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Syndrome de Peter Pan : 7 Signes que vous ne voulez pas grandir

Publié le 17/11/21 12:00

Le syndrome de Peter Pan évoque ce personnage créé par l’écrivain J.M. Barrie et qui fut popularisé par les studios Disney. Peter Pan est un jeune garçon qui vit dans un pays imaginaire et qui refuse de grandir. En cela, il symbolise parfaitement le syndrome psychologique qui a pris son nom. En quoi consiste ce syndrome, et quels sont les signes principaux qui le caractérisent ?

Si vous rencontrez actuellement des difficultés pour prendre vos responsabilités, que vous êtes rapidement submergé.e par vos émotions ou encore, que vous ne parvenez pas à vivre une sexualité épanouissante, alors vous avez peut être besoin d'un suivi psychologique. Pour le savoir, n'hésitez pas à réaliser le test suivant qui vous permettra d'obtenir les premières indications de votre santé mentale. 

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Sommaire de l'article :

  1. Qu'est-ce que le syndrome de Peter Pan ?
    1. La fuite des responsabilités
    2. Le syndrome de Peter Pan : un trouble masculin ? 
    3. Les origines du syndrome de Peter Pan 
  2. Les symptômes du syndrome de Peter Pan
    1. Une irresponsabilité
    2. Des troubles de l’égo
    3. Des difficultés sociales
    4. Des tendances dépressives
    5. Une sexualité difficile
    6. Une mauvaise régulation émotionnelle
    7. L’usage de la pensée magique

Qu'est-ce que le syndrome de Peter Pan ? 

Ce que l’on appelle syndrome de Peter Pan n’est pas considéré comme un véritable trouble psychique, mais plutôt comme un ensemble de symptômes organisés autour d’un rapport difficile à la maturité.

Ces symptômes ont été principalement identifiés par des travaux psychanalytiques et témoignent d’une impossibilité d’assumer les responsabilités associées à l’âge adulte.

Précisément, les personnes qui en souffrent se comportent comme s’ils étaient encore des enfants, et ont un grand besoin affectif et psychique de se maintenir dans une posture de dépendance.

Une fuite des responsabilités

L’immaturité émotionnelle principalement, qui caractérise les adultes souffrant du syndrome de Peter Pan, les conduit à fuir ou à rejeter, plus ou moins consciemment, tous les éléments du réel qui les renvoient à une position d’adulte en maîtrise de son pouvoir d’action et conscient de son impact sur son environnement.

Ainsi, les sphères familiale, professionnelle, sociale et amicale, sont impactées par cette fuite perpétuelle face aux responsabilités et à l’engagement moral et personnel. Ces personnes déçoivent souvent par leur manière de se défiler face aux devoirs qui sont les leurs et de ne jamais assumer leurs propres charges. Ces dernières peuvent être symboliques, relativement à la nécessité d’assumer des postures renvoyant à leur statut social, et qui ont pour but d’affirmer une certaine maîtrise des codes associés à ce statut, d’asseoir une éventuelle autorité, ou de jouer le rôle socialement attendu pour ce statut.

On parle également des charges morales impliquant des obligations concrètes liés aux différents engagements personnels en tant que parent, en tant qu’ami.e, en tant que citoyen.ne et/ou en tant que professionnel.le. 

Le syndrome de Peter Pan : un trouble masculin ? 

Le syndrome de Peter Pan a été originellement décrit en 1983 par le psychanalyste américain Dan Kiley. Dans sa perspective, ce syndrome ne s’appliquerait qu’aux hommes.

Le père serait idéalisé mais toujours perçu comme hors d’atteinte, impossible à satisfaire.

La relation au père serait centrale et renverrait à l’impossibilité de prendre symboliquement sa place en devenant l’adulte véritable que celui-ci représente fantasmatiquement. Les hommes souffrant du syndrome de peter pan seraient également dans une grande culpabilité vis-à-vis de leur mère, puisqu’ils chercheraient à échapper à son influence tout en craignant de perdre son amour. Le syndrome de peter pan prend racine dans l’enfance et Kiley évoque différents stades censés décrire son développement à travers le temps.

Au cours de l’adolescence, on peut noter certains signes renvoyant à une irresponsabilité qui se développe, accompagnée d’angoisses face aux premières obligations. Celles-ci conduisent à un repli sur soi et un conflit vis-à-vis de la sexualité, sous forme de blocage sexuel qui peut émerger, entraînant mal-être et culpabilité.

C’est au début de l’âge adulte que l’on voit apparaître des tendances narcissiques marquées, liées à la rigidification des modes de fonctionnement développés précédemment : le jeune homme se stabilise dans son rapport à lui-même et assume une forme d’égoïsme enfantin et capricieux que l’on pourrait illustrer par l’idée « je veux tout, tout de suite ». Ces traits narcissiques sont complétés par une insatisfaction récurrente.

On peut dans le même temps, repérer les premiers signes d’une véritable inadaptation au monde extérieur, avec l’évitement des premières responsabilités : le jeune homme va faire comme si elles n’existaient pas et tenter de les contourner. C’est à cet âge que se développe les premières tendances misogynes : la femme est dévalorisée, ce qui constitue ici une stratégie pour éviter d’assumer le sentiment d’impuissance ressenti. Le mépris s’installe pour ne pas avoir à se confronter à la souffrance profonde de ne pas se sentir à la hauteur des situations d’interaction et de la relation intime.

De manière plus générale et dans une perspective non sexiste, la personne souffrant du syndrome de Peter Pan va tenter, au cours de l’âge adulte, de donner le change et de passer pour une personne mature, malgré ses difficultés à gérer sa vie, à assumer ses responsabilités et à mener à bien les projets sur lesquels elle peut être engagée et ce, parfois au point de négliger les tâches les plus essentielles.

Le développement psychique de ces personnes va être marqué par le besoin de revenir en enfance à travers divers comportements plus ou moins dysfonctionnels : état de dépendance financière ou matérielle, refus de s’engager, réactions immatures…, qui va venir s’ajouter à une angoisse à l’idée de vieillir.

Ces ambivalences et difficultés intimes peuvent conduire au développement d’un état dépressif dans les cas où la personne se trouve confrontée de manière trop déstabilisante au caractère inadapté de son fonctionnement.

Les origines du syndrome de Peter Pan

Ce refus de grandir et ces tentatives pour faire durer autant que possible un état d’enfance peuvent s’expliquer par des troubles affectifs ayant conduit la personne à se développer de manière chaotique.

Alors que l’adolescence est une phase clé pour le développement psychique car elle permet d’intégrer les transformations corporelles propres à cette période, mais aussi de construire les outils psychiques et identitaires nécessaires au passage à l’âge adulte, il semblerait que les personnes souffrant du syndrome de Peter Pan aient été conduites à faire l’impasse sur ce moment particulier de la vie, impliquant justement un apprentissage de la responsabilité.

Le fait d’avoir eu l’obligation d’assumer un rôle d’adulte au moment de l’enfance ou de l’adolescence, pour compenser l’absence d’un parent ou pallier son irresponsabilité, peut expliquer ce type de schéma développemental.

Le fait d’avoir trop à prendre en charge des affaires d’adulte et de sentir peser sur ses épaules un poids trop lourd peut obliger l’enfant à séparer sa vie émotionnelle de son intellect pour se protéger. Dans ce cas, la construction émotionnelle est stoppée et la structure affective en tant que mode de fonctionnement reste bloquée dans l’enfance au lieu d’avoir l’opportunité d’évoluer jusqu’à la maturité.

Ces troubles développementaux peuvent également s’expliquer par un traumatisme affectif dans l’enfance qui aurait produit les mêmes effets, mais aussi par un contexte familial dans lequel les parents ont joué un rôle surprotecteur, empêchant l’enfant de développer une autonomie affective et une indépendance psychique.

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Les symptômes du syndrome de Peter Pan

Une irresponsabilité

La personne atteinte du syndrome de Peter Pan manifeste une irresponsabilité que l’on peut retrouver dans les différents domaines de sa vie.

Les objectifs à tenir et les choix déterminants, sont de véritables cauchemars pour elle, dans la mesure où l’idée d’être tenue pour responsable d’une action ou d’une décision la terrifie, ce qui la conduit à procrastiner, parfois jusqu’à un point de non-retour, dès lors qu’elle est face à une responsabilité à assumer.

Elle aura tendance à s’organiser soigneusement une vie où elle pourra se réfugier à l’écart de ce type de pression qu’elle est incapable de gérer.

Des troubles de l’égo

Le syndrome de Peter Pan est souvent associé à une préoccupation marquée pour l’apparence physique, dont la personne va prendre grand soin.

Dans certains cas extrêmes, ce trait peut conduire au développement d’une dysmorphophobie, c’est-à-dire une perception inadéquate et troublée de l’image de soi, renvoyant au décalage entre l’apparence réelle et une apparence enfantine fantasmée.

La personne atteinte du syndrome de peter pan aura également une certaine tendance à l’égocentrisme, la conduisant à privilégier le plus souvent son bien-être personnel, éventuellement au détriment d’autrui.

Des traits narcissiques peuvent également se développer, avec la surévaluation des qualités propres et une tendance à l’auto-valorisation.

Des difficultés sociales

A mesure que la personne porteuse du syndrome de Peter pan avance en âge, elle va progressivement développer un inconfort plus ou moins marqué au contact de personnes de son âge.

Elle se sent, en effet, en décalage du point de vue émotionnel entre la maturité des autres et le sentiment conscient de sa propre dépendance. Des manifestations de stress peuvent alors se manifester en situation sociale, qui peuvent conduire à l’isolement pour éviter le mal-être associé à la confrontation aux autres.

Le développement d’un faux-self, c’est-à-dire d’une personnalité artificielle et socialement séduisante destinée à être portée comme un masque à visée protectrice, est également courant. Enfin, on aura également tendance à retrouver une sensibilité à fleur de peau concernant l’image renvoyée aux autres, qui se manifestera par une grande susceptibilité face aux critiques qui viennent directement heurter la représentation de soi et peuvent être vécues comme de véritables blessures narcissiques. 

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Des tendances dépressives

Ses difficultés relationnelles et le sentiment de ses propres incapacités, peuvent avoir tendance à faire souffrir la personne qui entretient une relation ambivalente avec son image, parfois au point de glisser dans dans la dépression.

On parle plus particulièrement ici des cas où la personne ne se serait pas radicalement protégée par la mise en place d’une image de soi grandiose par le biais d’un narcissisme de surface.

A ces éléments, vient s’ajouter une nostalgie parfois envahissante, liée à l’état d’enfance, qui peut également être émotionnellement déstabilisante et conduire à la mélancolie. La personne souffrant d’un syndrome de Peter Pan idéalise l’enfance en général, et ressent un fort appel relativement à cette phase d’innocence et d’insouciance.

Cet appel intime la conduit souvent à s’enfermer dans un monde imaginaire qui lui donne l’illusion de la revivre.

Une sexualité difficile

La construction émotionnelle étant restée immature, la personne a tendance à percevoir la sexualité comme un acte avilissant, sale et non naturel.

L’asexualité, soit le fait de se développer personnellement en dehors d’une sexualité génitale classique, est donc relativement courante à l’âge adulte chez les personnes atteintes du syndrome de Peter Pan.

A l’inverse et en lien avec un besoin massif de prouver sa maturité et sa toute-puissance, certains vont développer une sexualité débridée, mais non intégrée au niveau psychique, qui ne sera donc pas vécue sur le registre d’une intimité émotionnellement investie.

Le fait d’utiliser les autres comme des faire-valoir narcissiques ou des trophées, est fréquent dans ce type de fonctionnement et rejoint la tendance misogyne déjà évoquée dans le cas des hommes.

Les femmes pourraient avoir moins tendance à recourir à ce type de comportements sexuels, étant moins conditionnées socialement à la prédation et moins attendues du côté de la performance sexuelle.

Une mauvaise régulation émotionnelle

Dans le cadre d’un syndrome de Peter Pan, les émotions sont souvent extrêmes, en lien avec l’immaturité affective. La tristesse en particulier, est mal accueillie et n’est pas assumée, car difficile à gérer du point de vue de son expression sociale. En effet, les personnes souffrant du syndrome de Peter Pan tendent à vouloir donner une image d’eux-mêmes renvoyant à la solidité et à la maîtrise, sans pour autant avoir les moyens d’intégrer harmonieusement leurs émotions.

L’expression émotionnelle passe donc souvent par la rétention et lorsque le barrage cède, les émotions déferlent de manière violente et désordonnée, avec parfois des manifestations hors contexte ou inadéquates par rapport à la situation.

A force d’être dénaturées par des efforts de contrôle intensif et par les filtres qui leurs sont appliquées pour qu’elles soient socialement acceptables selon son point de vue, il arrive que les personnes perdent entièrement le contact avec leurs émotions, au point de ne plus savoir les distinguer et de ne plus pouvoir définir leurs états intérieurs.

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L’usage de la pensée magique

Les personnes souffrant du syndrome de Peter Pan auront souvent recours à des pensées magiques, c’est-à-dire des pensées auxquelles on donne le pouvoir de faire concrètement advenir ce qu’elles évoquent, et qui permettent de s’auto-apaiser sans avoir à se remettre en question ou à initier le changement.

Elles sont caractéristiques de l’enfance et viennent signer une grande immaturité affective. Ces pensées magiques ont pour fonction de protéger la personne de toute autocritique qui serait trop déstabilisante pour son système psychique et émotionnel : elle se persuade que tout va bien grâce à ce tour de passe-passe intellectuel par lequel elle parvient à valider toutes ses prises de position.

Si vous vous êtes reconnu.e ou que vous avez reconnu un.e de vos proches au fil de ces descriptions, vous devez garder en tête qu’il n’y a rien qui ne puisse être déconstruit et reconstruit en termes de fonctionnement psychique, dès lors que l’on a conscience de ses troubles et que l’on entretient une volonté de transformation personnelle.

Si vous sentez que vous avez besoin d’aide pour avancer, n’hésitez pas à vous tourner vers un professionnel de la santé psychique, qui au moyen d'une psychothérapie,  vous guidera dans un travail d’exploration. Hypnose, EMDR, TCC ... de nombreuses approches vous permettront d’identifier les complexes psychiques, qui font problèmes pour vous et de vous aider à les résoudre afin de vous libérer des conditionnements émotionnels qui vous entravent au quotidien.