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3 clés pour soigner l'anxiété et reprendre une vie normale

Publié le 24/09/21 17:30

Quand l'anxiété devient trop envahissante, cela peut devenir un réel handicap dans votre quotidien. Vous vous faites du soucis pour tout et tout le monde, parfois de manière justifiée, parfois sans raison particulière, vous stressez énormément face au moindre changement dans votre quotidien et vous évoquer souvent avoir peur sans comprendre vraiment pourquoi. Pas de doute, vous êtes une personne anxieuse mais rassurez vous, soigner l'anxiété est tout à fait possible

L'anxiété est une réaction naturelle déclenchée par la pensée, qui se manifeste dès lors qu'un événement fait stresser une personne. Par exemple, il est tout à fait normal d'être un peu anxieux à l'approche d'un examen, d'un entretien d'embauche ou si vous déménagez dans une ville où vous ne connaissez absolument personne. Néanmoins, cette réaction est ponctuelle et disparaît une fois que vous vous êtes habitué.e au changement ou que l'événement en question est passé. 

Mais dans certains cas, l'anxiété devient maladive et se transforme en un trouble anxieux généralisé (TAG). Elle peut se développer progressivement, tout au long de votre vie de manière insidieuse et provoquer en vous, un bouleversement tel qu'elle finit par contrôler votre manière de vivre. Pour les personnes qui en souffrent, l'anxiété peut conduire jusqu'à l'isolement et à la dépendance, tant elles finissent par avoir peur de sortir seules dans la rue par exemple, ou de réaliser certaines tâches de la vie quotidienne.

Si tel est votre cas, retrouvez les 3 clés qui vous permettront de soigner l'anxiété, afin de reprendre une vie normale. Par ailleurs, si vous le souhaitez, vous pouvez dès à présent réaliser le test gratuit suivant, qui vous permettra d'évaluer votre niveau d'anxiété mais aussi de vérifier de quel type d'anxiété vous souffrez. 

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  1. Qu'est-ce que l'anxiété ? 
    1. Anxiété définition 
    2. De l'anxiété aux troubles anxieux 
  2. Comment soigner l'anxiété ? 

 

Qu'est-ce que l'anxiété ?

Pour savoir comment soigner l'anxiété, il est tout abord essentiel de comprendre de quoi il s'agit exactement et comment elle se manifeste.

Classiquement, on distingue la peur, qui est une réaction psychique liée à la confrontation à un danger réel face auquel l’organisme se prépare à l’action, de l’anxiété qui est irrationnelle et causée par des conflits, des tensions ou des insécurités internes qui échappent le plus souvent à la conscience.

Anxiété définition 

S'il est possible de définir l'anxiété comme une « peur sans objet », elle renvoie plus précisément et dans une perspective psychopathologique à « un trouble émotionnel se caractérisant par un sentiment indéfinissable d’insécurité ». Elle peut donc être projetée en contexte sur des objets ou des situations spécifiques ou bien rester diffuse et indéfinie quant à son objet. L’anxiété se manifeste en l’absence de stimulation ou est secondairement associée à des déclencheurs externes.

L'anxiété sera considérée comme normale ou pathologique en fonction de son intensité et de son impact sur le quotidien des personnes qui en souffrent. En effet, de la même manière que la peur joue un rôle adaptatif et protecteur vis-à-vis de l’environnement, une anxiété ponctuelle et d’intensité modérée peut également faire office de réaction psychique régulatrice et transitoire dans des périodes ou des situations objectivement difficiles ou déstabilisantes.

Les manifestations anxieuses peuvent donc rentrer dans le cadre d’un fonctionnement normal lorsqu’elles restent relativement anodines et non envahissantes, ou bien perdre leur fonction adaptative et régulatrice pour constituer un véritable trouble anxieux.

De l’anxiété aux troubles anxieux

Le sentiment d’insécurité à la source de l’anxiété vous place dans une posture de lutte ou de fuite en lien avec un sentiment de menace. Celui-ci peut être associé à un objet réel ou imaginaire plus ou moins bien défini, voire être expérimenté indépendamment de toute stimulation identifiable.

Si nous sommes tous sujets à l’anxiété de temps à autre, ses manifestations sont en général de courte durée et sans conséquence. Cependant, dans le cas où les symptômes cognitifs, physiques et comportementaux de l’anxiété deviennent massifs et persistent dans le temps, ils vont progressivement envahir notre champ de conscience et modifier notre expérience du réel au point de nuire à notre capacité à mener à bien notre vie quotidienne. Dès lors que les symptômes anxieux ont des répercussions sur le fonctionnement global de la personne dans son environnement, on peut considérer que l’on est en présence d’un trouble anxieux.

La souffrance morale associée au vécu anxieux mais aussi à son impact sur la qualité de vie, sont des critères supplémentaires qui permettent d’identifier l’anxiété comme étant pathologique.

Bien que les personnes souffrant de troubles anxieux soient le plus souvent conscientes du caractère disproportionné et dysfonctionnel de leurs réactions et comportements, il est possible de repérer pour chaque niveau de fonctionnement, un certain nombre de critères généraux qui permettent d’établir le caractère pathologique de l’anxiété et témoignent de la présence d’un trouble anxieux.

Sur le plan cognitif, les pensées et les croyances anxieuses deviennent envahissantes et s’organisent autour de la menace perçue et des solutions pour y échapper d’une part, et autour de l’évaluation négative des défaillances fonctionnelles personnelles (inhibition, comportements inadaptés…) liées au trouble, d’autre part.

En situation de crise anxieuse, on observera notamment des troubles de l'attention et de la concentration. Les réactions physiologiques associées à l’anxiété sont semblables à celles provoquées par la peur : accélération du rythme cardiaque parfois associé à des palpitations, tremblements, transpiration excessive, tension musculaire etc. et deviennent en cas de trouble anxieux intenses, fréquentes, et présentes dans des proportions excessives au regard de la situation, voire en l’absence de toute stimulation. 

Au niveau comportemental, on retrouvera l’évitement des situations génératrices de peur ou identifiées comme des menaces, des stratégies destinées à masquer le caractère inadapté des manifestations de l'anxiété et l’adoption de comportements axés sur la sécurité. Ces derniers, sont relatifs à l’objet ou à la situation anxiogène redoutée, et correspondent très souvent au besoin de se créer un environnement protecteur et rassurant pour échapper à une l’anxiété omniprésente, ou pour l’atténuer autant que possible. Par exemple, vous pouvez avoir mis en place des habitudes routinières et réconfortantes ou avoir tendance à vous isoler.

Les différentes formes de l'anxiété 

Les troubles anxieux sont répertoriés en fonction du type de stimulation ou de situation induisant l’anxiété, mais aussi en fonction de la forme et des spécificités des manifestations symptomatiques. La classification des troubles anxieux la plus complète et détaillée est probablement celle proposée par la dernière édition de la Classification Internationale des Maladies (CIM-10), qui identifie plusieurs grandes catégories de troubles anxieux : « les troubles phobiques», « les troubles obsessionnels-compulsifs », les « troubles de l’adaptation », les « troubles dissociatifs » et les « troubles somatoformes » (dits couramment psychosomatiques).

Restent deux catégories regroupant les « autres troubles névrotiques », et enfin les « autres troubles anxieux ». Dans cette dernière catégorie, se situe le trouble de l'anxiété sociale, le trouble de l'anxiété généralisé et le trouble panique.

Comment se manifeste l'anxiété ? 

Dans ces types d'anxiété, l’angoisse est non spécifique au sens où elle n’est pas structurée autour de représentations signifiantes, sans pour autant être à l’inverse destructurée dans sa forme et son contenu par un travail défensif destiné à la rendre inaccessible à la conscience.

Le trouble anxieux généralisé 

Ici, l’anxiété est présente sous une forme diffuse et médiatisée par le mental à travers des inquiétudes, des préoccupations et des soucis qui se manifestent par une attente teintée d’appréhension ; ces inquiétudes sont fréquentes et envahissantes, projetées sur des situations diverses et difficiles à contrôler.  L’anxiété est donc non spécifique : elle ne se réduit pas à un objet donné et elle est  systématique : applicable à l’ensemble des événements à venir. C’est bien le mental  (et particulièrement les fonctions cognitives associées à l’anticipation et aux croyances), qui est débordé par l'anxiété. Celle-ci viendra dans un second temps se communiquer au corps à travers des symptômes physiques correspondant à ses manifestations physiologiques classiques comme par exemple, des tensions musculaires, des difficultés de concentration et/ou des perturbations du sommeil.

Au niveau comportemental, les activités ont tendance à se réduire afin de limiter le nombre d’objets susceptibles de devenir une source d'inquiétude. Par ailleurs, la recherche de réconfort est surinvestie, bien que les préoccupations aient tendance à être particulièrement résistantes : l’anxiété est omniprésente et le fait qu’elle soit mentale, implique qu’elle ne peut pas être apaisée en essayant de vous raisonner. 

L’inquiétude inconditionnelle vous poussera ainsi à trouver de en permanence de nouveaux sujets d'anxiété.

Le trouble panique 

Dans le cas du trouble panique, c’est dans le corps que l’anxiété trouve sa source, ses ressources et ses voies d’expression. L’ensemble du système est débordé par des manifestations d’anxiété qui vont envahir entièrement l’organisme et par conséquent, tout le champ de la conscience par le biais de symptômes neuro-végétatifs de forte intensité. L’apparition des troubles est brutale et imprévisible, et va se manifester concrètement par un ensemble de réactions physiologiques renvoyant à un état de stress extrême telles que des palpitations, des douleurs thoraciques, une sensation d’étouffement, une hyperventilation, une sensation de mort imminente, une sensation d’irréalité, des étourdissements, etc.

Ici aussi, la crise anxieuse est originellement non spécifique car l’angoisse reste sans objet, donc brute et bien que médiatisée par le corps, la perte de contrôle et le sentiment d’impuissance sont tels que le mental va dans un second temps investir l’anxiété latente sur le registre d’une anticipation permanente et envahissante de la prochaine crise de panique, redoutée au point de générer un état de stress qui augmente le niveau d’anxiété général de l’organisme parfois au point de déclencher une autre crise.

Parallèlement, la personne souffrant d’un trouble panique va donc développer des comportements d’évitement des situations anxiogènes susceptibles de provoquer une nouvelle crise mais aussi des contextes dans lesquels elle craint particulièrement de développer une attaque de panique ; c’est souvent le cas des contextes sociaux, et c’est pour cette raison que le trouble panique peut parfois se compliquer en agoraphobie. 

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Comment soigner l'anxiété ? 3 solutions

A travers ces deux exemples représentatifs de la forme classique de l’anxiété, à savoir une angoisse incontrôlable et sans objet, il existe trois voies principales par lesquelles on peut soigner l'anxiété : par le mental, le corps et le comportement.

Clé n°1 : Soigner l'anxiété par la prise de conscience

Pour soigner l'anxiété, il faut tout d'abord réaliser un travail sur le mental, et plus particulièrement sur la prise de conscience de votre anxiété, afin de donner du sens aux conflits internes qui se sont créés en vous et aux insécurités dont vous souffrez.  

Cette voie peut notamment être explorée à travers un travail d’analyse et de mise en sens guidé par un thérapeute qui pourra vous permettre de faire réémerger sans risque, les complexes psychiques inconscients qui sont aujourd’hui déterminants pour vous, c’est-à-dire des ensembles d’expériences mises en lien et teintées de significations structurantes acquises dès le plus jeune âge via l’observation, la déduction et l’interprétation des événements affectifs auxquels vous avez été exposé.e.

Leur mise à jour dans le cadre sécurisant d’un accompagnement psychothérapeutique axé sur l’introspection peut vous permettre d’accéder à des vécus psychiques d’ordre traumatique.

Un travail d’analyse médiatisé par la relation thérapeutique et les processus interactionnels vous aidera à les déconstruire afin de pouvoir, dans un second temps, intégrer pleinement les émotions associées à ces vécus difficiles.

Clé n°2 : Soigner l'anxiété en intégrant vos émotions à travers le corps

Le travail sensoriel et l'intégration émotionnelle en lien avec le corps sont importants pour soigner l’anxiété.

Il s’agit de convertir le vécu anxieux en émotion assimilable qui se dissipera dès qu’elle aura été traitée. Dans la continuité d’un premier travail introspectif, il est très utile d’être soutenu.e et orienté.e dans vos efforts pour retrouver puis intégrer pleinement les expériences émotionnelles passées significatives et potentiellement difficiles que vous avez vécues.

Il est important de comprendre que c’est le manque d’élaboration psychique, c’est-à-dire de mise en sens et d’intégration émotionnelle, qui a permis de conserver ces expériences difficiles, sous forme d’angoisse brute, comme un produit psychique inachevé au croisement des vécus physiques et émotionnels.

De manière générale, tout ce qui vient mobiliser le corps vous aidera à en réguler l’activité interne, ce qui aura un effet évidemment majeur sur l’intensité et la fréquence des manifestations anxieuses. En complément de la pratique régulière d’une activité physique, la sophrologie peut vous aider à développer une certaine maîtrise de vos mouvements internes. La cohérence cardiaque tout particulièrement, est une technique de respiration spécialement dédiée à la régulation de l’activité du système nerveux neuro-végétatif qui vous aidera beaucoup à apaiser les manifestations anxieuses sous toutes leurs formes.

Clé n°3 : Soigner l'anxiété en se confrontant aux situations anxiogènes

Enfin, une troisième solution pour parvenir à soigner l’anxiété est de travailler par le biais de la voie comportementale. La conséquence comportementale de l’anxiété est le plus souvent l’évitement des situations anxiogènes, souvent sociales, qui vous font courir le double risque de traverser un épisode anxieux et d’être exposé.e au regard d’autrui dans de telles circonstances.

C’est donc sur ces deux aspects qu’il sera utile de travailler, idéalement dans le cadre d’un accompagnement psychothérapeutique d’orientation cognitivo-comportementale. Les techniques d’exposition adaptées que votre thérapeute vous proposera de mettre en pratique, vous permettront petit à petit, de renforcer votre résistance aux stimuli anxiogènes et votre assurance face aux situations complexes de manière générale. Cela permettra de vous habituer à ces stimuli et d'apprendre à gérer vos émotions, vos renssentis et vos réactions face à eux.

De plus, vous aurez l’opportunité de conscientiser les processus automatiques par lesquels vous pouvez avoir tendance à valider et à associer systématiquement entre elles des pensées, croyances et/ou comportements qui participent à maintenir voire à réactiver les manifestations anxieuses qui ont tendance à vous envahir.

Il s’agira sur cette base de mettre en œuvre le changement en modifiant subtilement ou plus radicalement vos modes de fonctionnements cognitifs et comportementaux en vue de vous libérer des associations et modes d’action qui vous enferment dans la répétition de schémas négatifs, voire anxiogènes.

Enfin, vous serez prêt.e à développer de nouvelles manières d’appréhender le réel et de vous positionner au quotidien qui soient respectueuses de vos avancées et prises de conscience et vous permettent progressivement de vous émanciper de l’anxiété.

Article rédigé par Anna Savio, psychologue clinicienne de la Clinique E-Santé