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Burn out maternel : 9 signes à reconnaître avant de craquer

Publié le 27/10/21 12:00

Si le burn out est le plus souvent assimilé à la sphère professionnelle, la réalité d’un état d’épuisement généré par un « hyperstress » peut aussi concerner la vie privée et en particulier la vie familiale dans laquelle la mère est un membre particulièrement impliqué. Cet état peut conduire à une forme spécifique du burn out : Le burn out maternel. Comment se caractérise-t-il et quels sont les signes permettant de l'identifier avant qu'il ne soit trop tard ? 

La vie familiale est le lieu de pressions intenses, en particulier pour les mères. On pourrait parler de burn-out parental si les femmes n’étaient pas aujourd’hui encore les principales victimes de ce type d’accident psychique. En effet, même lorsqu’elles mènent une activité professionnelle en parallèle, elles continuent à assumer majoritairement les soins dispensés aux enfants et une part importante des tâches liées à l’activité domestique. Au-delà de cet investissement concret, observable et mesurable, elles portent également le poids psychique d’une responsabilité générale concernant le bon fonctionnement de sa famille. C’est sur la base du stress généré par un tel contexte que risque de se développer un burn out maternel

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Sommaire de l'article :

  1. Burn out maternel : définition et causes
    1. Qu'est-ce que le burn out maternel ?
    2. Quelles sont les causes du burn out maternel ?
  2. Les signes avant-coureurs de l'épuisement maternel

 

Burn out maternel : Définition et causes

qU'est-ce que le burn out maternel ? 

Le burn-out correspond à un état d’épuisement physique et moral qui est la conséquence d’une exposition prolongée à diverses sources de stress. Le stress chronique, quant à lui, se développe sur la base de ce qu’on pourrait définir comme des micro-agressions quotidiennes. Il est dangereux pour la santé et constitue le terrain du burn out maternel.

Indépendamment de la qualité des relations que vous entretenez avec vos enfants, vous êtes en tant que maman, régulièrement exposée au stress et à l’anxiété qu’il s’agisse d’inquiétudes que vous pouvez entretenir relativement au bien-être de vos enfants, ou des multiples stimulations et sollicitations auxquelles vous devez répondre et face auxquelles vous pouvez difficilement vous dérober, sous peine de porter le poids d’une culpabilité d’autant plus destructrice qu’elle est liée à votre engagement de mère.

En effet, la responsabilité qu’implique la parentalité associée aux exigences importantes que la société fait peser sur les parents et sur les mères en particulier concernant leur rôle éducatif, sont des facteurs de stress majeurs. Ils peuvent devenir des sources de stress effectives aux conséquences plus ou moins graves en fonction des circonstances matérielles ou concrètes et de votre sensibilité personnelle et psychique à un moment donné. 

Quelles sont les causes du burn out maternel ?

Une pression sociale intériorisée

Nos sociétés occidentales contemporaines valorisent fortement la maternité en tant qu’investissement existentiel pour une femme. Le modèle de la femme qui travaille et s’investit à tout prix dans son activité professionnelle a perdu de son éclat dans l’imaginaire collectif.

A une époque où les repères sont brouillés et où des idéologies très diverses se confrontent, la conjoncture socio-économique globalement difficile participe à une revalorisation de la maternité comme un espace où les femmes sont supposées pouvoir s’accomplir pleinement. En effet, de nouvelles valeurs sont véhiculées par la tendance à la parentalité positive et de manière générale, par le haut niveau d’exigence sociale associé à l’activité éducative. 

En somme, les parents sont aujourd’hui plus qu’hier confrontés à cette injonction d’être des éducateurs de qualité, reconnus comme responsables du bien-être psychique de leurs enfants en plus de pouvoir leur apporter un confort matériel et de gérer leur bon développement physique et émotionnel.

Le rôle de parent a évolué, et l'on est loin des modèles éducatifs préexistants fondés principalement sur l’exercice d’une autorité parentale plus ou moins arbitraire, avec l’idée que l’enfant doit avant tout être formé, et donc se conformer.

Il est difficile de porter un jugement sur des modèles qui en tant que tels sont nécessairement normatifs, donc plus ou moins déconnectés de l’instinct et de l’adaptabilité idéalement nécessaires à l’activité éducative. On peut cependant affirmer que les modèles éducatifs actuels, sont particulièrement exigeants pour les parents, tant au niveau de la plus grande responsabilité qu’ils font peser sur eux que du point de vue de l’investissement personnel, psychique et émotionnel majeur, quantitatif et qualitatif, que représente l’action éducative dans un tel contexte.

Ainsi, un plus haut niveau d’exigences intériorisées laisse davantage de place au doute et à la remise en question des compétences propres qui peuvent conduire au burn out maternel. Il favorise également de récurrentes mises en échec, évalué comme tel selon les critères de ces modèles. Une plus grande complexité associée à la fonction éducative conduit donc nécessairement à davantage de contraintes internalisées et d’attentes sociales à satisfaire, renvoyant nécessairement à des sources de stress plus nombreuses pour les parents, et en particulier pour les mères au regard de leur place culturellement centrale dans la sphère familiale.

Le rôle maternel traditionnel a également évolué, et la fonction « cadrante » n’est plus exclusivement portée par les pères : on observe donc également un élargissement du champ de compétences éducatives attendu pour les mères, qui conduit à de nouveaux impératifs et vient complexifier encore la pratique éducative.

Si la mère parfaite n’existe pas, elle reste plus que jamais un idéal à atteindre pour de nombreuses femmes qui se donnent jusqu’au bout d’elle-même dans l’éducation de leurs enfants et parfois, au-delà de leurs limites. C’est dans un tel contexte que l’on peut en arriver au burn-out maternel

Devenir mère : une transition de rôle

Le passage du statut de femme à celui de mère, autrement dit l’accession à la parentalité, constitue un véritable chamboulement personnel dont on sous-estime les effets et les éventuelles conséquences.

D’abord, la maternité entraîne des responsabilités envers l'enfant. Le poids de cette responsabilité est énorme : le nouveau-né vous renvoie immédiatement à sa vulnérabilité et à sa dépendance, mais surtout à votre propre rôle de mère qui est justement de combler tous ses besoins. 

Cette première étape est extrêmement forte et structurante pour une jeune mère qui prend conscience des implications réelles et des enjeux concrets de la maternité.

Si l’enfant en grandissant gagne en autonomie, la mère quant à elle, s’est définitivement ajustée à son rôle symbolique. Ce lien fondé sur la dépendance du nouveau-né construit la mère dans sa responsabilité parentale : découvrir dans sa chair qu'elle est fondamentalement nécessaire à son enfant dans ses premières années et qu'elle restera un appui pour lui, tout au long de sa vie.

Cela peut vous placer, en tant que mère, dans une posture d’hypervigilance voire d’inquiétude permanente. Cet état de surinvestissement psychique vis-à-vis de vos enfants est un terrain privilégié pour le burn out ou la dépression post partum par exemple, dans la mesure où vous êtes rendue hypersensible à tout ce qui les concerne.

Certaines mères auront tendance à éprouver de l’anxiété relativement à des événements qu’on trouvera objectivement anodins, ce qui évidemment multiplie les sources de stress et expose au stress chronique, prédicteur d’un possible dérapage vers le burn out maternel.

Par ailleurs, la maternité renvoie également à un changement de rôle social, qui exige de s’adapter aux attentes sociales propres au nouveau statut de mère. Cette forme d’assujettissement forcé au rôle de mère (à la maternité, à la crèche, à l’école) peut être violente pour certaines femmes, qui se sentent invisibilisées dans leur identité par un modèle social auquel elles sont incitées à se conformer par de multiples injonctions au quotidien.

Ces attentes sociales qui se maintiennent tout au long du parcours éducatif de votre enfant peuvent être une autre source de stress, comme conséquence indirecte de la maternité. Accepter d’être exposée à un regard social à la vision normative et s’adapter en permanence pour ne pas être victime de jugements extérieurs peut être extrêmement lourd pour certaines mères et les fragiliser psychiquement en accentuant le stress et l’anxiété au point de tomber dans la dépression.

Les signes avant-coureurs de l'épuisement maternel

Le burn-out associé à l’activité parentale ou professionnelle, est aussi défini comme un syndrome d’épuisement psychique et physique. Il apparaît rarement de manière brutale ou comme un mal foudroyant.

C’est un état qui se met en place de manière progressive et dont on peut repérer un certain nombre de signes avant-coureurs. Ceux-ci doivent pouvoir vous alarmer sur la nécessité de prendre du recul et de prendre soin de vous avant de dépasser vos limites et de vous trouver à court de ressources.

Les indicateurs classiques du burn out maternel

Les différents signes du burn out maternel apparaissent progressivement avant de devenir récurrents. Ils finissent par se maintenir dans le temps en se manifestant de manière quasi permanente.

Le burn out maternel implique :

  • Une instabilité émotionnelle qui peut s’exprimer par des peurs diffuses et indéfinies, et des moments d’anxiété inexplicables.
  • Une variation d'humeur avec une éventuelle perte d’entrain.
  • Une tendance à l'hypersensibilité et à l’irritabilité, avec le sentiment d’une tension nerveuse de plus en plus présente.
  • Des troubles du sommeil, en association avec une fatigue de plus en plus présente qui peut devenir chronique.
  • Des éventuelles douleurs et tensions musculaires qui peuvent apparaître de manière récurrente.

Sur le plan cognitif, il est possible que vos capacités globales de traitement de l’information commencent à être impactées, à travers notamment une concentration qui diminue, une tendance à l’indécision, des troubles de la mémoire etc.

Les changements d’habitudes

Les prémisses du burn out maternel peuvent être identifiées à travers la remise en question de vos routines familiales et de vos activités habituelles : vous ne vous sentez plus l’énergie et le courage de réaliser tout ce qui jusqu’à présent structurait votre vie de famille et vos relations avec vos enfants. Vous pouvez observer que vous ajustez votre rythme et vos activités à vos nouvelles limites physiques et psychologiques.

Le temps d’un surinvestissement à tout prix est révolu, vous avez avant tout besoin de vous préserver et sentez que vous n’avez simplement plus les ressources pour faire davantage que ce que vous considérez être le minimum nécessaire.

Les activités de loisirs qui autrefois vous semblaient constituer une vraie richesse en termes de partage et du point de vue éducatif vous apparaissent désormais comme des contraintes auxquelles vous avez envie de vous soustraire et que vous renoncez de plus en plus fréquemment à mettre en place.

De la même manière, vous avez tendance à simplifier au maximum le quotidien, de manière à pouvoir tenir le rythme.

Il arrive que dans des moments de grande fatigue ou de difficultés ponctuelles les mères traversent des phases considérées comme du relâchement, concernant aussi bien l’organisation quotidienne que la dimension plus strictement éducative de la vie familiale. Là où ces changements d’habitude peuvent être le signe d’un burn out maternel imminent, c’est lorsqu’ils sont sources de culpabilité pour vous : vous n’êtes pas en phase avec vous-même et avez l’impression de vous trahir, tout en sentant que vous avez pourtant atteint vos limites et que vous ne pouvez donner davantage. 

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La fragilisation de la maîtrise de soi

Le burn-out maternel se manifeste souvent par des comportements qui témoignent d’un épuisement des ressources nécessaires à des relations sereines, ou pour le moins constructives, avec vos enfants en situation de conflit, de tension ou de confrontation.

Ainsi, beaucoup de mères se sentent coupables d’avoir été traversées par des pulsions violentes vis-à-vis de leurs enfants, pulsions qui témoignent d’une incapacité à prendre le recul nécessaire à l’élaboration d’attitudes et de réactions à visée éducatives et pédagogiques. Les inévitables tensions du quotidien ne peuvent plus être gérées émotionnellement à cause d’un état général d’épuisement. Vous êtes envahie par ce que vous vivez comme une agression et c’est la colère qui va alors prendre le dessus comme une réaction défensive.

Vous risquez dans un tel contexte de vous voir agir de manière contraire à vos principes, à travers des mots et/ou des gestes qui traduisent la violence de votre propre ressenti, ce qui peut conduire par la suite, à nouveau à développer une culpabilité. Il vous faut être vigilante et repérer les premiers signes de ce manque de maîtrise de vous-même afin de ne surtout pas laisser la situation s’installer.

Un sentiment de distance

Enfin, sur le plan relationnel et comportemental, le burn out maternel se manifestera fréquemment par une tendance au repli sur soi et une diminution de l’empathie.

Si celle-ci peut comme on l’a noté être associée à des manifestations de colère, conséquences d’une résistance psychique fragilisée et d’une tolérance réduite à la frustration ressentie au quotidien, ce besoin de se recentrer sur soi-même aura également tendance à s’exprimer par une mise à distance plus ou moins importante de vos ressentis, en vue de vous protéger d’autres agressions.

Ainsi, il n’est pas rare de voir se creuser un fossé entre vous et les membres de votre famille, y compris vos enfants. Vous vous sentez moins impliquée ou plus détachée émotionnellement, à cause d’une mise à distance inconsciente des causes de votre souffrance, à savoir la vie domestique et familiale.

Il s’agit d’une stratégie de survie psychique vous permettant de continuer à fonctionner sans vous effondrer complètement. Cette sensation de distance vis-à-vis de vos proches et de votre activité quotidienne doit être prise très au sérieux et vous conduire à prendre des dispositions concrètes pour éviter une aggravation de votre état. 

De manière générale, ces différents indicateurs sont autant de signaux d’alerte qui doivent vous conduire à une prise de conscience de votre état d’épuisement avancé. C’est cette prise de conscience qui vous permettra d’échapper au burn-out maternel, notamment en vous faisant accompagner de manière transitoire, et notamment dans l’optique éventuelle de retravailler votre positionnement en tant que parent et votre (sur)investissement du rôle de mère. Un tel accompagnement devrait également vous fournir des outils de gestion du stress, en appui sur votre manière particulière de fonctionner et de vivre les aléas du quotidien.