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6 signes qui prouvent que vous souffrez d'anxiété sociale

Publié le 10/09/21 17:30

Il existe de nombreuses situations qui nécessitent de s'exprimer en public :  en réunion de travail, lors des exposés pendant les études, les rassemblements entre amis ou encore les repas de famille. Si pour certaines personnes ces activités sont facilement réalisables, pour d'autres, elles paraissent insurmontables. Représentant un véritable cauchemar au quotidien, ces personnes finissent par développer des mécanismes d'auto-défense pour s'en protéger et/ou les fuir, tandis qu'elles luttent intérieurement contre une anxiété sociale

L'anxiété sociale c'est un trouble relationnel, qui, selon la Haute autorité de santé, pourrait toucher jusqu'à 4,7% de la population française mais qui peut parfaitement se soigner. Pour ce faire, il est important de pouvoir identifier les signes qui la caractérisent et de comprendre comment elle se manifeste. 

Si vous-même, vous ne vous sentez pas du tout à l'aise en public, que vous rencontrez des difficultés à prendre la parole ou que vous avez peur d'exprimer vos idées par peur d'être jugé.e, n'hésitez pas à réaliser le test sur l'anxiété sociale qui vous permettra d'évaluer si oui on non, vous en souffrez. 

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Sommaire de l'article : 

  1. Anxiété sociale : de quoi on parle ?
    1. Définition de l'anxiété sociale
    2. Les causes de l'anxiété sociale
  2. Les 6 signes de l'anxiété sociale 

 

Anxiété sociale: de quoi on parle?

L’anxiété sociale, c’est le mot scientifique qui exprime la timidité. Être timide à petite dose n’est pas gênant, cela peut être la preuve qu’une situation vous tient à cœur ou qu’une personne vous impressionne. D’ailleurs, qui n’a jamais été timide face à l’élu de son cœur, ou n’a jamais eu le trac avant une rencontre importante ? En revanche, lorsque cette timidité fait souffrir au quotidien, que les émotions sont si fortes qu’elles vous paralysent ou vous font du mal physiquement, c'est différent.

Définition de l'anxiété sociale

L’anxiété sociale se définit par la peur persistante d’une ou de plusieurs situations dans lesquelles vous seriez susceptible d'être observé.e par les autres. Vous avez peur d’être humilié en raison de votre façon d'être ou en raison des symptômes d’anxiété comme le rougissement ou les tremblements.

Lorsque cette timidité vous empêche de réaliser certaines activités, qu’elle vous fait perdre vos moyens avec parfois même des attaques de panique ou des crises d’angoisse, là on parle de timidité maladive avec une anxiété généralisée. Les personnes timides quel que soit leur niveau de timidité, sont des personnes à tendance anxieuse et cette anxiété vous la ressentirez à chaque fois que vous allez être confronté.e à une situation qui demande une interaction sociale ou qui vous soumet au regard l’autre. La timidité est donc une forme d’anxiété sociale.

Quand la timidité devient maladive, l’anxiété est sévère et peut prendre la forme d’un trouble de la personnalité évitante avec parfois des phobies sociales. Sachez-le, on ne naît pas timide. Bien entendu, des chercheurs d’Harvard se sont intéressés à la question et ont découvert que 15 à 20% des enfants naîtraient avec une prédisposition à la timidité. En réalité, ces enfants ont un profil neurochimique particulier ; c'est-à-dire que leur amygdale cérébrale est particulièrement sensible aux situations stressantes. Bien que cette étude très sérieuse apporte une petite innovation à la recherche, la timidité n’est toujours pas un trait de caractère, c’est un mécanisme de défense qui s’est installé dans l’enfance après des expériences difficiles ou bien vous a été transmis au niveau de votre épigénétique. Mais quel qu’en soit l’origine, il s’agit d’un comportement adaptatif de défense et non pas une particularité de votre caractère. Donc vous pouvez faire évoluer ce trait de comportement adaptatif si vous vous rendez compte qu’il n’est pas si utile que cela.

Quand on parle de l'enfance du timide, il n’est pas inattendu de découvrir un style d’attachement insécure qui s’est créé par exemple à cause d’une éducation exigeante ou d’un parent narcissique. Cela peut être aussi à cause de frères et sœurs difficiles, qui prennent beaucoup de places ou encore suite à des humiliations constantes à l’école. Cela peut aussi être la résultante de parents hyper-anxieux ou eux-même sujet à l’anxiété sociale ou méfiants sur tout.

Les causes de l'anxiété sociale 

Il est possible d’identifier certains facteurs favorisant l'anxiété sociale tels que :

  • L’environnement familial
  • L’hérédité
  • L’éducation
  • Des événements marquants

Si, par exemple, vous avez été ridiculisé.e devant un groupe lors d’une présentation orale, il se peut que vous ayez une difficulté à prendre la parole en public par la suite. Si, en plus, vous êtes particulièrement exigeant envers vous-même, vous pourriez avoir peur du jugement des autres et vous freiner d’initier des conversations par crainte de ne pas tenir des propos suffisamment intéressants. Cela peut être aussi le fruit de longues années de petites moqueries qui ont fini par abîmer la confiance en soi.

Enfin, et on en parle pas suffisamment, c’est aussi le cas lorsqu’on a été baigné dans un environnement très critique où tout le monde juge tout le monde. La timidité devient un mécanisme d’adaptation inconscient très utile pour essayer d’être le moins exposé possible. Si vous êtes timide et que cela vous bloque au quotidien, vous avez probablement vécu l’une de ces situations. Et vous pouvez certainement commencer à prendre conscience que votre timidité, même si elle vous gâche la vie au quotidien, votre cerveau l’a mis en place pour tenter de vous protéger. Vous pouvez donc déjà aussi entrevoir que si cette timidité, qui était là pour vous protéger enfant, ne vous est absolument plus utile aujourd’hui et qu’elle est plutôt handicapante, vous allez pouvoir proposer à votre cerveau, d’autres modes pour vous sentir en sécurité tout en étant bien dans votre peau, dans votre tête, et bien avec l’autre.

Les 6 signes de l’anxiété sociale

Un bégaiement

L’anxiété sociale n’est pas une cause du bégaiement. En revanche, la présence du bégaiement peut sans doute être un facteur de développement et de renforcement de l’anxiété et de la phobie sociale. Entendre parler un bègue fait parfois éclater de rire l'entourage. Certains se lancent même dans une vaste campagne de moqueries. Si vous bégayez, ces réactions sociétales induisent chez vous une crainte de prendre la parole au risque d'être exposé aux regards humiliants et embarrassants. Vous n'osez pas souvent demander des explications pour éviter d'être la risée de votre entourage. Au travail, vous êtes discret, vous choisissez, si possible, des tâches qui appartiennent à une zone de confort qui ne nécessite pas ou très peu de parler.

Aux États-Unis, le président Joe Biden a dû lutter lui aussi toute sa vie contre ce trouble de la fluidité de parole et a donné la preuve que cela n’est pas un frein à la réussite, même si celle-ci implique de tenir de nombreux discours devant de larges audiences.

Des rougeurs ou des sueurs froides

Il vous arrive de rougir lors de discussions qui nécessitent un regard franc, durant une conversation ou encore un événement social. Si vous êtes saisi.e d'un rougissement irrépressible, qui vous submerge de honte dès qu'il vous faut vous adresser à des inconnus, vous souffrez très probablement d'éreutophobie, c'est-à-dire la crainte excessive, voire pathologique, de rougir en public.

Il vous arrive aussi parfois de transpirer ou de ressentir des sueurs froides. L’explication est simple : la transpiration est causée par le stress que vous ressentez. La libération des hormones du stress que sont l'adrénaline et la noradrénaline provoque un resserrement des vaisseaux sanguins de la peau en faveur d'un apport de sang vers les muscles. La réduction de l'afflux sanguin vers la peau cause une diminution de la température de la peau, qui est également refroidie par l'évaporation de la sueur.

Des troubles de l’attention

Vous avez des difficultés à vous concentrer, à être attentif et à mener à terme des tâches moindrement complexes. Vous avez du mal à rester en place, à attendre votre tour et vous agissez fréquemment de façon impulsive. Vous pouvez aussi être facilement distrait par ce qui vous entoure. Il vous arrive d’avoir de la difficulté à porter une attention particulière aux détails. Vous faites des erreurs d’étourderie ou vous vous concentrez de manière excessive sans être incapable de recentrer votre attention. Vous perdez souvent des objets importants.

Une inhibition

Il vous arrive de vous retenir lors de certaines réunions ou certaines activités. Vous n'êtes pas vraiment vous-même car vous n’osez pas. L’inhibition est une forme de contrôle qui vous permet de résister aux habitudes ou automatismes, aux tentations, distractions ou interférences.

Des anticipations anxieuses

Vous anticipez tous les événements, vous vous projetez très loin et très négativement. Vous ressentez de la peur et de l’angoisse en pensant aux courses que vous ferez demain, mais aussi à ce voyage qui arrive, ou encore à votre avenir professionnel.

Des comportements d’évitement

L'évitement est un comportement qui consiste à éviter ce qui vous confronterait à vos angoisses. Dans le cas d'une phobie de l'avion, vous ne prendrez plus l’avion. Le comportement d'évitement donne l'impression de se protéger de la peur ou des stimuli anxiogènes. En même temps, il vous empêche d'affronter ces mêmes situations, ainsi il ne résout donc pas le problème. Le fait d'éviter une situation augmente la sensation d'être isolé.e du monde. L’estime de soi en ressort diminuée et la situation évitée conserve plus que jamais son potentiel angoissant et stressant. Et c’est ainsi que, d’évitement en évitement, la timidité, l’anxiété sociale s’installe et se consolide, parfois jusqu’à la timidité maladive.

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Comment vaincre l’anxiété sociale ?

Emil Cioran a dit que "la timidité est la source inépuisable de malheurs dans la vie pratique, mais qu’elle est la cause directe de toute richesse intérieure". Alain Ayache quant à lui, explique que : "Il est essentiel de ne pas confondre la modestie, qui va de soi, et la timidité, qui pèse sur soi".

C’est cette dernière citation qui retient notre attention. La timidité est un poids au quotidien.

Changer de point de vue

Pour vaincre son anxiété sociale, la première chose à faire est de changer de point de vue. Pour cela, il suffit de prendre conscience que votre timidité est un mécanisme de défense. Si vous avez mal au dos, vous savez sûrement pourquoi. Vous savez par exemple que vous avez dormi dans une mauvaise position et que cette position vous cause un mal de dos qui vous empêche de bien marcher. Pour l'anxiété sociale, c’est pareil. Elle est la réaction de votre vécu et elle vous empêche d'être totalement vous-même. Si c’est une réaction ou un mécanisme de défense, vous savez maintenant qu’il est possible de désactiver ce mécanisme avec la bonne clé et le bon accompagnement.

Travailler pas à pas

Pour vaincre sa timidité, c’est un travail pas à pas. Votre anxiété sociale ne disparaîtra pas du jour au lendemain. On peut d’ailleurs reprendre l’échelle de Robert Dilts, grande figure de la programmation neuro-linguistique, qui vous demande de travailler pas à pas : votre environnement, vos capacités, votre comportement, votre identité, vos valeurs et le sens de votre vie.

Il est également question de travailler sa colonne vertébrale de confiance sur ses 4 niveaux :

  • L’amour de soi
  • L’estime de soi
  • La confiance en soi
  • L'affirmation de soi

Et pourquoi pas à pas ? Tout simplement, car votre cerveau a besoin de construire un nouveau comportement adaptatif positif pour vous pour supprimer définitivement ce mécanisme de défense inadapté.

Réapprendre à s’affirmer

Avant d’essayer d’apprivoiser vos émotions, il sera question de réapprendre à s’affirmer en développant ses compétences sociales à travers la colonne vertébrale de confiance. Il sera ensuite possible d’apprivoiser ses émotions en travaillant votre inhibition. Vos émotions sont toutes là mais elles sont actuellement réprimées et c’est grâce à un travail et une prise de conscience que vous pourrez lâcher prise petit à petit. Lorsque vous aurez érigé une bonne confiance en vous, vous n’aurez plus besoin de votre mécanisme de défense pour vous protéger, vous serez votre propre protection. Et vous pourrez être vraiment fier, car ce sera le fruit de votre travail personnel.

Réaliser une thérapie brève

Sachez que les thérapies cognitives et comportementales sont particulièrement efficaces pour combattre l’anxiété sociale. Ces thérapies se situent dans le « ici et maintenant » et elles permettent de viser des objectifs concrets et mesurables que vous décidez dès le départ avec votre psychologue. Ces thérapies ont l’avantage d'être brèves, elles durent de quelques semaines à quelques mois. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre contact avec l’un des psychologues spécialisés de la Clinique E-Santé pour démarrer une thérapie digitale et mettre fin à cette anxiété sociale.