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6 Signes que vous souffrez du Syndrome de l'Imposteur

Publié le 18/11/21 17:00

Vous avez peut-être déjà entendu parler du syndrome de l’imposteur et vous êtes demandé dans quelle mesure vous étiez concerné.e. Si vous souffrez d’un manque d’estime de vous et que vous avez du mal à vous sentir légitime et satisfait de vous-même, que ce soit en contexte professionnel ou dans vos investissements personnels, voici les 6 signes qui vous permettront d'identifier si vous souffrez ou non du syndrome de l'imposteur. 

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Sommaire de l'article : 

  1. Qu'est-ce que le syndrome de l'imposteur ? 
    1. Pourquoi avez-vous le syndrome de l'imposteur ?
    2. Les déterminants bio-psycho-sociaux du syndrome
  2. Savoir si on a le syndrome de l'imposteur : les 6 signes
    1. Les biais d’attribution
    2. La minimisation des accomplissements
    3. Un haut niveau d’exigence 
    4. La surcompensation
    5. L’évitement du regard des autres
    6. Des doutes omniprésents

Qu'est-ce que le syndrome de l'imposteur ? 

Le syndrome de l’imposteur renvoie au fait de se sentir illégitime relativement à ses succès personnels, considérés comme immérités. Un manque d’estime de soi important est à l’origine de ce syndrome qui implique la mise en œuvre de comportements spécifiques, et dont le développement s’explique par la rencontre de plusieurs facteurs déterminants. 

Pourquoi avez-vous le syndrome de l'imposteur ? 

Le syndrome de l’imposteur ne constitue pas une véritable pathologie ou un trouble psychique, mais plutôt une posture psychologique qui peut se révéler être plus ou moins handicapante au quotidien et qui touche à la confiance en soi.

Le syndrome de l'imposteur concernerait 70% des personnes à un moment de leur vie, selon toute probabilité au cours de périodes personnellement critiques qui tendent à réactiver les failles au niveau de l’estime de soi. Le syndrome de l’imposteur se manifeste principalement par le sentiment profond de ne pas mériter sa place et de tromper les autres en l’occupant.

Précisément, lorsque vous souffrez de ce syndrome, l’estime d’autrui vous semble déplacée et vous plonge dans la gêne : vous avez la conviction que vos réussites sont dues à des conditions et circonstances externes et que vous avez eu de la chance. Vous considérerez par exemple, une bonne évaluation professionnelle comme la manifestation de l’indulgence ou de l’aveuglement de votre responsable, mais jamais comme une gratification méritée ou comme la preuve de vos propres qualités.

Ainsi, vous allez craindre d’être démasqué en tant qu’usurpateur d’une position réelle ou symbolique valorisante, que vous ne méritez pas et pour laquelle vous avez la certitude de ne pas être à la hauteur.

Dans cette perspective, chaque succès est considéré comme étant le fruit du hasard ou d’un contexte favorable et vous vous sentez systématiquement incapable de réussir ce que vous pourriez entreprendre, et ce même si vous avez de nombreuses preuves objectives de vos compétences et aptitudes. Le syndrome de l’imposteur va donc provoquer, des comportements qui auront un effet plus ou moins limitant concernant votre potentiel et les opportunités qui s’offrent à vous.

Vous pouvez en effet vous trouver inhibé.e dans différentes situations qui exigent de se positionner fermement ou de se « vendre » comme par exemple, face à des offres d’emploi qui vont vous paraître tellement à hors de votre portée, que vous ne ferez pas la démarche de postuler, même si vous correspondez au profil recherché.

Vous pouvez dans le même ordre d’idée, être tellement peu sûr.e de vous, que vous en venez à vous auto-saboter, en vous dévalorisant ouvertement aux moments clés où vous devriez faire preuve de confiance en soi et d’assertivité.

Ces comportements s’expliquent par la peur de décevoir et d’être mis.e en échec, mais aussi par le sentiment d’être face à quelque chose d’insurmontable pour vous, qui dépasse largement vos compétences : vous êtes envahi.e par le sentiment de votre incapacité, au point de passer à côté de belles perspectives et de projets intéressants à force d’auto-dénigrement ou bien simplement, à l’extrême, par le fait de refuser de vous y investir.

Lire aussi l'article : 4 routines indispensables pour une bonne confiance en soi 

Le syndrome de l’imposteur peut aussi se manifester par un comportement de surcompensation, par lequel vous vous investissez au-delà de vos propres limites, la plupart du temps inutilement, pour être certain.e de remplir vos objectifs et de répondre positivement aux attentes.

Ainsi, le risque de burn-out est réel pour les personnes souffrant de ce syndrome : le surinvestissement professionnel peut devenir la règle pour compenser un manque permanent d’estime de soi et finalement, performer au-delà de ce qui est attendu par peur de ne jamais en faire assez.

Le syndrome de l’imposteur est en effet le plus souvent lié à un haut niveau d’exigence pour ce qui concerne vos propres réalisations : selon votre vision des choses, le fruit de votre travail n’est jamais suffisamment bon : l’excellence est votre critère d’auto-évaluation. 

Les déterminants bio-psycho-sociaux du syndrome

Comme tous les phénomènes psychiques pathologiques ou non, le syndrome de l’imposteur peut s’expliquer selon le modèle bio-psycho-social qui prend en compte la rencontre des facteurs génétiques, psychologiques et sociaux ou environnementaux dans l’apparition d’un mode de fonctionnement particulier.

La dimension génétique est pour ce cas particulier, assez peu impliquée, sinon en considérant que les failles narcissiques liées à une faible estime de soi peuvent apparaître ou être aggravées par une grande sensibilité émotionnelle, qui renvoie à une forme de vulnérabilité face aux inévitables perturbations affectives auxquelles chacun.e peut être confronté, notamment dans l’enfance, et qui viennent fragiliser notre image de nous-même.

L’anxiété en tant qu’expression d’un terrain génétique, peut également être considérée comme un facteur dans le développement du syndrome de l’imposteur.

Les croyances limitantes intégrées durant l'enfance renvoient, quant à elles, à l’impact des déterminants psychologiques.

Les personnes porteuses du syndrome de l'imposteur ont très souvent connu des expériences dans l’environnement familial ou scolaire qui les ont poussées à se percevoir comme inaptes, incapables, et/ou insuffisamment compétentes. Ces expériences ont été fortement investies par la personne, souvent à travers la honte et la haine de soi, pour être conservées et utilisées en tant que repères pour la définition de soi.

Le sentiment d’une inaptitude fondamentale a ainsi été intériorisé pour constituer un véritable complexe psychique qui vient s’exprimer à travers le syndrome de l’imposteur.

Enfin, la dimension sociale renvoie au poids des normes dans l'environnement : c’est ce point en particulier qui permet d’expliquer que le syndrome de l’imposteur s’exprime plus couramment chez les femmes, qui en tant qu’adultes sont susceptibles d’être confrontées à davantage de situations inconfortables ou déstabilisantes du point de vue de l’estime de soi.

Cette réalité, liée à tout un système de représentations sociales qui valorise davantage le masculin que le féminin, peut contribuer à produire ou à renforcer un sentiment d’illégitimité en particulier en milieu professionnel, pour une femme et dans un contexte majoritairement masculin. 

Savoir si on a le syndrome de l'imposteur : les 6 signes

Les biais d’attribution

On sait que les personnes ayant une bonne confiance en elles en appui sur une estime de soi solide, auront tendance à attribuer leurs échecs ou leurs difficultés à des causes externes, comme par exemple des mesures de performances injustes ou inadaptées dans le cas d’une situation d’évaluation.

Les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes et par conséquent manquant de confiance, vont quant à elles, s’auto-attribuer le problème, en assumant la responsabilité pleine et entière de mauvais résultats alors même que les caractéristiques de l’environnement ou les circonstances peuvent avoir eu un impact réel sur leurs performances.

Selon cette logique, l’estime de soi constitue un biais pour l’analyse de la nature interne ou externe des causes des réussites et des échecs. Ce sont ces « biais d’attribution » qui expliquent que les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur aient globalement tendance à penser que toutes les difficultés rencontrées sont dues à leur incompétence supposée, alors qu’à l’inverse qu’elles attribuent leurs propres réussites à des déterminants toujours extérieurs à elles.  

La minimisation des accomplissements

Si vous souffrez du syndrome de l’imposteur, vous aurez tendance à minimiser explicitement aussi bien votre investissement que la qualité de votre travail ou de vos réalisations. Ainsi, vous êtes surpris.e et gêné.e par les compliments et les félicitations que ceux-ci suscitent.

De votre point de vue, vos efforts et vos accomplissements objectifs ne méritent pas les éloges que l’on vous fait. Vous dévalorisez systématiquement, plus ou moins ouvertement, le fruit de votre engagement personnel ou professionnel : vous ne comprenez pas pourquoi les autres sont satisfaits de vos résultats et êtes persuadé.e qu’ils n’ont pas une vision juste.

Vous êtes focalisé.e sur les défauts, les lacunes ou les failles supposées de ce que vous avez réalisé. C’est pour cette raison que vous craignez toujours que les personnes concernées se rendent compte de leur erreur d’évaluation, mettent au jour vos défaillances et celles de votre travail, et vous en demandant des comptes. 

Un haut niveau d’exigence 

Votre perfectionnisme renvoie à votre sous-évaluation systématique de la qualité de votre travail.

Votre grande exigence peut aller jusqu’à des idéaux de perfection absolue. Elle vous pousse à attendre beaucoup de vous-même et de vos réalisations, et simultanément constitue une grille de lecture et d’analyse par rapport à laquelle votre production effective ne sera jamais à la hauteur.

Il est cependant important de souligner que ces attentes démesurées ne concernent que vous, votre engagement et la qualité de ce que vous réalisez : vous avez au contraire tendance à être particulièrement indulgent.e avec les autres, allant jusqu’à mettre leurs mauvais résultats et objectifs, sur le compte de facteurs extérieurs.

Vous vous sentez globalement inférieur.e à ceux qui vous entourent et pensez qu’ils ont davantage de compétences que vous. Vous évaluez les autres selon des critères inverses à ceux que vous appliquez pour vous-mêmes. Les biais d’attribution jouent ici encore, puisque vous expliquez l’échec des autres par des causes extérieures tandis que vous attribuez leurs réussites aux qualités qui sont les leurs et par lesquelles vous considérez qu’ils vous surpassent. 

La surcompensation

Le syndrome de l'imposteur vous conduit à vous surinvestir dans vos projets, pour assurer ce que vous évaluez comme un résultat minimal et qui le plus souvent, constitue plus objectivement un travail de haut niveau, en lien avec le niveau d’exigence qui est le vôtre.

Vous dépensez une somme d'énergie beaucoup plus importante que la majorité des gens pour une tâche donnée, ce qui peut vous occasionner un stress non négligeable.

Cette démarche s’explique de deux manières. D’une part, vous avez besoin de vous investir énormément pour compenser le manque de compétences que vous pensez être le vôtre, de manière à apaiser votre anxiété liée à un éventuel échec ou à un résultat médiocre. D’autre part, cette stratégie inconsciente vous permet d’attribuer vos bons résultats à vos efforts et à votre surengagement plutôt qu’à vos aptitudes et qualités, ce qui alimente le schéma dysfonctionnel qui est le vôtre et vous permet de continuer à croire à votre incompétence. 

L’évitement du regard des autres

Le syndrome de l’imposteur est associé à une tendance à fuir ou à éviter les situations où vous pourriez être au centre de l’attention, par crainte d’être mis en difficulté et que votre imposture soit dévoilée. Vous vous sentez illégitime au point de ne pas vouloir vous confronter au regard d’autrui que vous percevez comme une menace pour votre intégrité, avec la peur que l’on vous perçoive tel.le que vous pensez être : incompétent et inapte.

Cette incompétence et cette inaptitude peuvent selon les cas être restreintes à un domaine particulier, par exemple, à la sphère professionnelle et à votre domaine d’exercice, ou bien concerner l’image que vous avez de vous-même dans sa totalité et avoir l’impression que vous n’êtes de manière générale capable de rien de bon, malgré l’image positive que les autres ont de vous et de votre personnalité.

Dans ce cas de figure, vous pouvez souffrir d’une anxiété sociale importante liée au fait de redouter que les autres vous voient finalement comme la personne non valable que vous vous sentez être, autrement dit non « valide » selon les critères et les idéaux que vous vous fixez pour vous-même.

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Des doutes omniprésents

Le fait de souffrir d’un syndrome de l’imposteur vous conduit à développer des pensées dysfonctionnelles récurrentes, qui échappent à toute contradiction et fonctionnent en circuit fermé.

Ces ruminations peuvent concerner la place que vous avez acquise au niveau professionnel ou bien plus généralement l’estime que vous portent les autres relativement à vos qualités et à vos compétences.

Ainsi, vous tournez et retournez régulièrement dans votre esprit des pensées liées à votre illégitimité supposée, en vous demandant comment vous avez pu obtenir le poste que vous occupez et accéder aux responsabilités qui sont les vôtres, ou bien gagner l’amitié et la reconnaissance des personnes de votre entourage qui, selon vous, sont aveuglées et ne voient pas que vous n’êtes pas ce que vous prétendez être.

C’est véritablement un raisonnement par l’absurde : vous plaisez par vos qualités personnelles tout en étant persuadé.e que celles-ci ne représentent pas qui vous êtes réellement. En somme vous entretenez une croyance toxique et limitante selon laquelle votre véritable nature, qui ne se manifeste jamais puisqu’elle n’existe pas, est en soi décevante. 

Lire aussi l’article : 4 conseils de psy pour retrouver l'amour de soi

Ce syndrome de l’imposteur, même s’il est bien ancré en vous et dans vos modes de fonctionnement, n’est pas une fatalité.

Il s’agit d’un complexe spécifique qui s’appuie sur des failles narcissiques concernant l’estime de soi ou plus profondément l’amour de soi, le plus souvent en lien avec des blessures affectives. Un accompagnement thérapeutique orienté autour de ces problématiques, et particulièrement un suivi en thérapie cognitivo comportementale, vous permettra de modifier petit à petit vos croyances et vos modes de fonctionnement afin de développer une vie personnelle et professionnelle plus apaisée.