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burn out : 3 signes qu'il est urgent d'agir

Publié le 20/09/21 17:30

Ça commence par une charge de travail qui s'intensifie, un stress qui s'accroît et se termine par un mal-être profond. Au fur et à mesure que les jours passent, vous vous sentez de plus en plus fatigué.e, vous n'arrivez plus à vous concentrer et vous sentez que vous n'avez plus du tout envie d'aller au travail. Vous êtes peut être en train de faire, sans le savoir, un burn out.

Le burn out est un état psychologique et physiologique qui résulte d’une exposition récurrente et prolongée à des facteurs de stress professionnels. Contrairement aux idées reçues, le burn out n'est pas une dépression, bien que les facteurs de stress vont consumer les ressources physiques, émotionnelles et cognitives de l’individu jusqu’à un total épuisement professionnel.

Le burn out n’étant pas identifié comme un trouble psychiatrique, il ne se diagnostique pas dans le sens classique du terme : les différentes échelles existantes : MBI « Maslach Burnout Inventory » et CBI « Copenhagen Burnout Inventory » notamment, ne sont que des repères pour évaluer une situation de détresse psychologique ayant pourtant fait l’objet de nombreuses recherches et conceptualisations.

S’il existe des moyens de le prévenir, tels que de rester à l’écoute de soi-même pour identifier les situations stressantes, de bien séparer sa vie personnelle de sa vie professionnelle et d’éviter l’isolement, il existe également plusieurs signes qui vous permettent de l'identifier. 

N'hésitez pas à réaliser également le test suivant qui permettra, en plus de cet article, de vous aider à savoir si vous faites actuellement un burn out, ou que l'un de vos proches en fait un. 

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  1. Burn out : définition du syndrome d'épuisement professionnel
    1. Les trois signes principaux du burn out
    2. Repérer les symptômes du burn out
  2. Les solutions pour sortir d'un burn out 
    1. Demandez de l'aide
    2. Retrouvez un équilibre dans votre hygiène de vie
    3. Identifiez l'origine de votre burn out

 

Burn out : définition du syndrome d'épuisement professionnel

Le syndrome d’épuisement professionnel est la traduction française directe du terme burn out, qui émerge en 1969 des travaux de Bradley s’intéressant pour la première fois à un stress spécifiquement lié au travail.

Le terme de burn-out désigne le fait de « s’user, s’épuiser, craquer en raison de demandes excessives, d’énergie, de forces ou de ressources ».

Les personnes souffrant d'un burn out font face à une usure psychique liée à une accumulation de stress, qui va les impacter dans un premier temps, au niveau physiologique. Si le stress peut être une ressource lorsqu’il est ponctuel et qu’il permet à l’individu d’optimiser son activité, différents facteurs le rendent également nocif, en particulier lorsqu’il est présent à l’excès.

De ce fait, le burn-out est un trouble lié à l’hyperstress qui s'inscrit sur la durée dans l’environnement professionnel et qui finit par attaquer l’organisme en consumant les ressources physiques, psychiques et émotionnelles de la personne touchée.

Dans les cas les plus extrêmes, l’état physique et psychique du travailleur peut se détériorer au point qu’il ne soit plus en mesure de poursuivre son activité. Cela peut être vécu comme un effondrement, alors qu’un certain nombre de signes avant-coureurs étaient présents. Touchant particulièrement des personnes très investies dans leur travail, le burn out intervient malheureusement souvent comme un point de rupture dans une situation où la personne tenait jusque-là, coûte que coûte, au détriment de sa santé.

Les trois signes principaux du Burn out

Dans les années 80, Maslach identifie trois dimensions du syndrome d’épuisement professionnel, validées et confirmées par les nombreuses études menées depuis.

L'épuisement émotionnel 

La première manifestation du burn out est celle de l’épuisement dit émotionnel, qui renvoie en fait aux aspects physiques, psychiques et cognitifs fonctionnant en interconnexion : vous vous sentez « vidé.e », vous avez l’impression de ne plus avoir aucune énergie, de manquer d’entrain et d’élan.

Il en résulte une perte de motivation pour les activités liées à votre travail, qui devient un fardeau. C’est la dimension « affective » du syndrome, dont les signes peuvent être proches de ceux liés à un état dépressif lorsqu’ils en viennent à déborder sur la vie personnelle.

La dépersonnalisation

La seconde dimension est celle de la « dépersonnalisation », désignant ici un cynisme marqué vis-à-vis du travail et en particulier dans les relations interpersonnelles. La dépersonnalisation de Maslach fait référence à un état de « déshumanisation » et désigne des attitudes distantes, impersonnelles, détachées, cyniques, vis-à-vis des personnes faisant partie de l’environnement professionnel. 

L’exemple du médecin citant la pathologie ou le numéro de chambre lorsqu’il fait référence à un patient est particulièrement représentatif du phénomène : le détachement extrême, voir la dureté, sont des défenses investies inconsciemment pour faire face à des stimulations émotionnelles trop fortes et que la personne n’a plus les moyens de gérer en situation professionnelle.

La diminution de l'accomplissement personnel au travail

La troisième dimension identifiée par Maslach, est celle de la diminution de l’accomplissement personnel au travail, caractérisée par une dévalorisation de l'activité professionnelle et de vos compétences propres, avec une réduction de l’estime de soi et du sentiment d’efficacité.

La personne souffrant d’épuisement professionnel se sent inapte à mener à bien les projets qui lui sont confiés et à répondre de manière satisfaisante aux attentes de son entourage professionnel. 

Repérer les symptômes du burn out

Les trois signes principaux permettant de repérer un burn-out renvoient à des symptômes qui vont s’exprimer à différents niveaux chez le travailleur en souffrance : sur le plan émotionnel, physique comportemental et relationnel. Les symptômes du burn out apparaissent progressivement avant de devenir présents de manière permanente.

Au niveau émotionnel, le burn out entraîne :

  • Un sentiment de perte de contrôle
  • Des peurs diffuses et des tensions nerveuses
  • Une perte d’entrain
  • Une hypersensibilité et une irritabilité, ou au contraire un détachement émotionnel inhabituel

Les symptômes physiques et cognitifs sont également extrêmement fréquents : 

  • Des troubles du sommeil associés à une fatigue chronique
  • Des douleurs et tensions musculaires
  • Des maux de tête et des vertiges.
  • Diminution de la concentration
  • Difficulté à prendre des décisions
  • Des problèmes de mémoire
  • flexibilité intellectuelle réduite

Sur le plan relationnel et comportemental, on retrouvera :

  • Une tendance au repli sur soi
  • L'isolement social,
  • Une diminution de l’empathie
  • Une certaine agressivité comme résultat d’une résistance psychique fragilisée
  • Une tolérance réduite à la frustration ressentie au niveau professionnel.
  • Des conduites addictives (consommation de tabac, alcool, drogues…) peuvent également apparaître, comme un moyen de gérer l’état de tension généralisé.

Enfin, sur le plan de l’engagement personnel et de la motivation, une perte des valeurs jusque-là associées à l’activité professionnelle est fréquente : en plus de se dévaloriser au niveau de ses compétences et de son potentiel, la personne en proie au burn out aura tendance à se désengager psychiquement d’une activité source de souffrance, ce qui va accroître la détresse et la perte de sens. 

Les solutions pour sortir d'un burn out

Sortir d'une situation d'épuisement professionnel est tout à fait possible. Pour cela, il est néanmoins essentiel de vous faire aider dans les différentes étapes, afin de reconstruire et/ou de renforcer votre estime de soi, votre confiance en vos capacités professionnelles et apprendre à mettre de la distance entre votre travail et votre vie personnelle. 

Demandez de l'aide 

Le premier pas concret à faire, dès lors que vous  souffrez d'un burn out est d’accepter de demander de l’aide. Vous devez prendre conscience que vous avez besoin d'être accompagné.e et de vous réparer. Pour ce faire, vous pouvez vous adresser à un médecin, un psychologue spécialisé dans le burn out, à la médecine du travail ou encore à un interlocuteur dédié via les nombreuses antennes «souffrance au travail» réparties sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, un arrêt de travail est vivement recommandé pour vous permettre de prendre le temps de recharger vos niveaux d’énergie et de prendre du recul sur votre situation.

Retrouvez un équilibre dans votre HYGIENE de  vie 

Pour retrouver un équilibre physique et psychique, il est tout d'abord fondamental de miser sur la qualité de votre sommeil et le respect de vos rythmes biologiques qui ont pu être éprouvés par le contexte stressant auquel vous avez été exposé. 

Ensuite, vous pouvez prendre du temps pour vous, pour réaliser des activités qui vous font du bien. Par exemple, vous consacrer quotidiennement à une activité sportive, si possible en extérieur, vous aidera à réguler votre activité interne et vos niveaux de stress, et à retrouver un meilleur équilibre personnel.

De manière générale, privilégiez, tout ce qui vous fait du bien et vous nourrit pendant ce temps de convalescence et laissez au maximum de côté tout ce qui vous coûte de l’énergie ou vous occasionne du stress : le but est bien de vous restaurer et de vous ressourcer pour sortir d’un état d’épuisement extrême qui est le burn-out.

Identifiez l'origine de votre burn out

Différentes caractéristiques de l’activité professionnelle ont un impact déterminant sur le stress éprouvé au travail et constituent en ce sens des facteurs de risque pour l’épuisement professionnel. L’exposition prolongée à un ou plusieurs facteurs constitue la cause principale d’un burn-out, indépendamment des facteurs de fragilité individuels. Les repérer doit vous permettre de mieux comprendre ce qu’il s’est passé pour pouvoir vous en protéger.

On peut isoler cinq catégories principales de facteurs de risques psychosociaux liés au burn-out : 

Une charge de travail trop importante

La première concerne les exigences concrètes de l’activité, en termes d’intensité et de temps de travail. Si l’amplitude des horaires est excessive, si les objectifs sont mal définis ou surréalistes ou encore, si la charge de travail est trop importante, vous vous retrouvez face à une situation où il est nécessaire de vous surinvestir en permanence, sans en obtenir de gratification, puisqu’il y aura toujours plus d’activités que vous ne pourrez en réaliser.

Le fait de devoir sans relâche tenir le rythme imposé est en soi une source d’épuisement, indépendamment du stress qui s’accumule. Le fait de voir votre temps de vie personnelle se réduire en faveur de l’activité professionnelle peut également être une source importante de stress, avec le sentiment de ne pouvoir concilier harmonieusement les différents aspects de votre vie, voire de délaisser vos proches.

Une implication émotionnelle éprouvante au travail

La deuxième catégorie de risques comprend les exigences émotionnelles du travail, soit le fait d’être confronté à des situations émotionnellement éprouvantes.

Il a été noté que les personnes souffrant d’un burn out sont souvent très engagées dans leur travail. En effet, la sphère professionnelle représente pour elles un espace émotionnellement investi et porteur de valeurs fortes. Ainsi, le mal-être ressenti dans leur activité aura tendance à les atteindre davantage et à se répercuter sur les autres domaines de leur vie.

Les relations avec le public, qu’il s’agisse de clients, de patients ou d’apprenants, peuvent se révéler, aussi, émotionnellement exigeantes et vous vider petit à petit de vos ressources, notamment dans le cas de contacts difficiles :  clients mécontents, personnes en détresse ou des élèves insolents par exemple.

De la même manière, le fait de devoir afficher en permanence une humeur qui ne tient pas compte de la réalité de vos besoins émotionnels et qui est en contradiction avec votre état réel : être inconditionnellement agréable et souriant.e auprès du public y compris dans les mauvais jours, par exemple, est usant sur le long terme.

Des relations de mauvaise qualité avec les collègues de travail ou votre patron

La troisième catégorie concerne les rapports sociaux et les relations de travail.  La qualité des relations avec les collègues et la hiérarchie est déterminante et des situations relationnelles instables ou psychologiquement violentes (mépris, dénigrement, harcèlement), vont évidemment avoir un impact sur le niveau de stress et constituent en soi un risque majeur pour votre santé mentale au travail.

Cependant d’autres facteurs tels que la qualité de la communication, la possibilité d’être entendu.e et soutenu.e au sein du collectif, la reconnaissance apportée pour le travail réalisé, auront également un impact important sur le bien-être global au travail.

L'absence de sens dans vos missions de travail

Une quatrième catégorie de risques concerne les conflits de valeurs. L’impossibilité de mener une activité qui ait du sens est un élément majeur à prendre en compte pour comprendre le syndrome d’épuisement professionnel.

Si vos compétences sont sous-évaluées et/ou sous-utilisées, s’il existe un conflit entre les objectifs imposés et la possibilité de résultats qualitativement satisfaisants, si vos valeurs, personnelles ou liées à l’activité, se trouvent heurtées par les exigences du contexte, vous risquez de perdre le sens que vous accordez à votre travail et d’avoir le sentiment de vous perdre également dans le processus, par l’impossibilité de vous sentir accompli dans votre activité.

Vous ne vous sentez pas en sécurité par votre emploi

Enfin, l’insécurité de la situation de travail regroupe des facteurs de risques fondamentaux pour l’hyperstress et le burn-out. Un contexte socio-économique tendu dans lequel le doute est toujours présent concernant le maintien de l’emploi, le versement des salaires ou encore la restructuration de l’entreprise et/ou de l’activité participe grandement à créer un terrain de vulnérabilité. 

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Dans la mesure où le burn-out résulte d’une exposition prolongée à un ou plusieurs de ces facteurs, les identifier peut vous permettre de vous libérer d’un éventuel sentiment d’impuissance ou de culpabilité lié à votre situation. Dans un même temps, repérer les signes d'un burn out, vous permet également de l’analyser objectivement en vue d’actions futures, en lien avec la médecine du travail et/ou les responsables des ressources humaines.

Si la clarté concernant les causes de votre état actuel est fondamentale, il est également très important d’être accompagné.e lors de votre reprise du travail, qui doit idéalement être pensée et coordonnée avec les différents acteurs concernés dans l’environnement professionnel (médecin, direction, ressources humaines).

Aborder vos difficultés passées et présentes sera la clé d’un retour harmonieux à votre activité, en vue notamment d’effectuer des ajustements au niveau de votre poste de travail mais aussi d’envisager de nouvelles manières d’investir votre activité au niveau personnel. Pour cette raison, un accompagnement extérieur peut être un vrai soutien dans cette période de transition, en vue de vous adapter au mieux aux contraintes de votre activité mais aussi d’identifier vos processus de gestion du stress pour développer de nouveaux modes de fonctionnement face aux enjeux spécifiques à votre contexte de travail.

Article rédigé par Anna Savio, psychologue clinicienne de la Clinique E-Santé