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3 conseils pour se libérer de la charge émotionnelle

Publié le 04/11/21 12:00

Le plus souvent portée par les femmes, la charge émotionnelle aussi appelée charge affective, correspond au poids que représente l’investissement émotionnel lié au souci d’autrui et à l’attention portée aux autres en vue de les soulager, de les soutenir voire, simplement de les mettre à l’aise socialement. Cette charge émotionnelle s’exprime et se manifeste par des marques et des signes d’affection ou d’attention, qui lorsqu'ils sont accumulés, peuvent finir par peser massivement sur votre fonctionnement global ou même de vous épuiser psychiquement. Voici 3 conseils, qui vous permettront de vous en libérer de la charge émotionnelle.

Si vous souhaitez faire le point sur vos compétences émotionnelles et sur la gestion des émotions dont vous faites preuve, n'hésitez pas à réaliser le test suivant. Il vous permettra d'évaluer votre rapport aux émotions qui vous sont propres mais aussi à celles de vos proches.

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Sommaire de l'article :

  1. La charge émotionnelle : comment se crée-t-elle ? 
    1. D'une socialisation de genre différenciée à la charge émotionnelle d'aujourd'hui
    2. Quels sont les risques liés à une charge émotionnelle trop importante ?
  2. Se libérer de la charge émotionnelle grâce à 3 conseils
    1. Prendre conscience de ses fragilités
    2. Revisiter ses croyances
    3. Pratiquer l’affirmation de soi

La charge émotionnelle : comment se crée-t-elle ?

La charge émotionnelle est considérée comme le plus souvent portée par les femmes, dans la mesure où elles sont encore culturellement et dans l’imaginaire collectif, davantage associées que les hommes à l’organisation des activités du foyer et à la prise en charge des enfants. Plus largement, la notion de soin apporté aux autres en général est un attribut typiquement féminin.

D'une socialisation de genre différenciée à la charge émotionnelle d'aujourd'hui

Des études anglo-saxonnes évoquent le concept du « care » (soin) comme étant l’ensemble des attentes que la société fait peser sur les femmes.

Ainsi, dès le plus jeune âge, les petites filles se construisent en intégrant le fait qu'elles doivent porter une charge émotionnelle car elles seraient davantage incitées que les garçons à développer la communication, à être dans l’empathie et le don de soi, mais aussi à aider les autres et à prendre soin d’eux.

Du point de vue des représentations sociales qui définissent l’imaginaire collectif, on peut penser que ces attentes particulières se sont construites en référence au rôle de mère associé à la féminité : la femme est perçue dans son rôle maternant et nourricier, considéré comme naturel.

C’est ce à quoi renvoient notamment les travaux de Arlie Russell Hochschild qui développe dès les années 1980 la notion de travail émotionnel, renvoyant à la gestion affective des relations humaines en contexte professionnel. Elle montre que les femmes sont plus souvent amenées à s’investir dans ce travail émotionnel, notamment en raison de la nature des métiers dans lesquels elles sont surreprésentées. En effet, aujourd’hui encore, les femmes sont plus attendues et plus présentes dans les professions liées au soin (aide-soignante, infirmière, auxiliaire de vie…) et plus largement au service des autres, à cause de certains stérétotypes de genre : elles sont considérées comme plus douces, plus affectives, plus patientes ...

Pourtant, bien que les normes ne cessent de s’assouplir dans la société et au niveau des mentalités, certaines représentations concernant le rôle de chacun des deux sexes sont encore actives : la charge émotionnelle est très majoritairement portée par les femmes puisque prodiguer du soutien affectif à autrui, dans la sphère privée et familiale, dans le cadre professionnel, mais aussi dans leur entourage plus large, est considéré comme une fonction féminine naturelle et constitue une activité socialement valorisée.

Lire aussi l'article : Burn out maternel : 9 signes à reconnaître avant de craquer

Quels sont les risques liés à une charge émotionnelle trop importante ?

A force de vous investir émotionnellement pour les autres, souvent au détriment de votre propre confort, vous risquez de vous épuiser littéralement : vos ressources ne sont pas illimitées, et vous avez vous aussi parfois besoin de soutien pour continuer à avancer.

Lorsque la balance entre ce que vous donnez et ce que vous recevez est déséquilibrée, vous courrez le risque de craquer et de vous effondrer : vous êtes alors à bout de forces du point de vue émotionnel et psychique : c'est la surcharge émotionnelle.

Au-delà du sentiment de n’avoir plus rien à offrir à autrui, cette forme de burn out affectif que l’on peut qualifier d’émotionnel vous conduit à être démuni.e face à vos propres besoins : faute de ressources psychiques, vous n’êtes plus en mesure de prendre soin de vous et de vous réparer par vos propres moyens.

Si vous vous trouvez dans une telle situation, il est impératif de demander de l’aide de manière à justement être soutenu.e et pris.e en charge, ce qui vous aidera à reconstituer vos ressources. En effet, sur du long terme, une charge émotionnelle trop importante peut par exemple conduire à développer des troubles de l'anxiété ou à faire une dépression.

Un accompagnement psychothérapeutique transitoire aura aussi pour objectif de vous aider à vous reconnecter à vous-même à réapprendre à gérer vos émotions et pourquoi pas à développer votre intelligence émotionnelle mais aussi à prendre soin de vous de nouveau.

Se libérer de la charge émotionnelle grâce à 3 conseils

Voici quelques conseils qui vous permettront de mieux gérer la charge émotionnelle et de vous en émanciper autant que possible, que ce soit dans une optique préventive si vous sentez que vous vous épuisez émotionnellement, ou dans le cadre d’un processus de reconstruction. Ces différentes pratiques vous permettront de développer de nouveaux modes de fonctionnement en vue de vous préserver émotionnellement et de développer une vie relationnelle plus équilibrée dans laquelle vous ne vous oubliez plus au profit des autres.

Prendre conscience de ses fragilités

La charge émotionnelle entraine souvent un oubli de soi et vous pouvez avoir tendance à prendre soin d’autrui au détriment de votre propre bien-être.

Si au niveau de la construction affective et de l’histoire développementale on retrouve régulièrement le schéma d’une éducation exigeante dans le cadre de laquelle vous avez pu avoir le sentiment de n’exister que pour satisfaire les attentes parentales, l’oubli de soi est quoiqu’il en soit toujours associé à une fragilité du rapport à soi-même.

En effet, si votre estime de soi est fragile, vous risquez de négliger vos besoins les plus fondamentaux au profit du bien-être d’autrui. Les origines plus ou moins lointaines de cette fragilité narcissique sont ancrées dans votre histoire personnelle et ses causes potentielles sont diverses.

Si elles peuvent renvoyer à un traumatisme ou à un trouble d’ordre affectif et relationnel qui a pu endommager votre rapport à vous-même, les failles narcissiques au fondement de l’oubli de soi peuvent aussi être le résultat d’une éducation et d’une socialisation particulièrement normative et sexiste selon laquelle votre identité féminine vous rendrait moins importante que les garçons et vous destinerait à vous dédier aux autres.

Même si cet exemple particulier peut sembler extrême, il faut garder à l’esprit que la socialisation différenciée selon le sexe a un impact réel sur la représentation de soi. L’oubli de soi se fonde donc sur des lacunes que l’on peut situer au niveau de l’estime de soi, qui renvoie aussi bien à l’amour de soi sur lequel elle prend appui qu’à la confiance en soi qu’elle soutient.

Vous pouvez en effet souffrir d’un manque d’estime de vous-même parce que vous manquez d’un socle de sécurité affective (amour de soi), ou encore ne pas vous considérer comme suffisamment valable et légitime pour vous autoriser à vous exprimer et donc à exister auprès des autres (confiance en soi).

Pour contrer les logiques inconscientes qui conduisent à subir une charge émotionnelle, il est donc nécessaire de prendre conscience de tout ce qui vous conduit à faire abstraction de vos propres besoins en identifiant vos conditionnements affectifs et socio-culturels. L’aide d’un professionnel peut vous être utile ici pour prendre du recul sur votre histoire et vous aider à analyser les causes des fragilités intimes qui vous conduisent à l’oubli de soi. 

Revisiter ses croyances

Une fois que vous aurez déterminé ce qui a contribué à vous construire selon le modèle du don de soi illimité et inconditionnel qui confine parfois au sacrifice de soi, vous serez en mesure de remettre en question les croyances sur vous-même et sur les autres qui ont émergé de ces expériences déterminantes.

Ce sont elles qui vous conduisent aujourd’hui à souffrir de la charge émotionnelle importante que vous avez.

Pour réaliser cette remise en question personnelle et idéologique, n’hésitez pas à vous entourer de personnes qui partagent votre expérience et sont dans la même dynamique de travail sur soi : la mise en perspective de vos histoires respectives, va créer un effet miroir qui vous permettra d’observer vos conceptions communes avec un œil critique que vous auriez difficilement seul.e face à vous-même. Par exemple, l’idée qu’il est de votre devoir de prendre sur vous pour faire plaisir aux autres vous apparaîtra dans toute son absurdité parce qu’elle provient de votre interlocuteur.rice qui partage votre mode de fonctionnement.

Dans la mesure où vous êtes guidé.e par une bienveillance pour autrui qui est au fondement de votre fonctionnement affectif, le regard que vous portez sur l’autre sera teinté du respect, de la considération et de la compréhension que vous vous devez à vous-même.

Vous pourrez alors observer que vous vous infligez un traitement que vous trouvez objectivement injuste pour autrui. Concrètement, cette remise en question critique doit vous permettre de voir que supporter seule à la charge émotionnelle, renvoie à la double croyance selon laquelle vous êtes moins légitime que les autres et que par conséquent vous méritez moins de soutien, d’attention, d’affection…, mais aussi qu’il est de votre devoir de prendre soin d’autrui et de veiller à son bien être en toutes circonstances. Ce sont précisément ces croyances que vous devez déconstruire consciemment, et que vous pourrez progressivement rendre inopérantes par la pratique de l’affirmation de soi.

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Pratiquer l’affirmation de soi

Pour vous libérer de la charge émotionnelle, le fait de vous affirmer en contexte social et relationnel va avoir des effets extrêmement positifs à différents niveaux.

Il n’est pas toujours évident de pratiquer l’affirmation de soi lorsque cela ne vous est a priori pas naturel et que cela ne renvoie pas à une expression spontanée de qui vous êtes. C’est pour cette raison qu’il est important d’être dans un premier temps conscient.e de vos fragilités spécifiques et du caractère limitant et inadapté des croyances que vous entretenez sur vous-même, en particulier sur la place qui est la vôtre et sur votre rôle vis-à-vis d’autrui.

Ainsi, en étant convaincue de la nécessité de faire évoluer votre mode de fonctionnement pour une vie émotionnelle plus fluide, vous aurez l’élan nécessaire pour agir en cohérence avec vos objectifs. En effet, l’affirmation de soi vous permettra d’agir de manière indirecte sur votre estime de vous-même : chaque petite réussite augmentera votre confiance en vous et nourrira dans un même mouvement votre opinion positive de vous-même.

Elle vous permettra également de vous émanciper d’un rôle social dont vous pouvez sentir qu’il vous enferme, par exemple une certaine idée de la féminité comme dévouement pour autrui et effacement de soi. Le fait d’exprimer petit à petit et avec de plus en plus d’assurance votre volonté, vos opinions et vos besoins vous permettra de faire évoluer le regard que les autres posent sur vous, mais aussi vous sentir de nouveau exister de manière pleine et entière.

En effet, la pratique de l’affirmation de soi est en tant que telle un cercle vertueux : plus vous parvenez à exprimer et à manifester ce qui est juste pour vous et ce avec quoi vous êtes en phase, plus vous participez à développer et à épanouir votre personnalité dans toute sa complexité, restée trop longtemps étouffée par des croyances restrictives nées d’un conditionnement personnel et social particulièrement efficace.

En vous émancipant du poids de la charge émotionnelle, vous vous autorisez simplement à exister dans le respect de votre intégrité, libéré.e de la contrainte de rôles sociaux trop normatifs et de devoirs moraux qui écrasent les identités individuelles.