Anorexie : 8 symptômes qui ne trompent pas

Vouloir contrôler son corps, notamment lors de la puberté qui impose beaucoup de changements, est tout à fait normal : suivre un petit régime, faire plus de sport… rien d’alarmant à cela. En revanche, lorsque le plaisir de manger disparaît au profit d’une rigidité extrême, sans souplesse et que la perte de poids tourne à l'obsession, c’est peut-être l'un des premiers symptômes de l'anorexie.

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C’est quoi l’anorexie ? (définition)

L’anorexie est un trouble de l'alimentation qui se caractérise par une peur extrême de grossir ainsi que par une perte de poids très importante, en lien avec des restrictions alimentaires qui durent depuis un certain temps. Elle est aussi appelée anorexie nerveuse.

L’image perçue du corps est perturbée et la personne ne se rend pas compte de la gravité de son état physiologique, comme dans beaucoup de TCA (trouble du comportement alimentaire).

On retrouve deux types d’anorexie  :

  • L’anorexie restrictive :  La perte de poids est principalement la résultante des restrictions, du jeûne et d’une pratique excessive de l’activité physique.
  • L'anorexie boulimie : Le second type comprend des crises de boulimie et des pratiques compensatoires : se faire vomir, prendre des laxatifs ou des diurétiques

Quels sont les symptômes physiques et mentaux de l’anorexie ?

L’anorexie est insidieuse. Elle répond à des mécaniques qui vont se mettre en place de façon progressive et ce, qu'elle se développe chez le nourrisson, à l'adolescence ou chez l'adulte. Par ailleurs, il existe de nombreux symptômes qui sont autant de signes permettant de détecter la maladie :

  1. Une perte de poids rapide
  2. L'absence de règles (aménorrhée)
  3. Un contrôle obsessionnel de l’image corporelle
  4. Des changements lors des repas
  5. Une pensée envahie par la nourriture
  6. Une hyperactivité physique et des comportements purgatifs
  7. Le corps qui s'abîme
  8. Le retrait de la vie sociale

Symptôme n°1 : une perte de poids rapide

L’amaigrissement est l’un des premiers symptômes physiques de l’anorexie mentale. Il se fait souvent de manière très rapide et spectaculaire. Néanmoins, pour l'entourage de la personne anorexique, il n’est pas toujours évident de le constater, car le corps est parfois caché par des vêtements amples. Cette perte peut aller jusqu’à 30 % du poids total en seulement quelques mois.

Chez un enfant prépubère, on regarde sa courbe de corpulence : celle-ci permet de suivre l’indice de masse corporelle pendant la croissance. En cas d’anorexie infantile, on constate un arrêt de la prise de poids et la croissance ralentit : la courbe est cassée.

Chez les adolescent.e.s, on observe une perte de poids importante, d’au moins 15 % par rapport au poids attendu en fonction de l’âge et de la taille. Enfin, chez les adultes l’IMC est faible (inférieur à 18,5 kg / m2) et la perte de poids est supérieure à 15 %.

Les graisses partent en premier puis les muscles fondent. L’amaigrissement provoque une dénutrition. Celle-ci entraîne des carences et des conséquences somatiques très graves sur le fonctionnement musculaire et en particulier le cœur.

Des complications osseuses vont apparaître avec un risque d’ostéoporose précoce

Bon à savoir

9 cas d’anorexie mentale sur 10 sont des femmes.

Ce trouble survient essentiellement lors de la puberté, souvent entre 13 et 17 ans, le pic de prévalence étant à l’âge de 16 ans. Depuis plusieurs années, un rajeunissement de l’âge des patient.e.s est constaté. Cependant l’anorexie apparaît aussi chez l’enfant prépubère ou chez l’adulte.

Symptôme n°2 : l’absence de règles (aménorrhée)

Lorsque les cycles menstruels sont perturbés et que les règles s’espacent ou ne surviennent plus (pendant au moins trois cycles), alors on parle d’aménorrhée secondaire.

Cependant, l’absence de règles peut être cachée par une contraception œstroprogestative qui provoque des hémorragies de privation.

L’aménorrhée est dite primaire lorsque la jeune fille n’a encore jamais été réglée et que l’anorexie empêche l’apparition de ses premières menstruations. D’autres signes de la puberté sont freinés, comme le développement des seins chez les filles, ou les organes génitaux chez les garçons.

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Symptôme n°3 : un contrôle obsessionnel de l’image corporelle

Pour une personne anorexique, son poids sera toujours trop élevé. Cette obsession de la minceur et du corps parfait, associée à une image de soi déformée, donne naissance à une peur phobique de grossir.

Au niveau neurologique, le cerveau des anorexiques traiterait l’information avec une faculté de concentration extrême et une difficulté à se désengager, pouvant expliquer l’obsession pour le poids.

L’altération de la perception du poids et du corps, fait que la personne se trouve plus gros qu’elle ne l’est et n’arrive pas à prendre conscience de sa maigreur. Les pesées sur la balance sont fréquentes et la personne peut passer beaucoup de temps devant le miroir à détailler les endroits de son corps qui l’insupportent.

Les traits de personnalité perfectionniste couplés avec la faible estime de soi le poussent à se focaliser uniquement sur les défauts. Ces derniers sont comparés à une image idéalisée du corps parfait, souvent représenté et mis en avant par la société, participant indirectement à une forme de pression sociale.

La personne souffre d’une très grande peur de perdre le contrôle et de ne pas pouvoir s’arrêter de manger, comme ce peut-être le cas avec la boulimie vomitive.

La toute-puissance engendrée autour de la nourriture est très intense, à la fois inquiétante et rassurante : c’est une prison paradoxale, à double tranchant, dans laquelle elle s’enferme. Mais cela va influencer ses comportements alimentaires.

Symptôme n°4 : des changements de comportement lors des repas

Pensant constamment être en surpoids, l'anorexique va chercher au maximum à réduire l’apport calorique par une alimentation restrictive. Dans le but de garder le contrôle des repas, lorsqu’elle ne parvient pas à les éviter, le contenu de ses assiettes est de plus en plus réduit.

Il lui arrive de mettre de côté de la nourriture, de la dissimuler dans sa serviette ou ses vêtements, de la jeter ou encore de la donner aux animaux de compagnie. Des aliments découpés en petits morceaux et triés par taille sont un comportement que l’on retrouve régulièrement. Parfois, la personne recrache ce qu’elle a mastiqué. Des maux de ventre au moment des repas sont souvent exprimés.

Le dégoût de la nourriture va provoquer de l’inappétence et des évitements alimentaires : des aliments auparavant appréciés sont maintenant rejetés. Petit à petit, des catégories entières sont éliminées, comme les féculents.

Les aliments à faible teneur caloriques sont préférés, d’ailleurs le comptage des calories devient une habitude. Un régime spécifique est souvent demandé et les étiquettes des emballages sont scrutées à l'image du trouble orthorexique.

Un.e adolescent.e qui trouve des excuses pour éviter les repas ou qui ne veut plus manger à table, mais uniquement seul.e dans sa chambre, doit également alerter. Il est important pour les proches de maintenir le lien à table lors des repas : en effet, il est difficile de prendre conscience d’un trouble alimentaire en n’étant pas présent.e au moment des repas, car les individus anorexiques ont appris à dissimuler leurs conduites déviantes.

Symptôme n° 5 : une pensée envahie par la nourriture

Toute l’activité intellectuelle de la personne anorexique est focalisée sur la manière de garder la mainmise sur son alimentation. Elle pense en permanence à la nourriture et essaye de mettre en place des stratégies pour maintenir le contrôle.

Elle va, par exemple, imposer des listes de courses avec des aliments très spécifiques ou faire à manger pour toute la famille. Il y a une forme de contrôle très fort qui est prescrit à l’ensemble des membres de l’entourage, ce qui entraîne généralement des conflits.

Il est possible de comparer le comportement des personnes anorexiques à celui des personnes dépendantes à l’alcool ou à la drogue : cacher, dissimuler, mentir… L’addiction à la nourriture existe.

Dans le cas de l’anorexie, c’est une dépendance au fait de maigrir : perdre du poids est encouragé par les circuits de récompense du cerveau. Plus le trouble de l’alimentation s’installe, plus le corps s’adapte aux restrictions en modifiant certains de ses systèmes, ce qui provoque une libération d’endorphine non pas au moment de manger, mais lors des activités de restrictions alimentaires et de jeûne.

À la différence des individus dépendants à la drogue ou à l’alcool, qui régulent difficilement leurs besoins, les personnes souffrant d'anorexie maîtrisent trop bien leur impulsivité sous le coup de l’envie et c’est ce qui les maintient dans des phases de restrictions extrêmes.

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Symptôme n°6 : une hyperactivité physique et des comportements purgatifs

Afin de contrôler le poids, des stratégies sont instaurées. La prise de diurétiques ou de coupe-faims est courante de même que la potomanie, pratique qui consiste à boire des litres d’eau.

Lorsque le trouble est récent et que la dénutrition n’a pas encore impacté le corps trop gravement, la personne anorexique fait preuve d’une extrême vitalité. Elle peut surinvestir le sport et cette pratique physique intense va provoquer en elle des émotions positives qui vont renforcer ses conduites d’amaigrissement.

Les symptômes de l’anorexie chez les hommes portent principalement sur l’hyperactivité physique. Les garçons sont aussi plus en proie aux phases de boulimie.

Des placards qui se vident rapidement et une consommation frénétique d’aliments en très peu de temps peuvent indiquer une crise de boulimie, qui ne sont pas à confondre avec les signes d'une hyperphagie boulimique.

En effet, lorsque des crises de boulimie sont associées à l’anorexie, des comportements purgatifs sont instaurés : vomissements dans les toilettes, lavements, prises de laxatifs, tandis que les crises d'hyperphagie ne se suivent pas de comportements d'élimination de la nourriture.

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Symptôme n°7 : le retrait de la vie sociale

La dénutrition affecte le cerveau et engendre une irritabilité, en plus des difficultés à se concentrer. L’hyperémotivité ainsi que de l’anxiété apparaissent. Les pensées obsessionnelles, une humeur dépressive et des idées noires vont envahir la personne. Les émotions sont directement liées à l'alimentation et dans le cas de l'anorexie, leur gestion difficile alimente le trouble : soit la personne mange ses émotions (boulimie, hyperphagie), soit elle refuse de manger (anorexie). Dans tous les cas, les émotions ne sont pas vécues pleinement par la personne au prise d'un TCA.

Des troubles du sommeil émergent, notamment des insomnies. L’estime de soi est impactée par la sous-alimentation et la déformation de la perception du corps.

En conséquence, un désintérêt de toutes les activités auparavant aimées, le retrait de la vie sociale et l’isolement sont des comportements symptomatiques. Par peur de la confrontation au regard des autres, les personnes vont éviter les sorties et les rencontres, provoquant un repli sur soi et se refermant sur elles. 

Les plus jeunes peuvent vouloir passer plus de temps avec leurs parents et moins avec leurs amis. Cet isolement amène parfois à une rupture avec la scolarité ou le monde professionnel. Quand cela n’est pas le cas, on constate un surinvestissement et une hyper intellectualisation des études ou du travail.

Généralement, le déni submerge la personne et il est impossible de lui faire entendre raison, ce qui engendre des conflits. Elle souffre d’être incomprise par l’entourage et peut le manipuler pour arriver à ses fins.

Le déni est cependant une attitude inconsciente : il s’agit de refuser un élément réel ou un ensemble de faits tangibles. Il est donc délicat pour les proches de leur faire accepter la réalité de la maladie. C’est une difficulté pour la famille et pour la personne en souffrance elle-même : on lui demande d’abandonner tout le système dans lequel elle évolue de façon stratégique depuis des mois, voire des années.

Bon à savoir

En tant que proche d’une personne en proie à un TCA, il est important que vous soyez accompagné.e, pour vous défaire de la culpabilité, puis pour apprendre à la soutenir, avec bienveillance et empathie. Il est possible de traiter l'anorexie, tout comme il est possible de guérir l'hyperphagie boulimique ou la boulimie. 
 
N’hésitez pas, si vous le pouvez, à solliciter dans un premier temps des associations d’entraide.

Symptôme n°8 : le corps qui s’abime

Souvent, la personne atteinte par ce TCA est très frileuse. Cela s’explique par la circulation sanguine qui est ralentie, ce qui provoque la frilosité. Le corps est parfois enseveli sous plusieurs couches de vêtements pour réchauffer, plus que pour cacher.

Les céphalées sont fréquentes. La peau est sèche, les ongles cassants. Une perte de cheveux est possible, tout comme l’apparition d’un petit duvet similaire au lanugo. En cas de vomissements répétés, des callosités sur le dos des mains vont ressortir. Les répercussions sur les dents et les gencives sont conséquentes (émail qui se détruit, caries multiples, déchaussement, usure irréversible).

La dénutrition et le faible apport en calories épuisent le corps, avec une forme physique qui est très impactée et des étourdissements réguliers.

À long terme il y a un risque de cachexie : c’est la résultante de l’anémie et de l’asthénie, toutes deux engendrées par l’anorexie ; la masse musculaire perdue est telle que la personne demeure dans un état d’immobilisme.

Bon à savoir

Si vous pensez que votre enfant, ou un proche, souffre d’anorexie, il est important de réussir à conserver le lien avec lui, ne pas se cliver, ne pas se fâcher, mais surtout de rechercher un regard extérieur pour vous accompagner.

La prise en charge de l’anorexie doit être somatique et psychologique, et comme dans le cas des autres TCA, elle est généralement pluridisciplinaire.

L’anorexie mentale est un trouble qui se soigne. Pour cela, l’adhésion de la personne est nécessaire, elle doit être actrice de sa guérison. La thérapie cognitive et comportementale permet de travailler sur le cercle vicieux dans lequel elle s’est construite afin d’apprendre à se réconcilier avec la nourriture et avec soi-même.

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