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4 conseils de psy pour retrouver l'amour de soi

Publié le 24/06/21 17:30

L'amour de soi est au fondement de notre rapport à nous-même et détermine profondément nos relations aux autres

Il correspond à notre capacité à nous aimer inconditionnellement et est donc à la base de l'estime de soi, qui soutient la confiance en soi et notre capacité à nous affirmer dans l'interaction et en contexte social. 

L'amour de soi renvoie en effet à cette possibilité de s'auto-apaiser et de prendre soin de soi indépendamment des circonstances. 

En effet, quoiqu'il puisse se passer, si notre amour de nous-même est bien développé, nous serons toujours en mesure de poser des actes visant au respect de soi, et aurons intrinsèquement la capacité de nous positionner et de nous percevoir comme suffisamment « bon » et « valable » pour ne pas nous laisser vivre des situations susceptibles de nuire à notre intégrité et de nous dégrader en tant que personne. 

En ce sens, l'amour de soi est la composante fondamentale d'une personnalité affectivement autonome, c'est-à-dire capable d'agir efficacement en vue de son propre bien-être

Où que nous en soyons sur notre chemin personnel, il n'est jamais trop tard pour développer et renforcer cet amour de soi, pour finalement vivre un rapport à soi-même et aux autres plus équilibré.  

Dans cet article, nous vous proposons des conseils qui sont autant d'étapes pour restaurer un amour de soi fragilisé ou défaillant, en vue de développer une vie affective autonome et épanouissante. 

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Aux origines de l'amour de soi

Au fondement d'un narcissisme sain, l'amour de soi renvoie à la base de sécurité affective nécessaire au développement optimal de notre personnalité, et notamment de l'estime de soi et de la confiance en soi, qui détermineront notre rapport à nous-même et notre fonctionnement vis-à-vis des autres

Très tôt dans notre vie, nous développons des liens affectifs qui vont être déterminants dans notre construction. 

La relation avec nos premiers objets affectifs (les parents en règle générale) va nous permettre – ou non – de nous construire avec le sentiment d'un amour inconditionnel vis-à-vis de nous-même, qui est au fondement de l'autonomie affective

La qualité et la régularité du lien, associées à une adéquation satisfaisante entre les besoins du nouveau-né et les réponses des parents, vont en effet permettre à l'enfant de se développer sur une base de sécurité affective par laquelle il se sent digne d'affection et d'attention, puisqu'il se voit comblé par la relation dans ses besoins affectifs fondamentaux. 

Dans ces premiers moments, les qualités du parent et les nôtres sont inextricablement liées : si le parent est suffisamment « bon » et nourrissant, nous intégrons la notion de notre propre valeur en miroir. 

C'est sur la base de cet équilibre vertueux que va naître progressivement l'amour de soi : nous développons idéalement une forme primaire d'autonomie affective qui consiste en l'intégration profonde du sentiment d'être valable et digne d'amour d'une part, et en l'intériorisation de la capacité de réassurance du parent permettant l'auto-apaisement d'autre part. 

Si les premiers liens sont déterminants, nous allons au cours de l'enfance puis de l'adolescence avoir l'opportunité de (continuer à) développer cet amour de soi, toujours à travers les relations affectives qui ont du sens pour nous. 

Amour de soi et carence affective

En tant qu'adulte, on peut mesurer notre amour de nous-même au regard de notre capacité à nous respecter (entre autres dans nos besoins physiques et psychiques, nos valeurs, notre rythme) et à nous considérer avec bienveillance jusque dans nos erreurs, nos fragilités et nos imperfections. 

Cela ne signifie pas que nous aimons tout en nous, ou que nous ne souhaitons pas évoluer, mais que nous acceptons profondément ce que nous sommes et que nous sommes capables de nous préserver, de prendre soin de nous-même quels que soient les défauts ou les failles que nous nous reconnaissons, et d'évoluer en relative autonomie affective

LA CLINIQUE E-SANTÉ (22)

A l'inverse, lorsque l'on se développe avec un amour de soi faible ou fragile, nous courrons le risque de nous retrouver régulièrement en difficulté du point de vue affectif ; nous aurons en effet souvent besoin d'être rassurés sur notre valeur et sur l'amour d'autrui, pour apaiser la blessure affective due au manque d'amour de soi. 

Nous aurons en effet tendance à ressentir un manque affectif majeur puisque nous n'avons pas connu suffisamment de sécurité et/ou de stabilité affective dans nos liens enfant pour apprendre à fonctionner affectivement par nous-même. 

Nous rechercherons donc à travers les relations ce qui nous manque fondamentalement : l'amour et la réassurance

Souvent, un faible amour de soi se répercute sur les dimensions de l'estime de soi et de la confiance en soi ; ces fragilités rendent le lien social difficile, parfois éprouvant (à travers une tendance à la dépendance affective, notamment) et dans ces conditions le rapport à soi-même tend à être douloureux, avec une image de soi détériorée et des croyances sur soi limitantes, qui viennent elles-même renforcer les schémas relationnels dysfonctionnels. 

Il est aussi possible d'avoir développé sur la base d'un amour de soi faible une estime de soi et une confiance en soi dans la norme, voire bonnes, fondées sur la reconnaissance des réussites et accomplissements personnels par exemple. 

Pourtant, même dans ce cas où notre fonctionnement en contexte social est satisfaisant, le manque d'amour de soi nous expose toujours à des troubles affectifs qui se manifesteront alors davantage en situation d'intimité, lorsqu'un lien plus profond vient nous mobiliser au niveau de nos fragilités narcissiques et de cette carence affective fondamentale. 

En somme, s’il existe beaucoup de particularités individuelles, l'amour de soi permet dans tous les cas d'avancer avec la conviction profonde d'être en mesure de préserver son intégrité psychique et émotionnelle, et nous donne à connaître la réalité d'une sécurité intérieure et d'une autonomie affective. 

Nous vous proposons dans ce qui suit quelques conseils comme autant d'étapes en vue de retrouver l'amour de soi, et par là une vie affective apaisée.

1. Se reconnecter à soi-même

Une lacune au niveau de l'amour de soi renvoie de manière quasi mécanique à un manque de contact avec notre être profond, dans la mesure où, de par notre construction même, nous n'avons pas eu l'opportunité de nous forger les outils nécessaires à la prise en compte de nos besoins authentiques et au respect de ceux-ci ; les failles au niveau de l'amour de soi nous incitent en effet à nous tourner vers l'extérieur pour combler nos besoins dominants de validation et de réassurance, liés au manque affectif, quitte à en oublier d'écouter et de percevoir ce qui nous définit fondamentalement et ce qu'il nous faut pour être véritablement épanoui, au-delà du pansement et du soulagement momentané de la blessure affective

Il s'agit donc dans un premier temps de revenir à soi, de tourner son regard et son attention vers qui l'on est pour révéler nos traits individuels, ce qui fait de nous une personne complète et complexe destinée à exister par et pour elle-même, en lien avec autrui sans y être enchaînée. 

Un premier travail sur les valeurs peut être un bon moyen de donner du sens à votre perception de vous-même : qu'est-ce qui vous guide et vous soutient moralement ? Quel est le fondement de vos conduites ? Vers quels idéaux de vie tendez-vous ? 

Par ce premier mouvement introspectif vous allez vous réapproprier a minima le sentiment de votre identité, et commencer à pouvoir vous définir autrement que par le manque. 

L'objectif est bien, par ce premier retour sur soi, d'initier le processus de reconnexion avec soi-même, afin d'être en mesure de porter un regard critique sur vos modes de fonctionnement et de déterminer ce qui correspond à votre être authentique et ce qui renvoie à des stratégies plus ou moins conscientes – à conscientiser – destinées à nourrir un amour de soi blessé ou fragile. 

2. Identifier vos stratégies relationnelles

Ce processus de reconnexion initié, il va être question d'avancer progressivement en vue d'un objectif ultime qui renvoie à la restauration de l'amour de soi : identifier vos besoins authentiques et apprendre à les nourrir par vous-même. 

Demandez-vous ce qui serait susceptible de vous épanouir au quotidien, en dehors de voir votre besoin de réassurance comblé ? Il est fort possible que vous ne soyez pas en mesure de répondre à cette question en début de processus, parce que le manque affectif peut être omniprésent et ne pas permettre l'expression d'autres besoins plus spécifiques.

Dans un premier temps, il est donc souvent nécessaire de se questionner sur les stratégies que nous mettons en place au quotidien pour « survivre » affectivement. 

Quelles sont vos attentes vis-à-vis des autres ? Quels sont les fonctionnements par lesquels vous parvenez à obtenir la satisfaction de ces attentes, qui vous permettent de vous sentir rassuré, aimé, validé 

Il se peut que vous ayez tendance à donner beaucoup aux autres, que vous soyez très sensible aux besoins d'autrui et que vous dépensiez beaucoup d'énergie pour vous conformer à leurs attentes et les satisfaire. 

Il est aussi possible que vous ayez tendance à vous mettre dans une position de dépendance et de vulnérabilité, de manière à obtenir le soutien et le réconfort dont vous avez besoin. 

Il peut être utile de se faire accompagner en thérapie pour prendre conscience des fonctionnements relationnels qui nous permettent de combler le manque d'amour de soi, et qui bien souvent nous limitent dans notre épanouissement

En effet, comme on va le voir, s'il n'est pas évident de déconstruire ces modes de fonctionnement très ancrés, c'est cependant une étape nécessaire pour se libérer de la dépendance vis-à-vis d'autrui et réapprendre à vivre sur le mode de l'autonomie affective

3. OSER S'OUVRIR AU CHANGEMENT

Une fois que vous avez pu identifier les stratégies que vous utilisez pour obtenir une réassurance affective auprès d'autrui, et si vous tentez de prendre de la distance vis-à-vis de ces stratégies dans le but de mieux cerner vos besoins profonds, il est possible que vous vous sentiez vide, comme privé.e de votre substance et de votre essence

En effet, les modes de fonctionnements nous permettant de compenser le manque d'amour de soi ont la plupart du temps été mis en place tôt dans le développement et nous avons souvent eu tendance à nous identifier à eux comme à des éléments constitutifs de notre personnalité

Or il est important de garder en tête qu'il s'agit de béquilles qui nous aident à vivre avec cet amour de soi défaillant

Quelles que soient les résistances auxquelles vous êtes confronté.e lorsque vous conscientisez ces modes de fonctionnement et leur caractère dysfonctionnel, l'essentiel est de ne pas laisser l'angoisse ou le fatalisme prendre le dessus. 

Si vous avez identifié les stratégies relationnelles par lesquelles vous comblez votre manque d'amour de soi, vous avez fait le plus gros du travail

LA CLINIQUE E-SANTÉ (23)

Il s'agit simplement ensuite de vous donner la chance de développer d'autres modes de fonctionnement par lesquels vous tentez de vous connecter à vous-même plutôt que de chercher la réassurance à l'extérieur de vous. 

Le fait de vous autoriser à penser que vous pouvez (ré)apprendre à fonctionner autrement est un grand pas. 

Il ne s'agit pas de renoncer immédiatement à vos stratégies de « survie affective », mais bien de vous ouvrir en parallèle à une alternative, consistant à prendre le temps de vous observer et surtout de vous écouter, dans tout ce qui en vous ne se réduit pas à la sensation de manque.

A terme, l'objectif sera d'être en mesure d'identifier ce qui dans votre fonctionnement relève d'un besoin de réassurance, et ce qui correspond à des envies et attentes plus personnelles, peut-être plus authentiques, et qui vous appartiennent en propre au-delà de la carence affective. 

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4. S'écouter pour prendre soin de soi

La dernière étape du processus est celle qui vous permettra véritablement de restaurer et de développer l'amour de soi, à la suite de ce travail important de remise en question et de conscientisation que nous vous avons invité à réaliser dans un premier temps.

La proposition est très simple, mais n'est cependant pas toujours facile à mettre en place lorsque l'on est peu habitué à se tourner vers soi pour y trouver notre satisfaction affective

Il s'agit de développer l'écoute de soi, et notre sensibilité et réceptivité à nos propres besoins, sentiments et émotions authentiques, c'est-à-dire qui ne renvoient pas au manque et à la carence affective. 

Le fait de vous ouvrir à cet accueil de vous-même en tant que personne pleine et entière, non entièrement déterminée par ses liens aux autres, va progressivement vous permettre de vous émanciper de ce que vos relations personnelles peuvent avoir de dysfonctionnel, du côté d'une sur-adaptation à autrui ou d'une demande affective trop massive, par exemple. 

En effet, plus vous serez connecté.e à vous-même, plus il vous sera difficile d'interagir selon des modes qui ne seraient pas authentiques

Les méthodes pour développer l'écoute et la conscience de soi sont multiples et très diverses, mais il peut être dans un premier temps constructif de vous imposer des temps de solitude et de détente réguliers, sans prévoir aucune occupation utile, et par lesquels, étant un peu livré.e à vous-même, vous allez apprendre à écouter vos envies et à vous faire plaisir, au travers d'activités qui vous font du bien. 

L'intérêt est double : au-delà de l'écoute et de l'identification de vos besoins intimes, vous développez votre capacité à vous satisfaire et à vous nourrir par vous-même, ce qui est bien le but ultime de la démarche de restauration de l'amour de soi.

Si vous sentez que vous êtes en difficulté pour avancer sur l'une des étapes qui mènent à cet objectif final, n'hésitez pas à solliciter l'aide d'un professionnel qui vous soutiendra et sera capable de vous accompagner à chaque pas du processus

Vous avez droit à l'apaisement, et développer l'amour de soi est la clé de l'autonomie affective qui apporte ce précieux sentiment de sécurité intérieure

N'attendez plus pour initier le changement.

Article rédigé par : Anna Savio - Psychologue clinicienne à La Clinique E-Santé