement alimentaire, en l’occurrence ici de boulimie, est présent dans la famille, il y a alors trois fois plus de risque d’en développer une aussi.

Les antécédents familiaux jouent donc un rôle dans les causes de la boulimie. Ce risque familial est augmenté si d’autres troubles sont existants, notamment la dépression et l’alcoolodépendance.

Enfin, les problématiques de poids telles que l’obésité ont également une causalité défavorable.

Cause n°3 : des difficultés affectives

L’inhibition émotionnelle est souvent retrouvée chez les personnes souffrant de boulimie. Vous ressentez peut-être des difficultés à exprimer vos émotions, ce qui engendre un mal-être intérieur.

Ne pas avoir la capacité de reconnaître et d’accueillir ses affects provoque le besoin de les maîtriser autrement, et cela passe parfois par le fait de les éteindre, les faire taire, avec la nourriture : vous mangez vos émotions.

Des troubles de l’attachement, en lien avec des carences psychoaffectives ou un sentiment d’insécurité dans l’enfance, ont pu générer chez vous une dépendance affective. À défaut, lorsque vous ne pouvez pas être apaisé.e par la présence de l’autre, c’est la nourriture qui prend sa place : la boulimie est employée pour combler un vide.

Le comportement alimentaire boulimique se rapproche d’ailleurs de l’addiction à la nourriture. Pourtant, cette dépendance n’empêche pas le sentiment d’insécurité qui perdure.

C’est l’une des caractéristiques que l’on retrouve chez les personnes souffrant de ce TCA : la confiance en l’autre est faible, le doute est omniprésent, voire revêt la forme d’une menace et cela provoque beaucoup d’angoisse.

Cause n°4 : la dépression

La dépression peut être l'une des causes de la boulimie.

Elle est fréquente chez les personnes qui en souffrent et se retrouve aussi dans les antécédents familiaux. Votre trouble alimentaire s'est d’ailleurs peut-être manifesté à la suite d’un épisode dépressif. La dépression aggrave l’affection : plus elle est forte, plus les crises de boulimie sont nombreuses et moins il est facile d’en sortir.

Mais les symptômes dépressifs sont eux-mêmes encouragés et renforcés par la boulimie. En effet, lorsque vous êtes en proie à ce trouble alimentaire, vous luttez intérieurement pour ne pas craquer et pourtant, le schéma vicieux de la maladie vous amène irrémédiablement vers les crises.

La dénutrition engendrée par la pathologie provoque des carences en acides aminés et en acides gras qui sont essentiels : ce manque entraîne en conséquence une forte dégradation de votre humeur.

A lire aussi : hyperphagie boulimique : 5 conseils pour sortir du cercle vicieux

Cause n°5 : le stress et l’anxiété

Boulimie et stress sont fortement liés. Le stress est un facteur favorisant le déclenchement du trouble. On retrouve des stresseurs psychosociaux, comme on l’a vu précédemment, qui sont des traumatismes de vie.

Mais des éléments stressants quotidiens existent aussi : des régimes drastiques vont engendrer des états d’anxiété, de même que la succession de compétitions chez les sportifs, par exemple.

Un état de stress continu, de l’anxiété, voire des troubles anxieux encouragent l’éclosion d’une boulimie, mais occasionnent également un maintien dans la maladie. Le trouble anxieux généralisé est fréquemment présent avant l’arrivée de la boulimie.

Mais vous souffrez probablement d’anxiété à cause du trouble, car vous cherchez à garder le contrôle pour ne pas céder aux crises de compulsion alimentaire. Ces pertes de contrôle favorisent les comportements impulsifs et donc la survenue des crises de boulimie, qui sont la plupart du temps purgatives.

La culpabilité renforce votre état anxieux, vous êtes effrayé.e à l’idée de devoir faire face, encore une fois, à ce que vous redoutez le plus.

Cause n°6 : des pathologies

Certaines maladies jouent un rôle dans les causes de la boulimie. C’est le cas d'autres TCA par exemple, comme le mérycisme ou l’anorexie mentale, qui peuvent être des antécédents à la boulimie et vont provoquer son déclenchement.

D’autres pathologies nécessitent la mise en place d’un régime spécifique, comme le diabète de type 1. Les antécédents de surpoids et d’obésité accentuent la manifestation de la boulimie.

C’est d’ailleurs très souvent l'instauration d’un régime alimentaire drastique qui va prédisposer puis enclencher ses mécaniques.

En effet, des diètes hypocaloriques favorisent le développement de la boulimie, quand elles sont réalisées à répétition et sans succès.

Cause n°7 : les régimes amaigrissants

La boulimie est généralement précédée de périodes restrictives sur le plan alimentaire.

Ces régimes, souvent dichotomiques dans leur processus, privent le corps de ce dont il a besoin et celui-ci se met donc en alerte, son fonctionnement métabolique est impacté et les signaux régulateurs sont fragilisés.

La peur de grossir et les facteurs comportementaux provoqués par cette diète vont participer à l’apparition et au maintien de la maladie.

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Cause n°8 : un entourage familial 

Votre entourage et les relations entretenues avec lui, par le passé ou présentement, jouent un rôle dans les causes de votre boulimie.

Comme on l’a vu, des carences affectives dans l’enfance ont pu faire naître un sentiment d’insécurité.

Les familles trop étouffantes, ou à l’inverse totalement ignorantes, les conflits quotidiens, les réflexions et les remarques blessantes sur votre corps prononcées par l'un de vos proches, sont autant d'éléments prédisposant à l'apparition de la boulimie.

De même des croyances alimentaires familiales ont pu s’ancrer dans votre esprit et orienter inconsciemment votre relation à la nourriture. En effet, l’éducation nutritionnelle que vous avez reçue peut avoir favorisé l’arrivée de la pathologie.

Que ce soit au travers de comportements punitifs (finir l’assiette sans avoir faim) ou idéalistes (pression du manger sain), l’ensemble de vos habitudes de consommation a été impacté et vous avez grandi avec ces croyances sans réussir à vous en défaire.

Cause n°9 : l’exercice physique intensif

Le risque de développer la boulimie est fortement majoré si vous avez été, par le passé, dans l’enfance ou l’adolescence, très investi.e dans une activité sportive de haut niveau, voire semi-professionnelle (avec la mise en place de compétitions, par exemple).

La pratique de cette activité intensive se poursuit généralement lors de l’émergence du trouble boulimique.

Ces sports (la gymnastique, la natation, la danse ou encore la course) nécessitant beaucoup d’exercices, le contrôle du poids et une alimentation adaptée à la pratique sportive sont fréquemment exigés par les personnes en charge de l’entraînement.

Cet hypercontrôle, le culte du corps athlétique et les restrictions associées favorisent l’apparition de la boulimie.

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Cause n°10 : le culte de la minceur cause la boulimie

La boulimie se développe également à cause de différents facteurs socioculturels et notamment ceux qui prônent la minceur, par des idéaux auxquels il est souvent très difficile de se conformer. 

Les pays industrialisés valorisent et encouragent à un idéal corporel mince, sain et contrôlé. Pourtant à l’inverse, la société et les réseaux sociaux enjoignent également au lâcher-prise, au « body-positivisme », au prendre soin de soi et à s’accepter comme on est.

Ces injonctions croissantes, renforcent le sentiment de dissociation et ne permettent pas de trouver un juste milieu auquel s'identifier.

Les facteurs socioculturels présents, au moment des repas de célébration par exemple, favorisent aussi la course à la surconsommation. Il faut manger pour se faire plaisir, mais surtout manger trop, excessivement.

Il s’agit ensuite de vous faire culpabiliser pour que vous retourniez dans le contrôle strict, afin « d’éliminer vos deux kilos pris en décembre » grâce aux nombreux régimes amaigrissants à la une de la presse dite « féminine »…

Cette obsession de la société pour les corps parfaits, pointe du doigt les silhouettes hors des lignes en les culpabilisant, sous couvert de problèmes de santé qui seraient éminemment corrélés au surpoids.

Manger mieux, moins gras, moins sucré, moins salé, faire une pratique sportive régulière, s’accepter... Tous ces messages renforcent cognitivement les croyances collectives et notamment le fait que la minceur est égale à la santé.

Les conséquences sont multiples :

  1. Volonté de contrôler son corps de façon préoccupante,
  2. Absence de plaisir à manger,
  3. Diètes et régimes démarrés précocement,
  4. Perception faussée du schéma corporel et des « vrais » corps.

Tout cela participe à créer une mauvaise relation alimentaire et enclencher des comportements pour compenser, par exemple, se faire vomir, abuser des laxatifs et jeûner, techniques privilégiées par les anorexiques autant que les boulimiques. Ces comportements ont des répercussions très graves sur la santé physique et mentale de la personne souffrante. 

Cause n°11 : les caractéristiques personnelles

Certaines caractéristiques mentales peuvent être en cause dans la survenue du trouble boulimique :

  1. Manque de confiance en soi ;
  2. Traits de personnalité perfectionniste ;
  3. Désir d’être dans un état de conformisme ;
  4. Dysmorphophobie (vision déformée de son corps) ;
  5. Attrait pour les images de perfection physique ;
  6. Rejet de son propre corps ;
  7. Importance forte accordée à la pression sociale ;
  8. Besoins affectifs excessifs ;
  9. Tempérament impulsif.

Parfois, ce sont les facteurs sociaux qui peuvent vous plonger dans la spirale infernale de la boulimie : pression des pairs et des réseaux favorisent à diminuer la satisfaction corporelle en projetant des idéaux de silhouettes impossibles à atteindre. Cela retentit sur l’estime de soi qui s’effondre.

Qui peut être touché par la boulimie ?

Le trouble de la boulimie apparaît généralement vers la fin de l’adolescence, le pic se situe entre 18 et 20 ans, et touche 1,5 % des 11-20 ans. La boulimie atteint aussi les hommes : un garçon est concerné pour trois filles.

Comme on a pu le voir, les causes de la boulimie font émerger des profils plus à risque . Tout d’abord, les jeunes adolescentes, qui sont en ligne de mire dans les TCA en général. Ensuite, les personnes évoluant dans des milieux où le corps est au centre de l’activité, demandant maîtrise de l’image de soi et contrôle du poids, sont plus exposées à la maladie : mannequinat, athlétisme, gymnastique…

La génétique, les pressions sociales, le contexte familial, la confiance en soi, les troubles associés, les croyances et les fonctionnements cognitifs, renforcent le risque de survenue de cette pathologie alimentaire.

Les personnalités anxieuses, réservées, éprouvant des difficultés affectives et qui attachent beaucoup d’importance à l’image du corps ainsi qu’à l’image qu’elles renvoient sont plus susceptibles de développer un trouble boulimique.

Une vive attention est portée à la nourriture, qui devient obsessionnelle et se solde généralement par l'instauration d’un régime restrictif.

À retenir

Il est déterminant d’identifier précocement les signes cliniques d’appel ou d’alerte, afin de diagnostiquer la maladie et d’éviter sa chronicisation.
 
La boulimie est une affection grave, aux conséquences extrêmement dangereuses pour le corps, le mental et le relationnel.
 
Mettre fin aux crises de boulimie et guérir de la maladie est possible, la mise en place d’un suivi adapté (comme les thérapies cognitives et comportementales) apporte d’excellents résultats et prévient les récidives.
 
Connaître les causes et les facteurs, qu’ils soient prédisposants, déclencheurs ou bloquants, est essentiel pour vous permettre d’avancer.
 
Si vous avez besoin d’aide pour y arriver, écoutez-vous et n’attendez plus : nos psychologues spécialistes des TCA sont là pour vous accompagner.

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