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Les 5 différences entre burn-out et dépression

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Le burn-out et la dépression ont des symptômes similaires mais les causes sont profondément différentes. Un burn-out peut être suivi d’une dépression, d’où l'intérêt de prendre conscience très tôt des déclencheurs de ces déséquilibres pour les traiter efficacement. 

Finalement, le burn-out, dans l'inconscient général, c’est un peu la dépression des travailleurs. Dès les années 1950, les psychiatres européens ont décrit une forme particulière de dépression - la dépression d’épuisement - principalement observée chez des personnes perfectionnistes soumises à de fortes responsabilités professionnelles. Le terme “burn out” est apparu dans les années 1970 grâce à la psychologue américaine Christina Maslach. Celle-ci l’a défini comme un syndrome composé de trois dimensions indépendantes : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le défaut d’accomplissement personnel.

Mais ce n'est pas tout ! on retrouve le burn-out chez l'étudiant, chez la jeune maman et dans bien d'autres domaines..

Il apparaît donc très proche d’un état dépressif qui génère les mêmes symptômes. Enfin, plus récemment, de nombreux travaux ont permis de confirmer l’important chevauchement symptomatique entre burn-out et dépression.

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Les 5 grandes différences entre burn-out et dépression

 

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Burn-out et dépression, deux états complémentaires..

La dépression est une maladie psychique tandis que le burn-out est un déséquilibre physiologique avant de devenir psychologique. En cas de burn out, vous aurez d’abord des troubles fonctionnels comme une grande fatigue, des douleurs gastriques, des ulcères, et puis un jour d’autres douleurs apparaissent, créés par votre état émotionnel en réponse à cet épuisement. Ces douleurs sont appelées des douleurs psychosomatiques. Dans le cas de la dépression, vous aurez généralement des signes psychologiques tels qu’une grande tristesse inexpliquée ou qui dure dans le temps, des ruminations et des idées noires, qui vous porteront doucement mais sûrement vers une grande fatigue.  

Première différence :  Le facteur déclencheur 

Lorsque vous êtes en burn out c'est parce que vous avez rencontré un point d'arrêt. Un jour, vous avez la sensation de vous prendre un mur, de vous effondrer ou d’exploser. C’est un véritable impact que vous pouvez ressentir et qui marque littéralement votre burn-out. Votre corps et votre tête disent stop.

Lorsque vous êtes en dépression, c’est différent. Les choses s’installent progressivement, peu importe que cette dépression se déclare en raison d’un traumatisme ou d’un cumul. La tristesse s’installe peu à peu, elle empire, elle dure. La fatigue s’installe, vous dormez moins, vous ne mangez plus très bien, et puis un jour vous réalisez que vous êtes passé d’une personne active, souriante et pleine d’envie à une personne ralentie voire à l'arrêt, qui perd le plaisir de vivre et d’expérimenter. 

Deuxième différence : Votre façon de combattre

Lorsque vous êtes en burn-out, vous allez refuser totalement votre état. Vous allez continuer à vous activer et à préserver peu importe le peu d'énergie qu’il vous reste. Vous tentez plus que tout de surmonter cet état par tous les moyens, vous luttez.

En revanche, lorsque vous êtes en dépression,vous ne luttez plus. Vous avez la sensation qu’il n’y a plus d’espoir, que vous n’y arriverez pas. Vous avez le sentiment de porter un terrible poids sur vos épaules. Vous lâchez.

Troisième différence : L’origine 

Lorsque vous êtes en burn-out, vous savez pourquoi. Vous avez clairement une idée de la cause de votre burn-out, vous savez par exemple que vous êtes à bout en raison d’un travail épuisant ou dénigrant. Dans le cas des jeunes mères, vous sentez que cette nouvelle vie tire sur vos ressources. Quoi qu’il en soit, vous savez.

Lorsque vous êtes en dépression, vous ne savez pas réellement quel est l'élément déclencheur. Vous pouvez avoir une vague idée mais vous sentez vos souvenirs et votre contexte comme quelque chose de diffus. C’est souvent un tout, ou bien la goutte d’eau qui a fait déborder de nombreuses choses qui vous faisaient déjà souffrir.

Quatrième différence : Votre rapport au temps 

Lorsque vous êtes en burn-out, vous avez l’obsession du temps. Vous êtes hyper-actif, vous ne voulez absolument pas perdre de temps. Vous avez besoin de faire entrer un nombre incalculable de tâches en une journée et vous dépensez toute votre énergie là-dedans. Vous avez besoin de compenser le temps que vous n’avez pas.

Lorsque vous êtes en dépression, vous n’avez plus vraiment de rapport au temps. Vous êtes spectateur du temps et de votre vie, vous avez la sensation même d'être hors du temps. Vous rejetez tout ce qui est arrive vers vous, vous êtes dans l'évitement.

Cinquième différence : Votre comportement et vos humeurs

Les comportements et les humeurs sont similaires. 

Lorsque vous êtes en burnout, vous êtes irritable, vous ne supportez plus les autres, que ce soit votre entourage professionnel ou familial. Vous n’arrivez plus à trouver le repos.

Lorsque vous êtes en dépression, vous êtes plutôt dans l’indifférence, vous n’avez plus d'intérêt pour les autres. Vous êtes constamment fatigué.

Là où les deux se rejoignent, c’est dans l’humeur. L’humeur d’une personne en burnout et l’humeur d’un dépressif sont sensiblement les mêmes : Les deux n’ont plus aucune estime de soi, ils n’ont plus confiance en eux, la vie semble triste et morose. Ils se dévalorisent et ont du mal à voir la fin. Les éléments de la tristesse sont évidemment beaucoup plus forts pour un dépressif, qui vit la tristesse comme une véritable douleur sourde au quotidien.

 

Si vous pensez être candidat ou burn-out à la dépression…

 

Il existe des profils à risque, en raison d’un certain mode de vie ou d’une base héréditaire qui rendrait le terrain plus propice à l’installation d’une dépression.

Il est possible de déterminer, avec quelques situations concrètes, si vous êtes à risque d’un burn-out ou d’une dépression.

Vous êtes candidat au burn-out si : 

  • Vous ne pensez qu’au travail du matin au soir, vous tournez en rond le week-end et vous avez beaucoup de mal à vous endormir.

  • Vous avez une charge mentale importante. Vous avez la sensation de manquer de temps, vous êtes débordé, vous sentez que votre travail ne peut pas rentrer en une seule journée. Vous tentez donc parfois de faire rentrer “deux journées” dans l’une.

  • Vous ne voulez absolument rien lâcher. Vos engagements sont très importants pour vous et vous voulez tous les réaliser à la perfection, quoi qu’il en coûte. Cette énergie dépensée vous met dans un état d’épuisement total.

  • Vous avez besoin de tout maîtriser. Vous ne déléguez plus rien même si vous n’avez plus le temps.

  • Vous consommez des médicaments pour vous "booster", vous utilisez des substances illicites pour “rester éveillé" ou être “plus performant” ou alors vous buvez beaucoup de café ou d’alcool pour tenir.

Vous êtes (surement) en dépression si : 

  • Vous avez perdu goût à la vie et à toutes les activités de votre vie. Que vous soyez en vacances, en club de sport ou de loisirs, dans une belle soirée ou chez des amis, vous n’appréciez plus les moments que vous vivez.

  • Vous n'êtes plus investi dans votre travail, vos activités, vos engagements. Vous remettez tout à plus tard. Vous aimeriez rester sans rien faire et attendre, loin de toutes vos responsabilités.

  • Vous avez de plus en plus de mal à sortir de votre lit et vous luttez contre de nombreuses idées noires. Vous n’osez plus vous regarder, vous trouvez que votre physique est moins beau qu’avant, vous avez la sensation que vous ne valez rien, que vous avez raté votre vie et qu’il n’y a plus d’espoir pour le futur.

  • Vous avez une sensation de vide intérieur très intense. Cette douleur vous paralyse au quotidien et chaque décision paraît insurmontable. 

Ces listes ne sont pas exhaustives, en revanche, si ces définitions font écho, il est important pour vous d’aller plus loin dans votre prise de conscience pour prendre de bonnes décisions par la suite.

Le profil type du candidat au Burn out et à la dépression

 

Le burn-out 

Avez-vous le profil du candidat idéal au burn out ?

  • Le syndrome du sauveur : Faites vous parti(e) de ceux qui ont besoin de se rendre indispensable aux autres ? Si c’est le cas, cela fait de vous le profil idéal du candidat au burn out ! Aaah, le sauveur du bureau, celui qui agit avec une précision déconcertante et qui anticipe les besoins de ses collègues. Celui qui est d’une agilité hors pair, une machine, un champion, connu(e) de tous pour son talent dans les situations urgentes. 

Résoudre un problème complexe, répondre à un appel d’offre en 48 heures, trouver une nouvelle idée dans les situations désespérées...c’est vous. Vous finissez même par penser que sans vous, rien ne fonctionnerait correctement, que vous êtes devenu(e) indispensable. Pourtant, votre souhait initial, n’était-ce pas d'être épanoui(e) dans votre travail ? Cette question paraît simple, mais pour vous, elle l’est moins. Vous avez perdu(e) de vue vos propres besoins et  vrai dire, si l’on vous demandait ce qu’il vous fallait, là maintenant, vous ne pourriez pas répondre.

  • Plus de prise de recul : A vous entendre, tout va bien. Votre entreprise connaît l’un des pires moments de son existence, vous êtes débordé et épuisé, vos journées de travail s’allongent toujours plus.. mais vous continuez à répéter que tout va bien.

“ Je gère, je vais trouver une solution. Comme d’habitude, je vais réussir à surmonter cette nouvelle épreuve, ça va passer. De toute façon tout le monde compte sur moi, je n’ai pas d’autres choix que de réussir, quoi qu’il en coûte. Tant pis, je prendrais quelques jours dans un mois ou deux..je peux tenir.”

Vous avez perdu votre capacité à prendre du recul sur les situations, vous n’arrivez plus à vous observer. Vous avancez à l’aveugle et vous n’écoutez plus aucun des signaux pourtant évidents de votre épuisement : fatigue, maux de tête, irritabilité, ulcères, difficulté d’endormissement..

Finalement, votre vie professionnelle à pris le dessus. Votre vie, vos besoins, vos envies, toutes les choses qui vous font du bien ont disparu sous la vague de tâches à réaliser pour votre travail. Vous n’avez plus le fameux équilibre vie professionnelle/vie privée” et même si le travail est une source d’épanouissement pour certains, il ne doit pas être le seul moyen pour vous d’aller bien.

  • Le besoin de reconnaissance : Votre travail est une source d’épanouissement, de motivation. C’est aussi un moyen de se sentir considéré, respecté ou reconnu pour ses compétences, ses qualités relationnelles et ses idées. En revanche, lorsque ses besoins se transforment en addiction, en un besoin de reconnaissance intense, l’équilibre est rompu. Il ne faut pas confondre la reconnaissance liée à votre mission à la reconnaissance de la personne que vous êtes.

La dépression

Avez-vous le profil d’un candidat idéal à la dépression ? 

  • Une personnalité orientée problèmes : Faites-vous parti(e) de ceux qui analysent toutes les situations sous leur angle négatif ? Ressentez-vous systématiquement de l’angoisse et du pessimisme à la vue d’une nouvelle épreuve ?  Ce comportement orienté problème est bien souvent le résultat d’un mécanisme inconscient qui s’est construit durant votre enfance.

    Cela peut être à cause de parents fonctionnant de cette même façon négative ou en raison d’expériences douloureuses. A l'âge adulte, vous continuez à cultiver ce comportement pessimiste et ses pensées négatives sans même vous en apercevoir. Vous vivez avec de nombreuses croyances limitantes qui favorisent l'émergence d’une dépression. 
  • Une consommation d’alcool anormale : Vous sortez du bureau avec vos collègues le vendredi soir et à chaque fois, c’est le même rituel : un petit verre pour décompresser. Quelques mois plus tard, vous faites une petite blague à votre ami à propos de votre consommation quotidienne : Le vin à midi, la bière à 16h et l’happy hour à 19 heures. Vous lui dites que de toute façon, avec tout le travail que vous avez et les problèmes que vous rencontrez à la maison, vous y avez bien droit.

Au fur et à mesure, vous avez besoin de votre verre.Vous avez besoin de votre verre du midi pour couper votre journée et vous avez besoin de vos verres le soir pour oublier votre journée. Cette consommation devient un réel besoin de votre routine pour vous sentir bien. On dit que la consommation d’alcool est une conséquence de la dépression, mais en réalité, elle vient souvent favoriser l’entrée en dépression. Cette surconsommation d’alcool augmente les conduites à risque, le déni de la réalité et une augmentation importante du risque de suicide. Elle renforce le repli et l’isolement. Il est important de la prendre au sérieux.

  • Une épreuve récente : Personne n’est épargné par la dépression. Certains sont plus sensibles que d’autres, d’autres encore ont eu une infime chance d’avancer dans la vie sans trop de tracas, mais parfois il devient difficile de continuer. Une rupture douloureuse, la perte d’un proche, un emploi drainant (et le burn out qui va avec) et c’est le déclenchement d’un état dépressif. Si parfois cela ne dure que quelques semaines, très souvent, cela dure des mois, et cela empire. C’est ce qu’on appelle une véritable dépression. 

Il est important de faire le point à la suite d’une épreuve de vie, et il est essentiel de ralentir. Nombreux sont ceux qui pensent que cette tristesse est passagère ou qu’ils sont assez forts pour surmonter cela seul. Ce n’est pas le cas. Plus la dépression est prise tôt, plus les chances de guérir rapidement sont grandes.

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L'avis du psychologue de la clinique e-santé

 

Coline W., psychologue clinicienne de la clinique E-santé

“Le burn-out est presque toujours lié à un surmenage professionnel (on retrouve aussi le burn out chez un étudiant ou une jeune maman). La dépression peut également l’être, mais d’autres causes entrent en jeu (facteurs génétiques, psychologiques et environnementaux). Dans la dépression, toutes les sphères de la vie de la personne sont concernées par la perte de plaisir. Dans le burn-out il s’agit surtout de tout ce qui a trait au travail. Il s’exprime de manière assez brutale, la personne « craque », parfois du jour au lendemain. La dépression s'installe progressivement, parfois dans la durée. La détresse psychologique est plus profonde même si les symptômes du burn-out peuvent parfois paraître plus puissants, car plus brutaux.

Dans le burn-out, la personne est à bout de force physiquement, mais continue de lutter psychiquement pour retrouver son énergie physique à laquelle elle tient encore. Dans la dépression, la personne ne lutte plus, le sentiment d’abattement est autant physique que psychique. Le dépressif est incapable de se projeter dans l’avenir, il est dans l’idéalisation de son passé, de cet état où il se sentait mieux. Tandis que la personne en burn-out est en rejet total de son passé, de tout ce qui l’a mené à « craquer ». Mais la personne est encore en mesure de se projeter dans un avenir plus serein loin de son environnement professionnel. La dépression peut être une conséquence du burn-out si ce dernier n’est pas pris en charge à temps.”