30 phobies les plus originales : causes et solutions

Origines et traitements des phobies les plus originales

Nombreuses sont les phobies dont on entend parler, comme la peur de l’avion, la phobie des araignées ou du vide ... Mais qu’en est-il de la peur excessive des nains de jardin à brouette, de la crainte démesurée des trous ou de l’angoisse puissante face aux bananes ? Bien moins répandues mais pourtant réelles, ces phobies traduisent également une anxiété, une peur démesurée et irrationnelle face à un objet ou une situation, comme toutes les autres phobies. Cet article revient sur les causes de 30 phobies insolites, ainsi que les solutions existantes pour les surpasser.

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Phobie n°1 : la phobophobie

La phobophobie se définit comme la peur d’avoir peur. La personne anticipe ce qu’elle craint de ressentir. Il n’y a pas de stimulus extérieur : ce sont ses pensées qui activent sa peur.

La phobophobie est soit accompagnée d’une phobie spécifique, comme la phobie des araignées, soit sans phobie spécifique associée.

Quelle est l’origine de la peur d’avoir peur ?

Plusieurs causes sont possibles à la phobophobie :

Ce peut être à la suite d'un traumatisme, cette phobie peut découler d’une mauvaise expérience, qui aurait engendré un choc émotionnel, voire un état de stress post-traumatique. Dans cette situation la tête et le corps vont se conditionner et créer une sorte de signal d’alerte.

L’éducation et les mises en garde répétées par les parents au sujet d’un objet, d’un animal ou d’un événement peuvent occasionner cette phobie.

Comment ne plus être phobophobe ?

Un accompagnement thérapeutique est souvent nécessaire. Il s’agit d’aller rechercher l’origine de la phobie afin de la déconstruire petit à petit. Les techniques de gestion émotionnelle et l’hypnose s’avère efficaces, ainsi que l’EMDR en cas de traumatisme.

Des outils de réalité virtuelle comme la cyberthérapie favorisent l’exposition progressive à la phobie spécifique.

Le diagnostic est essentiel pour pouvoir mettre des mots et identifier la phobie correctement. Des critères particuliers permettent de valider le diagnostic de la phobophobie, comme le fait d’en souffrir depuis plus de six mois. Plus la phobie est traitée précocement, plus elle sera facile à soigner.

Phobie n°2 : la coulrophobie

La coulrophobie est la peur excessive des clowns, qu’il s’agisse d’une personne déguisée, d’une image ou d’une figurine.

D’où provient la coulrophobie ?

La phobie des clowns peut exister pour une raison archaïque, ancrée en chacun, qui est l’impossibilité à décoder un visage, car celui-ci est caché par un masque ou du maquillage.

Ne pas pouvoir identifier les traits d’un individu constitue un danger, une menace. Cette crainte, c’est aussi une peur du rejet et de la trahison : qui est vraiment cette personne en face de nous ?

À l’origine de la coulrophobie, un traumatisme est probable : un clown qui fait peur lors d’un goûter d’anniversaire, une personne déguisée en clown qui nous suit dans la rue… La culture populaire a transmis un message de terreur associé à ces clowns parfois manipulateurs, voire meurtriers, ce qui alimente les craintes attachées à ces personnages.

Comment ne plus avoir la phobie des clowns ?

Il est possible de s’exposer progressivement à la peur des clowns, en regardant chaque jour, durant une dizaine de minutes, des films ou des séries avec ce type de personnages. Il s’agit en fait de déprogrammer et de déconstruire les croyances associées aux clowns.

Si cela est trop compliqué à affronter en étant seul.e, il faut envisager d’être accompagné.e par un.e thérapeute, dans le cadre d’un traitement par thérapie comportementale et cognitive (TCC) par exemple.

Phobie n°3 : la nyctophobie

La nyctophobie, qu’on appelle aussi kénophobie ou achluophobie, est la crainte irraisonnée du noir, de la nuit et de l’obscurité.

D’où vient la peur du noir ?

Derrière la phobie du noir se cache en réalité une appréhension des dangers dissimulés dans l’obscurité, souvent imaginés. La peur du noir est naturelle, elle apparaît vers 18 mois : l’enfant marche et découvre son environnement. Mais l’obscurité l’en empêche, provoquant des sentiments d’abandon, de panique. Cette peur de l’obscurité disparaît autour de six ans.

Être privé de la vue, ne permet plus à l’individu d’avoir la maîtrise sur son environnement, qui devient alors source de dangers et d’angoisses. La privation de ce sens entraîne le surdéveloppement de l’ouïe, et chaque bruit est vécu plus intensément : l’imaginaire prend le dessus et tout se révèle effrayant. C’est d’autant plus vrai pour les personnes qui ont subi un traumatisme dans le noir.

Comment ne plus avoir peur dans le noir ?

Dans un premier temps, mettre en place des exercices de respiration pour se détendre et de méditation pour se relaxer est important.

Ensuite, une thérapie est préconisée pour trouver l’origine de cette phobie du noir, mais également pour travailler sur le lâcher-prise et le contrôle. Les thérapies de désensibilisation et les thérapies par immersion sont efficaces pour surmonter la kénophobie.

Phobie n°4 : la trypophobie

La trypophobie se définit comme la peur des trous. C’est la crainte excessive d’objets ou d’images comportant ces formes géométriques à répétition comme sur les nids d’abeille, la mousse lavante, le gruyère…

Quelles sont les causes de la peur des trous ?

Étudiées depuis récemment, la source de cette phobie des trous serait en lien avec un réflexe archaïque, celui de la fuite chez nos ancêtres. En effet, ces regroupements de formes rondes peuvent rappeler la peau de certains animaux mortels comme les serpents, qui eux-mêmes sont associés à la peur commune de la mutilation.

Une autre hypothèse est que la répétition des cercles évoque inconsciemment des symptômes de maladies infectieuses comme la variole, voire un état de décomposition. Pour certains, ces centaines de petits trous provoquent un sentiment d’intrusion, d’envahissement et de contamination.

Comment vaincre la trypophobie ?

Un protocole d’exposition progressif, dans un cadre rassurant et thérapeutique, permettra la diminution de l’anxiété afin de surmonter la trypophobie.

Les TCC ou l’hypnose sont efficaces, mais les thérapies intégratives, proposant une approche plus large, s’avèrent également pertinentes.

Phobie n°5 : l’hématophobie

L’hématophobie désigne la peur du sang. C’est la troisième phobie spécifique la plus fréquente. Il ne faut pas la confondre avec l’émétophobie, qui est la phobie du vomi.

Pourquoi peut-on avoir peur du sang ?

Voir du sang renvoie à une peur existentielle qui est la peur de mourir.

Il est probable qu’à l’origine de la phobie ce soit le cerveau reptilien qui agisse : un dérèglement provoque alors un pic d’adrénaline lorsqu’il se pense en danger de mort, et cela même dans une situation banale ou sans risque (se couper avec une feuille de papier).

Un traumatisme dans l’enfance en lien avec un évènement comportant des saignements peut engendrer cette peur. Autres possibilités : un soin médical qui s’est mal déroulé ou le fait d’avoir été témoin d’un accident grave.

Comment ne plus avoir la phobie du sang ?

La phobie est un trouble psychologique qui nécessite d’abord un diagnostic.

Si la peur du sang est en lien avec un traumatisme, une thérapie analytique permettra d’effectuer un travail profond pour remonter à l’origine de la souffrance.

En association, les thérapies brèves, comme les psychothérapies comportementales, ont prouvé toute leur efficacité pour traiter la phobie du sang.

Phobie n°6 : la bélénophobie

Peur des aiguilles, des piqûres et des objets pointus : c’est la bélénophobie. Les actes médicaux impliquant des injections et des seringues suscitent une angoisse extrême.

Quelles sont les causes de la peur des piqûres ?

La crainte des piqures est associée à la peur de la mutilation. Mais un traumatisme dans l’enfance, comme une prise de sang ou une injection qui a été réalisée dans des conditions particulières, peut entraîner la bélénophobie. Dans certains cas il s’agit d’un mimétisme en lien avec un parent phobique.

Comment surmonter sa peur des aiguilles ?

Pour surmonter la phobie des seringues, pratiquer des exercices de respiration et de relaxation permettra de mieux contrôler le stress engendré, car il peut provoquer de l’hyperventilation. On peut également informer de sa phobie des aiguilles la personne qui va effectuer la prise de sang ou l’injection : verbaliser va mettre une certaine distance avec le trouble, voire en diminuer l’intensité.

Si la peur des piqûres persiste et devient de plus en plus handicapante, les techniques de désensibilisation employées dans le cadre de TCC offrent des résultats encourageants.

Phobie n°7 : la clinophobie

La peur démesurée de s’allonger et de rester en position couchée s’appelle la clinophobie. Si le claustrophobe craint d’être dans un espace clos, le clinophobe est angoissé par son lit.

Quelles sont les causes de la peur de s’allonger ?

Souvent la peur de s’étendre est associée à la crainte qu’un événement spécifique survienne durant le sommeil : énurésie, cauchemars ou crise cardiaque...

Parfois une maladie somatique est en cause, comme l’apnée du sommeil. Les insomnies graves jouent un rôle probable dans l’apparition de la clinophobie, car s’endormir devient synonyme d’angoisse. Aussi, avoir assisté au décès de quelqu’un dans son lit a pu provoquer un traumatisme.

Comment vaincre la clinophobie ?

Pour dépasser la peur d’aller au lit, de la relaxation associée à des exercices de respiration favorisera la diminution du stress. La mise en place de rituels sécurisants offre un cadre apaisant qui freine la montée d’angoisse : tisane aux plantes, bain chaud, lecture...

Un traitement médicamenteux, sous contrôle médical et assorti d’un accompagnement thérapeutique, aidera à soulager les symptômes anxieux ou dépressifs, mais aussi les insomnies. En parallèle une psychothérapie est recommandée pour soigner la cause en profondeur et désensibiliser progressivement cette phobie du coucher.

Phobie n°8 : l’éreutophobie

La peur obsédante de rougir en public porte un nom : l’éreutophobie. Véritable forme de phobie sociale, elle génère un cercle vicieux : anticipation des événements, angoisse à l’idée de ne pas contrôler ses rougissements, émotions associées au stress et à la peur, apparition des rougeurs.

Pourquoi a-t-on peur de rougir en public ?

La peau rougit lorsque de l’adrénaline est secrétée en réponse à un stress, car des vaisseaux se dilatent. C’est un phénomène incontrôlable. Certains individus éprouvent cette phobie de rougir à cause d’un sentiment de honte ancré en eux : il peut s’agir d’une humiliation qu’ils ont subie.

Ce traumatisme a marqué dans la mémoire à la fois ce sentiment de vulnérabilité, le feu aux joues et la présence de personnes.

La peur de la mort de l’ego est une peur commune à tous. L’éreutophobie ne concerne pas que les gens timides : il s’agit d’individus qui craignent d’être jugés négativement ou de se sentir regardés. S’ajoute parfois la blemmophobie, la peur du regard des autres sur le corps.

Comment se débarrasser de sa peur de rougir en public ?

Il faut commencer par pratiquer une activité qui favorise la relaxation et la pleine conscience, en se concentrant sur l’instant présent. Cela encourage à prendre confiance en soi : le yoga ou la méditation sont intéressants à cet effet. Des supports comme le théâtre ou le chant vont aider à s’exprimer plus librement en public.

Suivre une thérapie cognitivo-comportementale permettra d’apprendre à déplacer l’attention ailleurs que sur la peur de rougir. Les rougissements ne disparaîtront pas, mais ils réduiront progressivement afin que la personne se sente à l’aise et ne s’en occupe plus.

Phobie n°9 : la pédiophobie

Peur excessive et incontrôlable des poupées ? Il s’agit de pédiophobie ! Cette crainte irraisonnée des poupons est une phobie spécifique que l’on peut rattacher à l’automatonophobie.

Quelles sont les causes de la phobie des poupées ?

L’origine de la pédiophobie peut remonter à l’enfance, dans le cas d’une situation de peur marquante provoquant un traumatisme : des histoires angoissantes racontées par des plus grands ou le visionnage d’un film d’horreur mettant en scène des poupées animées et terrifiantes… Le mimétisme d’un adulte effrayé à leur vue est également possible.

Comment surmonter sa pédiophobie ?

Le pédiophobe va dépasser sa peur des poupées en s’y exposant progressivement (par exemple en en regardant des images tous les jours) afin de procéder à une désensibilisation. Petit à petit, il sera envisageable d’être dans la même pièce qu’une poupée.

Si cela est trop difficile à réaliser seul.e, un thérapeute peut accompagner dans cette thérapie d’exposition tout en apprenant la personne à maîtriser des techniques de relaxation.

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Phobie n°10 : la scopophobie

La peur exagérée d’être observé.e par les autres porte un nom : c’est la scopophobie. Il s’agit d’une phobie sociale spécifique, car elle n’a lieu qu’en public. Les personnes ressentent une crainte extrême d’attirer l’attention.

D’où vient la peur d’attirer l’attention ?

Il s’agit ici de la peur de perdre son ego, crainte nourrie par l’angoisse de la honte et du rejet.

À l’origine, il est possible qu’un traumatisme ait pris place dans l’enfance sous forme d’humiliation en public, par exemple lors d’un spectacle, d’une prise de parole ou d’un événement du quotidien en société.

Parfois les individus souffrant d’une déformation ou d’une malformation développent cette phobie, car ils ont été excessivement observés et jugés, ils ont pu subir des critiques voire du harcèlement conduisant à un choc émotionnel.

Comment ne plus souffrir de scopophobie ?

Lorsque des symptômes importants sont provoqués par la scopophobie, un traitement médicamenteux s’avère généralement utile pour soulager la personne scopophobe.

Une >psychothérapie basée sur l’analyse ou l’hypnose guidera la personne pour trouver la cause de sa phobie, et mettre en place des solutions adaptées afin de regagner progressivement le contrôle sur sa peur.

Cela passe par une période d’observation avec le thérapeute, pendant laquelle l’individu va exprimer l’ensemble de ses ressentis, de ses croyances et de ses pensées.

Participer à des groupes de paroles avec des personnes scopophobes offre la possibilité d’échanger et de prendre du recul sur son vécu. Cela donne l’opportunité d’aller chercher en soi de nouvelles ressources.

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Phobie n°11 : la carpophobie

La carpophobie est une crainte des fruits. Phobie des bananes, peur des fraises ou malaise devant les pommes : ce trouble phobique existe, même s’il reste rare.

Quelle est la cause de la carpophobie ?

À l’origine de la carpophobie, il s’agit probablement d’un traumatisme en lien avec des fruits : par exemple, dans la petite enfance au moment de la diversification alimentaire ou à la cantine. Le mimétisme d’un adulte ou d’un parent est également possible.

Comment vaincre la peur des fruits ?

La personne carpophobe peut suivre une thérapie cognitive et comportementale afin de s’exposer aux fruits anxiogènes dans un cadre sécure.

En travaillant sur le principe de réalité, les cognitions et les pensées ainsi que les sentiments associés seront mis à jour progressivement, permettant à l’individu de s’habituer à la présence de fruits et d’en remanger.

Phobie n°12 : la carcinophobie

La carcinophobie, aussi appelée cancérophobie, est la peur panique d’avoir un cancer. Parfois cette phobie va se focaliser sur un organe ou des parties du corps.

Pourquoi a-t-on peur d’avoir un cancer ?

Avoir vu un proche endurer un cancer, voire en mourir, peut être à l’origine d’un choc émotionnel et d’un traumatisme : l’individu reste alors dans la crainte de vivre la même chose. C’est en lien avec la peur existentielle de mourir.

D’ailleurs, avoir soi-même traversé l’épreuve du cancer risque de développer chez certaines personnes une cancérophobie, par angoisse de devoir affronter à nouveau la situation.

Aussi, l’actualité, les émissions de santé ainsi que l’accès facile à certains outils de diagnostic en ligne vont renforcer les croyances sur le fait de souffrir d’un cancer.

Comment surmonter sa carcinophobie ?

La cancéphorobie se soigne, au même titre qu’un traitement de l’hypocondrie existe. Une des difficultés lorsque l’on endure cette phobie est d’accepter que le trouble empêche toute rationalité quant à sa santé. Pourtant il est essentiel de se faire accompagner psychologiquement sans pour autant abandonner le suivi médical (ou le reprendre, s’il était évité).

Les thérapies brèves comme les TCC agissent sur la restructuration cognitive, en travaillant sur les pensées et leur caractère irraisonné ainsi que sur les évitements, qui renforcent la phobie.

Phobie n°13 : la phasmophobie

La phobie des fantômes possède plusieurs synonymes : phasmophobie, phantasmophobie ou ectophobie. Il ne faut pas la confondre avec la spectrophobie, qui est la peur des miroirs.

Pourquoi avoir peur des fantômes ?

Les fantômes sont généralement associés à des êtres maléfiques ou dangereux dans l’imaginaire et dans la culture populaire.

Dans l’enfance, des films ou des histoires terrifiantes ont pu être traumatiques et ancrer cette peur. Un mimétisme des angoisses d’un adulte est possible. La mort d’une personne chère peut également amener à développer cette phobie des fantômes.

La phasmophobie est renforcée dans certains cas par l’angoisse de la solitude. En effet, les individus phobiques des fantômes craignent généralement d’être seuls, car cela vient intensifier leur malaise : ils entendent des bruits, des craquements et l’anxiété est alors à son comble, provoquant des répercussions physiques qu’ils vont imputer à leurs croyances.

Comment ne plus être phasmophobe ?

Il est important d’être accompagné.e par un thérapeute pour surpasser sa phobie des fantômes, notamment si les conséquences sont impactantes au quotidien : impossible de rester dans le noir, peur de dormir, phobie d’être seul.e, évitement de certains lieux…

Pour ne plus craindre les fantômes, la thérapie peut reposer une déconstruction des mécanismes cognitifs rattachés aux émotions, grâce à de l’hypnose et des techniques de relaxation ou encore de l’EMDR si un traumatisme est sous-jacent.

Phobie n°14 : la néophobie

La néophobie alimentaire est la peur de consommer des aliments nouveaux. On parle aussi de sélectivité alimentaire.

Quelles sont les causes de la néophobie alimentaire ?

La néophobie alimentaire est une phase normale chez l’enfant autour de 18/24 mois jusqu’à six ans. C’est un mécanisme adaptatif, pour se protéger de quelque chose qui pourrait être toxique. Il va sélectionner, trier, refuser de goûter et parfois accepter de découvrir sans pour autant changer d’avis.

Lorsque la néophobie persiste ou apparaît tardivement, d’autres raisons sont possibles. Cette phobie possède un fort caractère héréditaire. Le fait de ne pas avoir connu une alimentation riche et variée peut provoquer une résistance aux nouveaux aliments.

Des troubles au niveau de l’olfaction vont impacter la perception des saveurs et engendrent la crainte de vivre une mauvaise expérience gustative. D’ailleurs, un empoisonnement provoqué par un aliment est une cause probable à la néophobie.

Comment surmonter sa peur de goûter un nouvel aliment ?

Concernant les enfants la néophobie disparaît en grandissant, mais surtout il ne faut pas les forcer. Présenter les nouveaux aliments de façon ludique les encourage à essayer. Si la phobie persiste (ou chez les adultes), une thérapie cognitivo-comportementale aidera à réintroduire petit à petit les denrées interdites.

Un accompagnement nutritionnel en parallèle permettra d’éduquer au plaisir de manger tout en prodiguant des conseils afin de lever craintes et croyances.

Phobie n°15 : la nanopabulophobie

La peur des nains de jardin à brouette existe et porte le nom de nanopabulophobie. Phobie insolite, elle provoque effroi et anxiété chez les personnes qui en souffrent.

Quelle est l’origine de la peur des nains de jardin ?

À l’origine de cette phobie des nains de jardin, peut être associé un traumatisme remontant à l’enfance : une histoire terrifiante par exemple, qui aurait été vécue de façon beaucoup trop intense et angoissante par l’enfant.

Comme pour les clowns ou les poupées, le fait de ne pas réellement réussir à distinguer les traits du visage provoque une sensation de malaise.

Comment se défaire de la nanopabulophobie ?

Une exposition progressive à distance, par exemple en regardant chaque jour pendant quelques minutes des photos de nains de jardin, pourra encourager l’habituation. Associer ces exercices avec de la relaxation et des temps de respiration favorisera la diminution des symptômes anxieux.

Passer devant des massifs comportant cette décoration semblera alors plus facile si la personne arrive à maîtriser l’hyperventilation provoquée par ses angoisses.

Échanger avec des individus vivant la même phobie est une solution pour prendre du recul et trouver de nouvelles ressources en soi pour faire face. Si la nanopabulophobie vient à occuper une place démesurée au quotidien, notamment au travers de pensées récurrentes déclenchant des crises d’anxiété, il est nécessaire de se rapprocher d’un.e psychologue pour entamer une psychothérapie et rechercher la cause profonde.

Phobie n°16 : l’haptophobie

L’haptophobie c’est la peur irrationnelle et incontrôlable d’être touché par quelqu’un. Toute situation sociale nécessitant un rapprochement est anticipée de façon anxieuse.

Quelle est la cause de l’haptophobie ?

À l’origine de l’haptophobie, on retrouve la peur de perdre son autonomie, qui est une peur commune. L’haptophobie peut avoir comme cause un traumatisme provoqué par une agression physique ou sexuelle, un viol ou encore un climat incestueux.

Comment surmonter sa phobie du contact physique ?

Si la cause traumatique de l’haptophobie est connue, il est beaucoup plus aisé de la prendre en charge pour réussir à la dépasser, d’autant plus si le trouble phobique est traité de façon précoce. Une thérapie analytique permettra de travailler sur l’origine tandis qu’une technique de gestion émotionnelle comme l’EFT viendra aider à dissocier le traumatisme du malaise.

Phobie n°17 : la philophobie

Être philophobe c’est avoir peur de tomber amoureux. Il s’agit d’une crainte excessive de l’engagement tout autant que des sentiments amoureux. La personne qui en souffre va déployer un ensemble de mécanismes de défense pour ne pas s’attacher à l’autre.

Quelles sont les causes de la philophobie ?

La peur de perdre son autonomie est au centre de la philophobie. Des événements traumatiques ayant pris part dans l’enfance ou à l’âge adulte peuvent expliquer cette phobie des relations intimes. Par exemple, un divorce mal vécu, qui aura donné une image négative de l’amour et engendré l’aversion de la figure du couple.

La disparition d’une personne chère, ou une rupture douloureuse, peuvent également occasionner cette crainte excessive de l’engagement, avec en fond une volonté de se prémunir de la souffrance que pourrait induire une nouvelle histoire.

Comment traiter sa peur de l’amour ?

Dépasser la philophobie demande généralement l’accompagnement d’un.e psychologue afin de comprendre les causes enfouies provoquant cette peur.

Pour développer la capacité d’entamer une relation sur des bases saines et en confiance, plusieurs méthodes sont possibles :

  • Psychothérapie analytique ;
  • Thérapie cognitive brève ;
  • Désensibilisation affective ;
  • Hypnothérapie ;
  • EMDR ;
  • Programmation neuro-linguistique (PNL).

Phobie n°18 : la nomophobie

La nomophobie c’est la crainte excessive d’être séparé de son téléphone. Des symptômes d’anxiété surviennent par exemple lorsque le réseau n’est pas couvert ou que la batterie est vide.

D’où vient la peur d’être séparé de son téléphone ?

L’instantanéité offerte par les téléphones mobiles va provoquer une forme de dépendance aux informations, aux interactions : tout est accessible rapidement, l’individu renforce son utilisation à chaque action réalisée. Il s’agit parfois d’une véritable addiction.

La mécanique psychologique d’appartenance au groupe joue un rôle dans cette phobie, avec la crainte de manquer des échanges, des messages et de se sentir exclu.e.

On parle d’ailleurs plus globalement de FOMO (fear of missing out) : la peur de rater une information.

Pour certaines personnes mal à l’aise en public, le portable leur permet de se préserver de l’extérieur, en érigeant une protection, ce qui les tranquillise. Le fait d’avoir vécu un accident génère chez l’individu l’appréhension que cela survienne à nouveau : avoir son smartphone à proximité est rassurant.

Comment surmonter la nomophobie ?

Une personne nomophobe peut essayer de surpasser sa phobie progressivement grâce une méthode de désensibilisation :

  • Éteindre ou mettre le téléphone en mode avion pendant quinze minutes, puis augmenter au fur et à mesure jusqu’à une heure ;
  • Laisser le mobile à la maison lors de sorties avec l’entourage ;
  • S’interdire l’utilisation lors des repas en famille.

Mais parfois un accompagnement thérapeutique est nécessaire. Celui-ci doit s’adapter à l’origine de la phobie.

Si l’individu souffre d’un isolement important à cause de sa nomophobie, une thérapie interpersonnelle l’aidera à recréer du lien social.

Phobie n°19 : la gymnophobie

On appelle gymnophobie la peur irrationnelle de voir le corps nu. Il ne s’agit pas de timidité ou de pudeur : apercevoir sa propre nudité, ou celle des autres, est insupportable.

Quelles sont les causes de la gymnophobie ?

Une éducation religieuse ou conservatrice réprouvant les corps dénudés peut être à l’origine de cette phobie de la nudité. Un traumatisme résultant d’une agression ou de violences sexuelles risque d’engendrer cette phobie.

Les individus extrêmement mal à l’aise avec leur corps et en éprouvant de la honte, s’ils sont victime de grossophobie par exemple, vont parfois développer une gymnophobie.

Comment surmonter sa peur de la nudité ?

Pour dépasser la phobie des corps nus, les thérapies brèves ont prouvé leur efficacité.

Avec l’aide du thérapeute, la personne apprend à modifier son comportement face à sa phobie, mais aussi les pensées qui en découlent de façon automatique afin d’en obtenir des alternatives.

Néanmoins, partir à la recherche de l’origine de la phobie, par un travail analytique en profondeur, est souvent nécessaire. Le manque de sérotonine peut accentuer l’apparition des troubles anxieux et dans ce cas un traitement médicamenteux comblera le déficit.

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Phobie n°20 : l’algophobie

On appelle algophobie la peur panique de la douleur et de la souffrance physique. La personne craint toutes les situations de douleur possibles, même les plus anecdotiques.

Pourquoi a-t-on peur de la douleur ?

Fuir pour éviter de souffrir physiquement est un réflexe permettant de se protéger et de survivre.

Comme dans la pyrophobie, la peur du feu, l’algophobie répond à un mécanisme adaptatif.

Les individus âgés souffriraient plus de ce trouble phobique, car ils sont plus exposés aux pathologies. Un traumatisme impliquant une expérience de la douleur particulièrement intense peut être à l’origine de cette phobie.

Quelles sont les solutions pour surmonter son algophobie ?

Pour soigner l’algophobie, l’approche psychothérapeutique reste similaire aux traitements des autres phobies : TCC pour déconstruire les pensées automatiques et en créer de nouvelles, EMDR pour guérir le traumatisme ou thérapie interpersonnelle en cas d’isolement social important.

En effet, les personnes algophobes peuvent avoir tendance à se retirer et vivre uniquement chez elles pour éviter au maximum les risques d’accidents et de confrontation à la douleur.

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Phobie n°21 : l’anthropophobie

L’anthropophobie est la peur exagérée des autres : hommes ou femmes, l’être humain est une source d’angoisse intense. Cette phobie d’autrui peut pousser à une forme de repli autistique, notamment lorsqu’elle s’associe d’agoraphobie.

Quelles sont les causes de la peur des gens ?

La peur de perdre son autonomie est en lien avec la peur des gens.

L’anthropophobie est fréquente chez les adolescents pour qui les contacts sociaux sont parfois très complexes à gérer.

La phobie d’autrui peut prendre son origine à la suite d’un choc émotionnel ayant provoqué un traumatisme : harcèlement ou circonstances de honte extrême face à des moqueries. Une agression (verbale, physique ou sexuelle), des violences directes ou même une situation d’agression vécue de façon indirecte (en tant que témoin) sont des causes possibles à l’origine de l’anthropophobie.

Comment vaincre l’anthropophobie ?

Dans un premier temps il est nécessaire de se questionner sur les facteurs de cette peur de l’autre.

Si l’individu en proie à la phobie des gens n’en connaît pas la racine, une psychothérapie analytique permettra d’aller à la recherche des origines profondes, parfois enfouies et refoulées. L’hypnose Ericksonienne est aussi utile à cet effet. Pour déconstruire les pensées automatiques et les comportements associés, les thérapies cognitives sont efficaces.

Phobie n°22 : la cherophobie

La phobie du bonheur, la peur d’être heureux.se : c’est ce que signifie cherophobie. Fuir les pensées agréables, les états positifs ou la félicité, voici le quotidien de la personne qui craint la joie.

Pourquoi a-t-on peur d’être heureux ?

L’individu qui souffre de cherophobie ne craint pas tant le bonheur en lui-même, mais les conséquences qu’il pourrait induire. Il pense qu’en étant heureux, il risque subséquemment de tout perdre, comme si le fait d’éprouver de l’allégresse devait systématiquement être suivi d’un malheur.

Pour un chérophobe, le bonheur a un coût et pour ne pas avoir à le payer ni à le subir, il préfère l’éviter. Se maintenir dans des émotions négatives et des ressentiments opposés à la joie permet de conjurer les mauvaises surprises et les aléas de la vie.

Un traumatisme a pu provoquer le développement de cette phobie, par exemple si un moment de joie vécu intensément par l’individu a été bafoué ou moqué de façon si intense que cela a créé un véritable choc émotionnel. On retrouve également dans certaines familles une crainte du bonheur, en lien avec des croyances sur le malheur, qui ont pu être transmises entre générations.

Comment ne plus avoir peur d’être heureux, du bonheur et de la joie ?

Dans la chérophobie, des convictions fausses sont souvent ancrées : « Si j’éprouve du bonheur, il va m’arriver quelque chose de négatif », « Quand on est heureux, on baisse sa garde et on se fait avoir » ou encore « Je ne mérite pas d’instants joyeux dans ma vie à cause de ce que j’ai fait ».

C’est ce qu’il est nécessaire de déconstruire pour mettre en place des mécaniques de pensées alternatives. Pour cela, les thérapies cognitives et comportementales sont adaptées.

Il est également encouragé de s’exposer progressivement à des événements apaisants ou divertissants, afin de s’offrir de petites doses de bien-être.

Associer des séances de relaxation permet de diminuer l’anxiété ressentie. Si un traumatisme est au cœur de la phobie, le traiter grâce à l’EMDR aidera à retrouver une relation saine avec les états de joie et de bonheur.

Phobie n°23 : la climacophobie

La climacophobie est la phobie des escaliers. La personne qui en souffre a peur d’y chuter et tout ce qui se rattache aux escaliers provoque de l’anxiété : marches, escalators, rampe.

Quelle est l’origine de la climacophobie ?

C’est bien fréquemment un événement traumatique qui ouvre la voie à la climacophobie : une chute dans les escaliers qui a engendré un choc émotionnel important, souvent dans l’enfance, mais également à l’âge adulte.

Avoir subi une agression dans des escaliers peut aussi être à l’origine de la phobie des marches.

Comment vaincre sa peur des escaliers ?

Pour traiter la climacophobie le recours à l’hypnose dans un cadre thérapeutique est efficace. Cette technique permet d’aller à la recherche de la cause profonde à l’origine de cette peur. Elle aide également à se rappeler comment se comportait la personne face aux escaliers avant sa phobie.

L’hypnothérapeute va accompagner dans une forme d’apprentissage afin que la rassurance et la confiance reprennent place.

Lors des séances, l’esprit aura tendance à se libérer, à se soulager sur le plan émotionnel en éliminant les tensions. L’hypnose accorde un état de relaxation profond, véritable moment de bien-être pour l’individu anxieux.

Phobie n°24 : la gérascophobie

On appelle gérascophobie la peur exacerbée de vieillir. Cette crainte est renforcée par tous les signes du corps qui change : rides, vue qui baisse, coups de fatigue…

D’où vient la peur de vieillir ?

La gérascophobie est dans la majorité des cas liée à la peur de mourir. Le temps qui passe et ses manifestations sont sources d’angoisse extrême et l’idée même de prendre « un petit coup de vieux » est intolérable, car elle signifie se rapprocher de l’inéducable, de la mort.

La crainte de prendre de l’âge est nourrie par l’âgisme de la société dans laquelle nous évoluons, pour qui tout s’éteint avec le terme « senior » : santé, sexualité, travail, autonomie… Les stéréotypes sur le déclin (physique, social, économique, mais aussi psychique) sont légion et vieillir est dépeint comme un fardeau à porter.

Comment se débarrasser de sa peur de vieillir ?

Il est intéressant de réfléchir aux croyances internalisées sur le fait de vieillir (ne plus être autonome, souffrir de perte de mémoire, manquer d’argent...).

Elles prennent une place démesurée tant elles sont angoissantes. Le cerveau va donc avoir tendance à les conforter : on parle d’impuissance apprise.

Pour s’en défaire, en prendre conscience est nécessaire. Il en va de même pour les pensées dysfonctionnelles, qui peuvent être déconstruites avec l’aide d’un.e psychothérapeute.

Envisager le fait de prendre de l’âge de façon positive (par exemple, en visualisant la personne que l’on deviendra) permet de mieux l’accepter.

Participer au vieillissement en investissant entièrement cet état sera salutaire : pour cela, il ne faut pas hésiter à planifier des projets qui viennent nourrir le sentiment d’utilité.

Phobie n°25 : la germophobie

Crainte excessive d’être contaminé par des microbes ou souillé par de la saleté, la germophobie porte aussi le nom de mysophobie. Des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont généralement associés, comme des rituels de lavage.

Pourquoi a-t-on la phobie des germes ?

La peur phobique de la contamination peut être rattachée à un instinct de survie (un environnement souillé, ou qui sent mauvais, est potentiellement dangereux) devenu un mécanisme adaptatif resurgissant exagérément.

Ce comportement phobique a pu être transmis à un enfant qui a alors agi par mimétisme. Un traumatisme reste possible (avoir vu le corps d’un animal en décomposition par exemple).

Comment ne plus être germophobe ?

Il est important de faire diagnostiquer le trouble phobique, en particulier si des TOC sont présents. La germophobie est extrêmement limitante au quotidien : peur de sortir de chez soi, temps considérable passé à nettoyer et désinfecter, utilisation récurrente de produits toxiques pour la santé.

Combiner les thérapies, afin de trouver l’origine de la phobie, tout en soulageant les symptômes, est efficace. Des méthodes de relaxation permettent de travailler sur l’anxiété dans le but de s’autoapaiser dans les situations à risque sans déclencher les attaques de panique.

L’exposition et la désensibilisation graduelles vont aider la personne à affronter les éléments anxiogènes sans recourir à des rituels de lavage par exemple. Progressivement, croyances et pensées inadaptées seront transformées. Enfin, l’utilisation de la réalité virtuelle fournit des résultats encourageants.

Phobie n°26 : la podophobie

La podophobie c’est la peur excessive des pieds. La personne podophobe va mettre en place de nombreuses stratégies d’évitement pour ne pas être confrontée aux pieds, ce qui s’avère compliqué, notamment l’été.

Pourquoi peut-on avoir peur des pieds ?

Comme toutes les phobies, il peut s’agir d’un traumatisme survenu dans l’enfance (moqueries, humiliation). Plus tardivement, un complexe pour une raison médicale ou esthétique a pu déclencher la podophobie.

L’angoisse des pieds a parfois été transmise par un parent. Mais c’est aussi une crainte de la saleté, des maladies et des odeurs, qu’on associe dans certains cas à cette phobie.

Comment surmonter la phobie des pieds ?

Pour dépasser l’appréhension excessive de voir des pieds, il existe plusieurs solutions :

La cohérence cardiaque, la méditation, le sport, les activités artistiques aident à réduire le stress, les tensions et à favoriser l’apaisement.

L’exposition progressive permet d’affronter sa peur petit à petit : d’abord en imaginant des pieds, puis en les regardant sur des photos, ensuite des vidéos et enfin dans la réalité, en allant se les faire masser par exemple. Cette désensibilisation est conseillée dans le cadre d’un accompagnement psychothérapeutique.

Phobie n°27 : les phobies d’impulsion

La phobie d’impulsion c’est la peur constante de commettre un acte agressif ou immoral, envers soi-même ou les autres : en voiture, en présence d’un couteau, lors du bain de bébé ou encore devant les rails du métro.

La phobie d’impulsion est un trouble obsessionnel compulsif. La crainte de faire du mal est obsédante et prend la forme de pensées et d’images intrusives qui s’imposent à la personne.

Quelles sont les causes des phobies d’impulsion ?

La survenue des phobies d’impulsion est la résultante de plusieurs facteurs :

  • Une prédisposition interne peut entraîner une vulnérabilité psychobiologique, qui va moduler certains dispositifs cognitifs en lien avec le contrôle de la pensée.
  • Une dérégulation des systèmes dopaminergique et sérotoninergique est également possible.
  • Des causes émotionnelles, des événements stressants, voire traumatiques, des phases de changement complexes à gérer, favorisent l’apparition des phobies d’impulsion.
  • La période du post-partum implique un bouleversement affectif, hormonal, physique et psychologique. Les jeunes mères manifestent parfois des phobies d’impulsion à l’égard de leur bébé : elles craignent de l’étrangler ou de l’agresser sexuellement.

Comment vaincre sa phobie d’impulsion ?

Pour se défaire de la phobie d’impulsion, il faut recourir à une thérapie cognitive et comportementale en première intention, car c’est celle qui donne les meilleurs résultats dans le traitement des TOC.

L’objectif sera d’accompagner la personne à ne plus être dans l’évitement, dans la mesure où l’évitement renforce les conduites. Il s’agit de parvenir progressivement à accepter les idées obsédantes tout en modifiant les pensées et comportements rattachés. En complément, un travail est fait sur la confiance en soi, l’estime et l’affirmation.

Le diagnostic est déterminant, notamment lorsque d’autres troubles sont associés.

En effet, la phobie d’impulsion peut s’avérer tellement lourde à vivre et génératrice de honte que certains individus souffrent en plus de symptômes dépressifs.

Dans ce cas, un$ traitement à base d’antidépresseurs accompagnera la psychothérapie, d’autant que les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont efficaces pour amoindrir les obsessions.

Apprendre à se relaxer est essentiel, car trop de peur cumulée fige les tensions et bloque le raisonnement. Sophrologie, massage, cohérence cardiaque ou méditation de pleine conscience, les choix sont nombreux pour favoriser une meilleure gestion de l’anxiété.

Phobie n°28 : la peur des mots longs

La phobie des mots longs, qui possèdent de nombreuses lettres et syllabes s’appelle l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie.

Quelle est l’origine de l'hippopotomonstrosesquippedaliophobie ?

À l’origine de cette angoisse peut résider un traumatisme : au moment d’apprendre à lire, dans l’enfance, ou même à l’âge adulte, en ayant été moqué.e au cours d’une lecture par exemple. Des troubles de la lecture, comme la dyslexie sont parfois la cause de cette phobie.

Quelles solutions existent pour sortir de la peur des mots longs ?

Un accompagnement avec un psychothérapeute permettra de trouver l’explication originelle à cette crainte pour ensuite travailler dessus. Il s’agira notamment de s’exposer petit à petit à ces mots angoissants. Si la phobie est en lien avec un trouble d’apprentissage de la lecture, un accompagnement avec un.e orthophoniste est essentiel.

Si les angoisses sont handicapantes, en particulier pour l’école ou le travail, il faut développer des techniques de relaxation et ne pas hésiter à consommer des tisanes de plantes apaisantes, comme la valériane.

Phobie n°29 : La thalassophobie

Phobie des profondeurs, la thalassophobie est la peur panique des lacs, de la mer et de toutes les étendues d’eau sombres semblant profondes. La peur du vide marin peut même se déclencher à distance, par exemple en survolant les océans en avion.

Quelle est la cause de la phobie de la mer et des profondeurs ?

La phobie des fonds marins prend racine d’un point de vue génétique : les profondeurs marines étant source de danger voire de mort, un réflexe adaptatif de survie peut être associé.

Un traumatisme est parfois la raison de la thalassophobie : avoir eu peur de quelque chose en nageant, avoir été témoin d’une noyade en mer ou avoir soi-même vécu un début de noyade.

Des histoires de monstres marins racontées à un enfant, la médiatisation d’incidents dramatiques ou encore le mimétisme de figures parentales effrayées par les profondeurs : les causes sont multiples.

Comment ne plus être aquaphobe ?

La phobie de la mer se traite de façon efficace en utilisant l’exposition progressive. Il s’agit de se confronter petit à petit à l’objet de la peur, de manière sécure. L’idéal est pour cela d’être accompagné.e dans le cadre d’une thérapie cognitive et comportementale, qui a fait ses preuves.

L’exposition peut se faire par une approche imaginaire puis dans le cadre de la réalité virtuelle, qui donne de bons résultats. L’exposition in vivo, efficace dans la majorité des phobies, s’avère parfois plus délicate dans le cas de la thalassophobie.

C’est tout un ensemble de méthodes qui va encourager progressivement la personne à dépasser sa peur des profondeurs : la restructuration cognitive des pensées et des croyances, l’exposition amenant à la désensibilisation, le tout associé à des techniques de relaxation.

Phobie n°30 : la misophonie

La misophonie est une aversion à certains bruits spécifiques produits par une autre personne : raclements de gorge, respiration sonore, mastication… Lorsque ces bruits sont réalisés par des enfants ou des animaux, ils ne provoquent pas d’angoisse.

Quelle est la cause de la misophonie ?

Il existe plusieurs théories expliquant la misophonie : Le système nerveux enclencherait une réponse autonome occasionnant un état d’alerte lorsqu’il entend des bruits autres que les siens ; Certaines zones corticales en lien avec la colère et la douleur réagissent fortement à ces bruits ; La sérotonine et la dopamine impliquées notamment dans la régulation de l’humeur, de l’anxiété et du contrôle seraient sujettes à des carences.

Il est à noter que les personnes souffrant d’acouphènes semblent prédisposées à la misophonie ainsi que les individus ayant un trouble du traitement sensoriel, des TOC ou un trouble de stress post-traumatique. En effet, des sons peuvent rester bloqués dans la mémoire traumatique.

Comment vaincre la misophonie ?

Au quotidien, écouter une musique agréable, sans occulter les bruits gênants, permet de mieux les supporter. Pour apprendre à gérer le stress et à s’autoapaiser, méditation, exercices de respiration, yoga et sophrologie sont bienvenus.

La colère provoquée par les bruits des autres amène souvent à éprouver de la honte envers soi, ainsi que de la culpabilité et des sentiments dépressifs. Partager son vécu avec des individus misophones, au travers d’une association ou d’un groupe de parole, aidera à prendre du recul.

Si le trouble ne passe pas et que les conséquences sur la qualité de vie sont importantes, il faut se rapprocher d’un.e thérapeute pour suivre le traitement le plus adapté à la phobie, mais également à la personne : thérapie par la parole, hypnose ou encore désensibilisation. Enfin, des audiologistes proposent des méthodes de rééducation.

À retenir

Les phobies sont généralement rattachées à une des cinq peurs communes :

  1. Peur existentielle : comme la peur de mourir ou de perdre le sens de la vie ;
  2. Peur de la mutilation (peur de perdre son intégrité) ;
  3. Peur de perdre son autonomie ;
  4. Peur de la séparation ;
  5. Peur de la mort de l’ego (échec, humiliation…).

Souvent causée par un traumatisme, la phobie permet à la personne de venir fixer son angoisse sur l’objet phobique, pour continuer à avancer, sans s’effondrer psychiquement.

Afin de dépasser une phobie, il est nécessaire dans un premier temps de la faire diagnostiquer pour ensuite remonter à sa source et analyser la situation traumatique, si elle a eu lieu, mais également toute la période qui a précédé l’événement et qui a pu cristalliser l’angoisse. L’EMDR aide notamment à nettoyer la mémoire traumatique.

Il ne faut pas chercher uniquement à traiter les symptômes, mais accepter de travailler sur les causes profondes, ce qui requiert un accompagnement thérapeutique favorisant l’adhésion du patient et son engagement. Soigner la racine est essentiel, sinon la phobie risque de muter.

L’hypnose est possible et efficace si la personne y a été préparée dans le cadre de la thérapie ou à travers des séances de relaxation et de méditation par exemple. Pour soulager les symptômes et défaire le cercle vicieux du triptyque pensées – émotions – comportements, les thérapies cognitives et comportementales sont véritablement puissantes.

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