THÉRAPIE
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3 bonnes raisons d'entamer une thérapie cognitivo comportementale

Publié le 15/10/21 12:00

Parmi les thérapies brèves, la Thérapie cognitivo comportementale (TCC). Particulièrement recommandée pour les troubles liés à la dépression, à l'anxiété ou aux Troubles obsessionnels compulsifs (TOC), cette approche permet, notamment, aux patients l'apprentissage de nouveaux comportements, dans l'objectif de diminuer leurs souffrances. 

On parle couramment d’une « TCC » mais il serait plus juste d’utiliser le pluriel pour rendre compte des différentes méthodologies psychothérapeutiques que l’on peut retrouver sous l’appellation de Thérapie cognitivo comportementale.

Leurs caractéristiques communes permettent de les définir : ce sont des thérapies brèves, au même titre que l'EMDR ou l'hypnose, et sont structurées autour de la notion d’apprentissage. Elles sont fondées sur le principe selon lequel nous avons les moyens d’agir concrètement sur nos modes de fonctionnement les plus ancrés, en vue de transformer chez le patient qui bénéficie de cette approche thérapeutique, la manière d’appréhender le réel et les situations problématiques auxquelles il est confronté.

Les principes et les méthodes des TCC, leurs implications pratiques et les indications thérapeutiques qui y sont associées méritent d’être explicités afin que vous puissiez avoir un aperçu des outils propres à ce type de psychothérapie et de son champ d’action. Cela vous permettra de mieux comprendre comment une thérapie cognitivo comportementale peut vous guérir de vos maux.

Par ailleurs, si vous sentez au plus profond de vous, que vous avez besoin d'aide en ce moment, par rapport à des situations psychologiquement compliquées à vivre, n'hésitez pas à réaliser le test suivant. 

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Sommaire de l'article : 

  1. Qu'est-ce que la thérapie cognitivo comportementale ?
    1. Les fondements théoriques de la TCC
    2. Des thérapies en contexte
    3. La thérapie cognitivo comportementale a une approche complète
    4. L'analyse fonctionnelle
  2. La thérapie cognitivo comportementale : comment ça marche ?
    1. Les outils thérapeutiques
    2. Les apports de la 3ème vague
  3. Quelles pathologies la thérapie cognitivo comportementale peut-elle soigner ? 

Qu'est-ce que la thérapie cognitivo comportementale ?

Les fondements théoriques des TCC

L’un des principes théoriques sur lequel s’appuient les TCC, soit la thérapie cognitivo comportementale, est le processus de conditionnement. Un même type de réaction sélectionné dans un contexte donné parce qu’ayant été évalué comme adapté, aura tendance à être investi de manière privilégiée dans un contexte similaire et renforcé par l’habitude et l’expérience. C’est l’origine comportementaliste de la thérapie cognitivo comportementale.

La recherche autour du traitement de l’information est un autre pilier pour les TCC, permettant d’observer que nous utilisons des biais cognitifs lors de l’analyse des situations qui s’imposent à nous, autrement dit des raccourcis automatiques conduisant à des approximations ou à des erreurs d’évaluation et d’interprétation. c’est l’axe cognitiviste des TCC.

La notion d’apprentissage, permet de faire le lien entre ces deux orientations : nous apprenons de notre expérience qui nous conduit à renforcer et/ou à faire évoluer aussi bien nos comportements que nos interprétations du réel. Ainsi tout ce qui a été construit peut être retravaillé, c’est-à-dire déconstruit, puis reconstruit pour peu que l’on se penche en conscience et à l’aide des bons outils sur nos modes de fonctionnement automatiques. 

Des thérapies en contexte

Il est en effet malheureusement courant que l’évaluation biaisée d’une situation, nous conduise à adopter des comportements finalement inadaptés et source de souffrance.

Ainsi, il est possible via la thérapie cognitivo comportementale, de faire évoluer votre rapport aux situations qui font problème, à travers un ajustement de votre regard qui va modifier l’évaluation que vous en faites.

Sur cette base et toujours dans le cadre de l’accompagnement thérapeutique, vous serez en mesure de mettre en place de nouveaux comportements qui fassent sens pour vous et contribuent davantage à votre épanouissement.

Telle est l’approche classique des TCC qui va chercher à faire disparaître le symptôme et à obtenir une amélioration de l’état du patient par une approche fonctionnelle et appliquée. Ce peut être considéré comme un premier avantage de ce type de thérapie, davantage focalisée sur la résolution du problème que sur la prise de conscience ou l’élaboration de ses origines et de ses causes.

En fonction de la nature de vos difficultés mais aussi de votre sensibilité personnelle, cette spécificité des TCC peut se révéler être un véritable atout. 

la thérapie cognitivo comportementale a Une approche complète

Les développements les plus récents au sein du courant des thérapies cognitivo comportementales (TCC) s’intéressent quant à eux, davantage à la recontextualisation du symptôme et à son acceptation par le patient.

Cela se fait à travers la mise en perspective des modes de fonctionnement qui font problème et des bienfaits liés au détachement qui protège de la violence d’une lutte contre soi-même.

Bien que les modifications cognitives et comportementales aient également des répercussions positives sur la sphère émotionnelle, on peut considérer que les techniques employées dans le cadre des approches plus récentes, comme la relaxation ou la méditation de pleine conscience, viennent compléter l’approche de la thérapie cognitivo comportementale classique, par un travail davantage orienté sur le contexte émotionnel dans lequel le symptôme prend place.

C’est la seconde raison pour laquelle vous pouvez envisager de vous tourner vers une thérapie cognitivo-comportementale : elle se propose d’agir à différents niveaux du fonctionnement individuel pour un traitement global de vos difficultés psychiques. 

La thérapie cognitivo-comportementale : comment ça marche ?

L’analyse fonctionnelle 

La première étape de la thérapie cognitivo comportementale (TCC) correspond à la mise en place d'un protocole d'auto-observation guidé, afin de mettre en lumière vos modes de fonctionnement en général et vos dysfonctionnements en particulier.

Si les déterminants de vos réactions (émotions, croyances, pensées, sensations), échappent généralement à votre conscience, la TCC propose de vous aider à vous étudier minutieusement en analysant avec le thérapeute, les processus automatiques par lesquels vous vous trouvez déterminé.e au quotidien.

Le plus souvent, le travail commence par des entretiens dont les techniques spécifiques, et notamment le questionnement socratique, permettent à la conscience d’accéder aussi naturellement que possible aux liens logiques et aux systèmes rhétoriques et affectifs qui déterminent vos réactions au quotidien.

On s’appuiera en général dans le cadre de ces entretiens sur une grille d’analyse fonctionnelle, permettant de saisir la nature et les déterminants des éléments identifiés comme source de souffrance, qu’ils soient d’ordre émotionnel, fonctionnel ou comportemental.

Il s’agit dans cette phase de faire le lien entre les pensées, les émotions et les comportements impliqués dans le processus afin de déterminer les causes directes et indirectes d’un état ou d’une réaction source d’insatisfaction dans un contexte donné. Cette analyse se réalise dans le temps présent au regard des fonctionnements actuels mais aussi dans le passé, ce qui permet d’identifier et de contextualiser au maximum l’apparition et les spécificités du trouble, idéalement en repérant les événements ou les circonstances à l’origine de son émergence.

L’objectif de cette première phase de la thérapie cognitivo comportementale est donc de recueillir un maximum de données concernant la genèse des troubles et les processus automatiques par lesquels ils s’actualisent dans le présent. Une première analyse est alors réalisée par le thérapeute, qui va la restituer au patient avant de lui proposer un plan stratégique adapté aux objectifs thérapeutiques qui auront été établis. 

Les outils thérapeutiques

La sphère cognitive

Différentes techniques peuvent être mises en œuvre au cours d'une thérapie cognitivo comportementale, en fonction de la problématique du patient et des orientations privilégiées du thérapeute.

Il est souvent utile de se concentrer d’abord sur la dimension cognitive dans la mesure ou l’évaluation biaisée d’une situation va avoir un impact direct sur la réponse émotionnelle et sur l’ajustement comportemental qui y sont associés.

La technique la plus souvent utilisée sur ce plan est celle de la restructuration cognitive, dont l’objectif est de mettre en évidence les cognitions biaisées et les pensées automatiques dysfonctionnelles qui participent à l’actualisation du trouble, avant de les discuter dans le cadre d’un questionnement mené par le thérapeute, qui aura pour but de les discréditer, par la mise en lumière de leurs limites, de leur caractère inadapté et de leurs conséquences négatives.

Il s’agira ensuite d’élaborer des pensées alternatives qui remplissent la même fonction de mise en sens de la situation considérée tout en étant plus adaptées à la réalité du contexte et au bien-être psychique du patient.

Enfin, on cherchera des solutions concrètes pour associer autant que possible ces nouvelles pensées au contexte auquel elles font référence, de manière à ce que le patient puisse y avoir accès aussi spontanément que possible au quotidien, et notamment en situation de stress.

La sphère comportementale

Les TCC permettent également de travailler la dimension comportementale, notamment dans le cas où les comportements personnels sont source de souffrance, et plus largement dès lors qu’un type de comportement dans une situation ou un contexte donné, participe à alimenter chez le patient un système de croyances et d’attentes qu’on cherche à remettre en question dans le cadre thérapeutique.

On aura recours pour cela à différents outils comme des exercices pratiques personnalisés à réaliser en séance, chez soi ou en contexte, des mises en situation guidées et soutenues par le thérapeute ou encore des jeux de rôle adaptés.

En somme, vous apprendrez à diversifier vos réponses comportementales dans le contexte qui fait problème, et plus particulièrement à mettre en action des schémas comportementaux allant dans le sens d’une plus grande liberté individuelle et conduisant à davantage d’épanouissement personnel.

L’objectif de ces techniques est d’initier le changement par la voie comportementale, en partant du principe que tous les niveaux de fonctionnement (cognitif, émotionnel, comportemental) sont interconnectés. Une modification comportementale allant dans le sens des objectifs thérapeutiques, aura automatiquement des implications sur le plan cognitif à travers l’apparition de pensées congruentes au nouveau comportement, mais aussi sur le plan émotionnel avec notamment une diminution de l’anxiété et un renforcement du sentiment d’efficacité personnelle. 

La sphère émotionnelle

Les techniques d’exposition comme outil thérapeutique classique en thérapie cognitivo comportementale (TCC), peuvent être considérées comme s’appliquant particulièrement à la dimension émotionnelle bien qu’elles conduisent également à des modifications comportementales et dans une moindre mesure à un recadrage cognitif.

Il s’agit concrètement de se laisser guider par le thérapeute dans une confrontation plus ou moins poussée au stimulus qui fait problème, qu’il s’agisse d’un objet spécifique (phobie) ou d’une situation donnée (exposition aux autres en cas d’anxiété sociale, par exemple).

Ces techniques sont particulièrement indiquées dans le cas de troubles anxieux et obsessionnels-compulsifs et visent à désensibiliser le patient via le mécanisme de l’habituation : être volontairement exposé.e à la menace perçue dans un état d’esprit propre à la démarche thérapeutique va permettre à l’organisme d’apprivoiser le stimulus redouté, idéalement au point de lui faire perdre, sur le long terme, son caractère anxiogène. 

Ce processus d’exposition doit être progressif et maîtrisé, et peut se réaliser en imagination grâce à la visualisation et à l’activation sensorielle, ou in vivo, c’est-à-dire en contexte réel.

Le modeling est une technique proche qui s’appuie sur l’apprentissage vicariant : le thérapeute réalise une démonstration en s’exposant lui-même au stimulus et le patient est invité à l’imiter, soutenu par cet exemple.

Les techniques d’exposition confrontent donc méthodiquement le patient aux émotions désagréables voire insupportables liées au trouble, de manière à en faire diminuer l’intensité, voire à terme à les désamorcer complètement. 

Les apports de la 3ème vague

Les principales techniques psychocorporelles associées aux recherches les plus récentes appliquées aux TCC concernent également la sphère émotionnelle, à un autre niveau cependant.

La méditation de pleine conscience, comme les techniques de relaxation, ont pour but de permettre au patient d’apprendre à maîtriser et à apaiser sa vie émotionnelle, toujours en lien avec l’activité cognitive.

Le principe thérapeutique de ces techniques repose sur l’idée que notre rapport au symptôme doit être placé au centre du processus de soin : c’est la priorité thérapeutique, en considérant que les inconforts émotionnels et souffrances psychiques doivent avant tout être acceptés et accueillis, plutôt que de faire l’objet d’une lutte intérieure qui contribue au chaos interne et à un positionnement biaisé vis-à-vis des objectifs thérapeutiques.

En effet, selon ces approches, il semble illusoire de vouloir se débarrasser de tout symptôme ou pour le moins, de tout trouble ou perturbation d’ordre psychique ou émotionnel.

Même s’il peut être extrêmement bénéfique de travailler à une guérison des symptômes, l'approche de la thérapie cognitivo comportementale renvoie avant tout, à la nécessité ou à l’utilité de se positionner en conscience de manière constructive et positive face aux manifestations du trouble.

L’engagement personnel dans une dynamique positive d’action, dans le but d’atteindre vos objectifs et de vous reconnecter concrètement à vos valeurs constitue également la posture idéale pour certaines méthodes propres aux développements les plus récents des TCC.

Celles-ci visent en l’occurrence ce qu’on pourrait appeler une restructuration, cette fois-ci émotionnelle : il s’agit ici encore de travailler sur votre positionnement global face aux difficultés et aux symptômes, et de vous focaliser avec l’aide du thérapeute sur le contexte émotionnel dans lequel survient l’expérience plutôt que sur le contenu psychoaffectif qui y est associé. 

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Quelles pathologies la thérapie cognitivo comportementale peut-elle soigner ?

Les pathologies liées à l’anxiété et répertoriées comme troubles anxieux dans les diverses classifications psychiatriques, sont des états psychiques qui se prêtent particulièrement à un traitement via la thérapie cognitivo comportementale, dans la mesure où les symptômes sont identifiables et les éléments déclencheurs souvent repérables (objet ou situation anxiogène), permettant la mise en action de techniques thérapeutiques appliquées qui soient spécifiquement adaptées.

De la même manière, une application des méthodes TCC, et particulièrement des techniques d’exposition, à la symptomatologie des troubles obsessionnels compulsifs permet de soigner une anxiété brute que tentent de maitriser les symptômes compulsifs les plus visibles du trouble.

Par ailleurs, les techniques de restructuration cognitive auront un pouvoir d’action significatif sur les idées obsessionnelles, au même titre que sur l’ensemble des troubles qui trouvent un appui et une validation au niveau cognitif, en appui sur un système interne de croyances qui soutient une certaine vision du réel elle-même parfois pathogène.

Précisément, les thérapies cognitivo-comportementales ont une action certaine sur les troubles dépressifs, quel que soit le contexte psychopathologique dans lequel ils se manifestent (épisode isolé ou trouble chronique uni- / bipolaire).

En effet, Il s’agit dans le cas de la dépression de retravailler le regard porté sur soi et sur le monde, en réévaluant la pertinence de nourrir consciemment des conceptions et des visions désenchantées voire désespérées du réel, ainsi que des pensées essentiellement négatives, biaisées et pourtant structurantes psychiquement.

Ce nouveau regard porté sur le contexte de la maladie ainsi qu’un travail méthodique sur les biais cognitifs qui alimentent l’état dépressif peuvent avoir un impact réel sur le vécu quotidien du trouble à travers une amélioration de l’humeur et de l’état général.

Plus largement, tout type de trouble peut se voir amélioré par l’approche thérapeutique des TCC dans la mesure où elle peut jouer aussi bien sur une manière de se positionner consciemment face au trouble via les approches de la 3ème vague, que sur les déterminants cognitifs, émotionnels et comportementaux de certaines difficultés psychiques qui s’incarnent dans le quotidien à la faveur de différentes situations et de stimulations variées.

Certains troubles psychiatriques tels que les troubles bipolaire ou la schizophrénie bénéficieront en parallèle d’un suivi médical et éventuellement médicamenteux qui viendra compléter un accompagnement psychothérapeutique d’orientation cognitivo-comportementale, selon le choix et la sensibilité du patient qui se dirigera vers la méthode thérapeutique qui fera le plus écho pour lui. 

C’est ici que l’on peut mentionner un dernier avantage des TCC : on peut raisonnablement et objectivement considérer que leur champ d’action est extrêmement large et que leur efficacité et leurs bénéfices s’appliquent à la plupart des problématiques psychiques et des contextes psychopathologiques, toujours sous réserve d’une adhésion du patient à la méthode et de l’engagement réel dans le processus thérapeutique qui y est associé.

Ce type de thérapie exige en effet que le patient soit véritablement acteur dans la démarche de soin et s’investisse a minima, personnellement et psychiquement, dans la dynamique de soin.

Si vous pensez que vous pourriez bénéficier d’un accompagnement psychothérapeutique d’orientation cognitivo comportementale, n’hésitez pas à demander conseil à un professionnel de santé, et notamment à vous tourner vers les psychologues de la clinique, dont la formation intégrative aux influences diverses rend possible une prise en charge axée sur ce modèle thérapeutique en particulier.