Hyperphagie : 4 clés pour stopper ces crises incontrôlables

4 clés pour sortir de l'hyperphagie, trouble alimentaire nocture ou non qui entraîne des crises de compulsion alimentaire

Vous arrive-t-il d’avoir l’impression de « manger vos émotions » ? Beaucoup de personnes se nourrissent pour s’apaiser, en journée, mais parfois aussi la nuit. Si le fait de vous alimenter subitement de façon excessive vous procure du réconfort et de la réassurance, alors vous souffrez peut-être d’hyperphagie. Touchant 3 à 5 % de la population générale, l’hyperphagie est un trouble des conduites alimentaires reconnu depuis 2013 dans le Diagnostic and statistical manual of mental disorder (DSM-5), qui répertorie les troubles psychiatriques. Vous découvrirez dans cet article des informations sur cette affection ainsi que des conseils pour diminuer ces crises qui vous gâchent la vie.

Si vous entretenez des rapports compliqués avec la nourriture ou que vous doutez de vos comportements alimentaires, n'hésitez pas à réaliser gratuitement le test "Ai-je des TCA" qui vous permettra d'obtenir rapidement des premiers éléments de réponse sur la qualité et l'équilibre de votre alimentation. 

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Qu’est-ce que l’hyperphagie ? (définition)

Les accès hyperphagiques, qu’on appellera aussi hyperphagie boulimique ou encore binge-eating disorder, font partie des troubles de l’alimentation et des conduites alimentaires (TCA), au même titre que l’anorexie ou la boulimie.

L’hyperphagie consiste en une prise alimentaire de quantités conséquentes de nourriture et cela en très peu de temps. Comme dans le cas de la boulimie, l’individu est en proie à une crise compulsive.

À la suite de cette pulsion, un inconfort parfois douloureux se fait présent : on parlera de distension abdominale. S’en suivent fréquemment une forte culpabilité et des conséquences psychiques importantes. Communément, on retrouve un sentiment de perte de contrôle, comme dans la boulimie. Les sentiments de honte et de culpabilité sont très intenses, d’autant plus que les personnes souffrant de compulsions alimentaires boulimiques sont généralement en surpoids et parfois obèses.

Cependant, à la différence des crises chez une personne boulimique ou chez une personne anorexique, les accès hyperphagiques ne sont pas suivis de stratégies de compensation pour éliminer les calories ingérées.

Des complications physiologiques sont parfois observées en lien avec le surpoids notamment, et il y a un risque plus important de développer des problèmes tels que le cholestérol, l’hypertension, le diabète ou des maladies cardiaques. Psychologiquement, le coût social est élevé car l’individu va avoir une mauvaise estime de lui-même, ce qui va provoquer une tendance à s’isoler et s’éloigner des relations. L’anxiété et la dépression sont fortement reliées aux accès hyperphagiques. Une préoccupation constante de l’image du corps ainsi que des pensées focalisées autour de la nourriture peuvent être constatées.

A lire aussi : 12 conseils pour stopper les crises de boulimie

L’hyperphagie nocturne

Appelée aussi trouble de l’alimentation nocturne ou night-eating syndrom, elle se caractérise par une anorexie matinale, une hyperphagie en fin de journée et des insomnies. Il s’agit donc de prises de nourriture après le repas du soir, généralement la nuit. 

La faim est puissante et peut réveiller la personne qui va donc ingérer des aliments avant de se rendormir. Parfois c’est une insomnie qui ne pourra être calmée qu’avec la prise alimentaire. Dans tous les cas, il s’agit de consommer de la nourriture en quantité conséquente.

Les individus souffrant d’hyperphagie nocturne éprouvent un fort sentiment de culpabilité et peuvent compenser le lendemain ou simplement ne pas ressentir de faim le matin. La personne qui réalise ces crises alimentaires sera soit totalement éveillée, soit victime d’une sorte de somnambulisme et n’aura aucun souvenir de ce qu’elle a fait dans la nuit. Ce trouble touche 1,5 % de la population générale.

Dans le cas de cette forme d'hyperphagie, les restrictions caloriques et cognitifs vont jouer un rôle important : avec des apports trop faibles en journée, la sensation de faim la nuit est plus importante.

Souvent, les personnes qui en souffrent se restreignent et ont des pensées fortement orientées autour de leur consommation calorique. La nuit, la volonté se fait plus lâche et les désirs refont surface, la perte de contrôle prenant alors toute la place.

Hyperphagie : comment s'en sortir ?

Les manifestations cliniques principales de l’hyperphagie sont les crises alimentaires. Elles ont généralement lieu en cachette, indépendamment des repas. Le contexte peut être celui de la restriction, mais aussi celui des émotions (frustration, solitude, sentiment de vide, colère, angoisse, tristesse, ennui). 

Parfois, les crises ont lieu dans le cadre d’une routine. Au départ, l’accès se fait en lien avec une phase d’excitation, le déclenchement est abrupt, impérieux. Vous cherchez à manger beaucoup et rapidement. Une sensation de soulagement est ensuite possible.

C’est le malaise et les douleurs abdominales qui accompagnent l’arrêt de la crise puis vient un mal-être psychologique : la personne va ressentir du dégoût, de la honte et le sentiment d’avoir perdu le contrôle. C’est cette culpabilité qui va contribuer à renforcer le cercle vicieux des crises

Néanmoins, il est tout à fait possible de soigner l'hyperphagie, d'arrêter vos crises de compulsion alimentaire et de vous en sortir. S'agissant d'un processus qui peut être long, n’oubliez pas de vous fixer des buts petits et réalistes, en restant positifs, en étant doux envers vous-mêmes et en essayant de ne pas vous culpabiliser.

Voici quelques clés qui vous permettront de sortir de l'hyperphagie

  1. Clé n°1 : Analysez vos compulsions
  2. Clé n°2 : Retrouvez la faim
  3. Clé n°3 : Explorez la pleine conscience
  4. Clé n°4 : Changez vos comportements alimentaires

Clé n°1 : Analysez vos compulsions 

Tout d’abord, vous pouvez réfléchir aux causes de vos compulsions et vous poser les questions suivantes :

  • Est-ce que votre faim est liée à votre corps ou à vos émotions ?
  • Suivez-vous un traitement médicamenteux ou souffrez-vous d’un problème de santé ?
  • Est-ce que vous êtes en proie aux comportements compulsifs parce que vous souffrez psychologiquement ?
  • Les compulsions alimentaires viennent-elles vous apaiser émotionnellement ? 
  • Suivez-vous un régime restrictif ?
  • Est-ce que vous vous imposez des restrictions cognitives fortes ?

En analysant ces pistes, vous pourrez déjà obtenir quelques éléments de réponses.

Ne vous blâmez pas si vous « mangez vos émotions ». Il va s’agir de questionner cet état de fait et de mieux le comprendre. Tenir un journal alimentaire peut vous accompagner dans votre processus. En effet, en écrivant vos pensées en lien avec vos compulsions dans un carnet alimentaire, en analysant vos crises et leurs déclencheurs, vous serez plus à même d’identifier les causes.

Si vous le pouvez, lorsque la crise survient, essayez de prendre le temps d’analyser ce que vous ressentez. Par exemple, en détaillant l’état émotionnel dans lequel vous êtes au moment où elle se déclenche, dans quel contexte cela se passe et ce que vous éprouvez après coup.

En notant l’ensemble de vos prises alimentaires dans ce journal, vous aurez un aperçu global de votre consommation. De plus, cela pourra être utile si vous décidez d’entamer un parcours de soin avec des spécialistes de la santé.

A lire aussi : TCA : 11 astuces pour arrêter de manger ses émotions

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Clé n°2 : Retrouvez la faim

Avoir une relation dite normale avec la nourriture, c’est manger lorsque l’on a faim et arrêter de manger lorsque notre estomac est plein. La compulsion va naître lors de privation, mais aussi dans le cas d’une compensation émotionnelle : c'est le début du trouble alimentaire

Manger lorsque l’on a faim provoque de l’apaisement. Cependant il est possible d’avoir oublié les sensations de faim : il faut réapprendre à connaître ces signes pour être rassasié.e.

Dans un premier temps, il va s’agir d’arrêter les régimes amaigrissants. Ceux-ci font naître les accès d'hyperphagie mais sont aussi en cause dans le trouble de l'anorexie mentale. Ces régimes renforcent les sentiments négatifs que vous avez à votre égard. Rendez aux aliments leur droit d’être et ne pensez plus en bons ou mauvais. Autorisez-vous à manger de tout, surtout ce que vous aimez et ce qui vous plaît.

Ensuite, vous pouvez apprendre à vérifier votre niveau de satiété pendant les repas afin d’arrêter de manger lorsque votre faim est comblée. Vous pouvez utiliser une échelle de la faim pour jauger votre besoin alimentaire. Par exemple, vous l’utilisez avant de manger, lorsque vous ressentez la faim, et vous analysez votre sensation, si elle est importante ou non, afin d’adapter votre prise de nourriture.

Vous pouvez utiliser cette échelle à nouveau au cours du repas, puis une fois que vous avez terminé de manger. Essayez de ne plus vous sentir coupable. En vous sentant coupable d’avoir envie de manger, ou de manger, vos restrictions seront comme des punitions et plus il y en aura, plus vous éprouverez un sentiment de culpabilité.

Dites stop à vos crises d’hyperphagie !

Vous ouvrez le frigo et les placards de cuisine à la recherche de nourriture, à la recherche de réconfort. Il faut que vous mangiez immédiatement, vous ne supportez plus ce vide qui vous pèse. Vous mangez jusqu’à avoir mal au ventre mais vous vous sentez enfin soulagé mentalement le temps d’un instant… Le répit sera de courte durée face à cette culpabilité qui vous pèse tant après chaque crise. Vous aimeriez dire stop à vos crises d’hyperphagie.

Voici ce que va vous apporter la thérapie digitale, sur la base des résultats constatés cliniquement chez nos patients ayant fait de l’hyperphagie.

Vous allez :

- Apprendre à reconnaître et désactiver les déclencheurs émotionnels
- Lâcher prise et vous accepter tel que vous êtes
- Quitter ce sentiment de culpabilité et de honte
- Retrouver confiance en vous et apprendre à vous aimer

Démarrez une thérapie maintenant !

Clé n°3 : Explorez la pleine conscience

En apprenant à vivre vos émotions pleinement, il sera plus aisé d’accepter les pensées parfois pénibles qui vous accompagnent. La méditation de pleine conscience vous permet de vous focaliser sur le moment présent, sur les sensations internes que vous ressentez et sur vos perceptions par le goût, l'odorat et la texture des aliments. 

Contrairement à la relaxation, la méditation ne veut pas éviter le ressenti des émotions douloureuses, mais permet de les accepter, telles qu’elles sont, sans amplification. 

Vous pouvez focaliser votre attention sur les événements qui ont lieu au moment des prises alimentaires, sans jugement. Contemplez les pensées et les mécanismes mentaux qui se présentent à vous, par exemple les sons que vous entendez, les images mentales qui vous apparaissent, les sensations physiques que vous éprouvez, sans chercher à en comprendre l’origine.

Il s’agit d’être dans la curiosité et la bienveillance. Cela vous aidera à vivre pleinement vos émotions.

De même, vous pouvez aussi prendre le temps de cette pleine conscience directement auprès des aliments que vous ingérez, au regard de vos sens : leur texture, leur couleur, leur saveur, leur odeur, leur bruit…

Bon à savoir

La méditation permet de régulier les émotions dont la mauvaise gestion est souvent en cause dans la boulimie, l'hyperphagie ou l'anorexie.
 
Une méditation régulière, en dehors des prises alimentaires, développera votre état de pleine conscience au quotidien pour mieux vivre vos émotions. Enfin, une activité manuelle, musicale ou artistique vous accompagnera dans votre expression émotionnelle, tout en restant ancré.e dans le moment présent.

Clé n°4 : Changez vos comportements alimentaires

L’hyperphagie peut se soigner dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire. Une approche conjointe avec différents experts de la santé accompagnera favorablement au changement des comportements alimentaires, tout en aidant à diminuer la souffrance que vous ressentez. L’objectif est d’aider les personnes hyperphagiques à se défaire des désirs compulsifs de manger, tout en réapprenant à se nourrir sainement, de façon équilibrée. Le travail sur l’estime de soi est essentiel.

Différentes approches sont possibles, mettant l’accent sur l’affirmation de soi et la gestion des émotions. Le choix de la psychothérapie vous revient.

Concernant les thérapies individuelles, en première intention il existe les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) qui sont généralement bien adaptées aux troubles des conduites alimentaires et permettent d’apprendre à contrôler les frénésies sur le long terme. 

Les TCC sont brèves et ciblent le changement du « comportement-problème ». Pour cela, elles se focalisent sur le fait de modifier les relations entre pensées, émotions et comportements. L’objectif est la réduction des émotions négatives et des symptômes en modifiant les pensées négatives.

Les thérapies dites interpersonnelles et les thérapies d’inspiration analytique sont aussi envisageables. Parfois, un traitement médicamenteux vient en soutien de l’approche thérapeutique sur le court terme. Par exemple, des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine peuvent aider à diminuer les symptômes. Mais ils doivent toujours être accompagnés d’une prise en charge psychologique.

Enfin, un.e nutritionniste formé.e aux TCA permettra de déconstruire les fausses idées concernant la nourriture, tout en aidant à créer des schémas d’alimentation sains et sources de plaisir. 

À retenir

Les personnes en proie aux accès hyperphagiques comparent parfois la nourriture à une drogue dont elles seraient dépendantes. Mais, contrairement à l’alcool ou au tabac, il n’est pas envisageable de se priver d’aliments.
 
Si votre souffrance est trop importante, n’attendez plus pour agir. Les conséquences d'un trouble anorexique, hyperphagique ou boulimique peuvent être extrêmement dangereuses pour votre santé.
 
En contactant un.e professionnel.le de la santé mentale spécialisé.e dans les TCA, vous serez guidé.e et accompagné.e pour retrouver un rapport sain avec la nourriture, stopper vos crises d'hyperphagie ou mettre fin à d'autres TCA  comme l'orthorexie un trouble alimentaire méconnu

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