Crise de panique ou d'angoisse : comment faire la différence ?

attaque de panique ou crise d'angoisse : voici 3 façons de les différencier afin de pouvoir mieux les traiter

Elle vous prend d'un coup par surprise, dans la rue, dans les transports en commun, pendant que vous êtes en train de faire vos courses ou bien tout simplement chez vous, la crise de panique (ou attaque de panique) reste une expérience difficile à vivre et  souvent terrifiante. Renvoyant à un état anxieux important, la crise de panique est souvent confondue avec la crise d'angoisse. Pourtant, il existe des différences entre ces deux types de crise, qui permettent de vous aider à faire le point sur votre niveau d'anxiété. En effet si l'une a tendance à survenir pendant une période de votre vie bien ciblée et pour une raison spécifique, l'autre renvoie à un réel trouble psychique. 

Alors, savez-vous vraiment de quoi vous souffrez : crise d'angoisse ou de panique ?

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Qu'est-ce qu'une crise de panique ? (Définition)

L'une des premières manières de faire la différence entre ces deux types de crise, est de comprendre ce qu'elles sont réellement.

Une crise de panique (ou attaque de panique) c'est une crise d’angoisse qui va être très aiguë. Tandis que la crise d'angoisse est une montée rapide et imprévisible d'angoisse "brute", qui vient momentanément mobiliser toutes les ressources de la personne, la crise de panique est, quant à elle, considérée comme le témoignage et un symptôme d'un trouble anxieux. Lorsque les crises de paniques sont récurrentes, on parle de trouble panique.

En résumé : la crise d'angoisse c'est l’expression ciblée et exceptionnelle d’un état de tension psychique ponctuel, et la crise de panique, une manifestation d’un état anxieux général qui peut être récurrente.

Quelles sont les différences entre une crise de panique et une crise d'angoisse ?

Il existe 5 différences entre la crise de panique et la crise d'angoisse

  1. Différence n°1 Les symptômes
  2. Différence n°2 : La réponse de la crise
  3. Différence n°3 : La source
  4. Différence n°4 : La fréquence
  5. Différence n°5 : L'intensité

Différence n°1 : Les symptômes 

Aux symptômes physiques que la crise de panique et la crise d'angoisse peuvent avoir en commun, s'ajoutent des symptômes psychiques qui permettent de les différencier. 

Ainsi, les symptômes de la crise de panique sont les suivants : 

  1. Des douleurs thoraciques
  2. Des nausées 
  3. Une tachycardie ou palpitations
  4. Spasmes musculaires, picotements, fourmillements, engourdissements et sensation que vos jambes ne vous portent plus.
  5. Vertiges 
  6. Bouffées de chaleur et sueurs importantes
  7. Mains moites et sécheresse de la bouche
  8. Dépersonnalisation (sensation que vous vous détachez de votre corps)
  9. Impressions d'étouffer 
  10. Une sensation de danger ou de mort imminente
  11. Une sensation d'impuissance, d'incapacité d'agir, de penser
  12. Une perplexité

Différence n°2 : La réponse de de la crise 

L’attaque de panique est l’une des conséquences associées à une situation de détresse psychique (décompensation), ayant un impact global sur le fonctionnement de la personne. Elle renvoie à une angoisse, qui vient déborder l’organisme aux niveaux physique et psychique. Et comme l’angoisse peut être elle-même considérée comme la forme la plus brute de l’anxiété, la crise de panique est donc une forme aiguë d’anxiété qui a sa place dans la symptomatologie des troubles anxieux. 

En revanche, la crise d’angoisse est considérée comme une réaction non pathologique face à des facteurs de stress majeurs qui peuvent venir jouer sur des fragilités personnelles.

En effet, l’anxiété est une réaction naturelle face à une tension interne, qu'elle trouve son origine dans des conflits, des difficultés sur le plan psychique, ou bien qu’elle soit due à des facteurs externes occasionnant un stress ponctuel ou chronique.

Le stress étant lui-même un mécanisme adaptatif normal, dont les manifestations ne deviennent pathologiques que lorsqu’elles conduisent à une altération du fonctionnement habituel de la personne, l’empêchent de mener à bien ses activités quotidiennes et nuisant au maintien d’une bonne insertion sociale et professionnelle.

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Différence n°3 : Les causes de la crise (les sources)

La troisième différence entre la crise de panique et la crise d'angoisse est l'origine, c'est-à-dire, par quoi est provoquée la crise de panique ou la crise d'angoisse ? 

Dans le cadre d’un trouble panique, c’est l’anticipation même d’une attaque à venir qui va provoquer la crise de panique. 

Dans le contexte d’un trouble du stress post-traumatique, l'attaque de panique peut survenir comme la manifestation d’une bouffée d’angoisse massive due au retour inattendu de l’émotion liée au traumatisme. En somme, les déclencheurs de la crise de panique renvoient à des déterminants internes : il est difficile d’en identifier des causes objectives qui ne prendraient pas racine dans le trouble même dont elle est le symptôme. 

A l'inverse, la crise d’angoisse, n’étant pas de nature pathologique, aura souvent pour déclencheur des événements externes au potentiel particulièrement déstabilisant, voire destructeur. Elle peut par exemple, intervenir comme un moyen de médiatiser une angoisse massive liée à la perte dans le cadre d’un deuil, se faire l’expression de bouleversements internes d’une grande ampleur ou bien concrétiser une angoisse fondamentale relative à une situation d’incertitude, d’instabilité ou d’insécurité.

Elle peut intervenir dans des contextes divers tels qu’une séparation amoureuse ou affective particulièrement désorganisatrice, ou des conditions socio-économiques précaires au point de mettre en danger le maintien de conditions de vie décentes, par exemple.

Ces illustrations isolées ont pour but de mettre en évidence le caractère circonstanciel de la crise d’angoisse : une situation de crise vient nous remettre en question au niveau de nos besoins psychiques les plus fondamentaux.

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Différence n°4 : La fréquence

Les crises de panique sont récurrentes dans le cadre du trouble panique, alors que les crises d'angoisse ont un caractère exceptionnel. 

N’importe qui peut expérimenter une crise d’angoisse à un moment ou à un autre de sa vie, pour des raisons aussi diverses que celles que nous avons pu évoquer, mais aussi éventuellement comme l’expression d’une accumulation de tensions psychiques qui n’auraient pas eu l’opportunité d’être traitées séparément.

Dans un cas comme dans l’autre, on comprend que la crise d’angoisse a un caractère exceptionnel.

Dans les rares cas où elle peut être amenée à se renouveler, elle s’inscrit dans les limites d’une période donnée, dont le caractère exceptionnellement éprouvant est source d’une angoisse massive et permanente. Si elle est amenée à survenir régulièrement en dehors d’un contexte objectivement difficile, il est possible de considérer qu’elle prend un caractère aigu du point de vue du critère de la fréquence. Dans ce cas-là,  on bascule alors du côté de la pathologie et on peut parler de crise d’angoisse aiguë, ou encore d'attaque de panique.

Dans le cas d’un trouble anxieux, les attaques de panique sont en effet d’autant plus récurrentes que le trouble est sévère.

Malheureusement, ceci est particulièrement facile à observer dans le cas du trouble panique où chaque attaque renforce la probabilité que la suivante ne se produise dans un court intervalle de temps.  

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Différence n°5 : L’intensité

La crise d’angoisse et l’attaque de panique ont de nombreux symptômes en commun et correspondent dans l’absolu au même processus anxieux.

Cependant, le caractère aigu de la crise d’angoisse, déterminé notamment par le contexte de son apparition et sa fréquence, la constitue comme entité psychiatrique. La crise d’angoisse, tout comme l’attaque de panique, se caractérise par des manifestations anxieuses dont l’intensité déborde tout l’organisme. Ces manifestations sont respiratoires, avec souvent un sentiment de gêne, d’oppression, voire de douleur thoracique, associées le plus souvent à une sensation d’étouffement, mais aussi à une fréquence cardiaque accélérée ou perturbée (palpitations).

Parallèlement, l’angoisse va avoir un impact sur l’ensemble de l’organisme, pouvant occasionner des vertiges, une sensation d’évanouissement ou encore de perdre pied vis-à-vis du réel, avec l’impression d’être physiquement anesthésié et les sensations physiques qui s’y associent. On peut également observer des symptômes digestifs (nausées, douleurs…) ainsi que des dérèglements d’ordre fonctionnel liés à l’activité neurologique (bouffées de chaleur, frissons, transpiration intense).

Sur le plan cognitif, ces perturbations physiques vont être accompagnées de pensées intrusives liées à la sensation de perte de contrôle propre à l’attaque de panique, comme l’idée d’une mort imminente qui peut se répercuter sur la sphère psychique plus large, donnant lieu à une adhésion émotionnelle (vécu de mort imminente) aux pensées qui se manifestent.

S’associent à cette réalité une peur de devenir fou/folle, elle aussi liée à la perte de contrôle sur l’activité globale de l’organisme. Tous ces symptômes sont théoriquement communs aux deux formes (aiguë ou non) de la crise d’angoisse et seront, en toute logique, susceptibles de se manifester plus ou moins selon l’intensité de la crise. 

Ce qui différencie la crise de panique c’est la sensation de détachement vis-à-vis de soi, d’étrangeté quant à son identité, voire le sentiment de rupture entre le corps et l’esprit. On est là face à des symptômes de dépersonnalisation que leur gravité relative incite à appréhender comme la manifestation d’un trouble psychiatrique sous-jacent. 

À retenir

Si ces derniers symptômes doivent plus particulièrement vous inciter à prendre votre état au sérieux et à vous tourner vers un professionnel de santé, vous devez globalement garder en tête que la crise d’angoisse, aiguë ou non, reste une manifestation anxieuse particulièrement aiguë en soi, dans la mesure où elle mobilise tout l’organisme par ses symptômes à un moment donné et que vous devez soigner. L’existence seule de cette réalité doit suffire à vous rendre à minima vigilant.e quant à votre état global et à son évolution.

N’hésitez pas à en parler autour de vous, et à prendre conseil auprès de votre médecin ou d’un spécialiste : il est essentiel d’être bien accompagné.e en vue d’évaluer votre état psychique général, comme il est important de trouver des ressources qui puissent vous guider dans votre élan et vous permettre le cas échéant de prendre des mesures susceptibles de vous aider à aller mieux de manière globale.

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