Blessure de rejet : 12 signes pour la reconnaître

Identifier les 12 signes de la blessure de rejet

La blessure de rejet est l'une des cinq blessures émotionnelles qui existent. Elle s’installe généralement dans l’enfance. Le sentiment de rejet est tel que la blessure va gangréner des piliers identitaires dont les dégâts viendront ensuite se cristalliser à l’âge adulte : sensation de non-appartenance, quête extrême de reconnaissance, attitude de fuite. Véritable atteinte au bien-être, cette blessure peut se cacher et prospérer pendant des années sans que la personne s’en rende compte. Alors, comment faire pour l’identifier ?

Dans cet article vous découvrirez 12 signes de la blessure de rejet.

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Définition : La blessure de rejet, c’est quoi ?

La blessure de rejet est une blessure émotionnelle. La personne qui souffre d’une blessure du rejet a le sentiment d’être repoussée et non reconnue par les autres et cela l’empêche de s’épanouir. Le rejet est ici considéré comme une forme de mépris, de refus ou de dénigrement.

On peut aussi l’appeler la blessure de non-reconnaissance. Elle fait partie de la famille des cinq blessures émotionnelles avec la blessure d’abandon, la blessure d’injustice, la blessure d’humiliation et la blessure de trahison.

Cette blessure se met en œuvre dès les premières années de l’existence lorsque la maturité affective est en train de se construire. La blessure de rejet prend généralement son origine à la suite d’un traumatisme dans l’enfance dont le choc émotionnel va marquer intensément l’enfant. Le rejet va être réactivé plus tard et se rejouer tout au long de la vie : rejet professionnel, sentimental ou amical…

La blessure de rejet peut encore survenir à l’adolescence et même à l’âge adulte par exemple en conséquence d’un manque de respect, de harcèlement ou de moqueries à l’école ou au travail, mais également dans les relations amoureuses.

Cette blessure de rejet va enclencher des mécanismes de défense et une désorganisation dans la façon de se reconnaître, d’être dans son identité propre et dans ses rapports aux autres.

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Comment reconnaître une blessure de rejet ?

La personne qui souffre de cette blessure éprouve le sentiment constant d’être repoussée, mise à l’écart, de ne pas être reconnue ni intégrée, elle ne se sent pas appartenir à quoi que ce soit.

La blessure de rejet impacte le bien-être psychologique et provoque une douleur émotionnelle et également des troubles associés. Elle s’exprime au travers de plusieurs symptômes qu’il est important de connaître.

En effet, pour guérir d’une blessure de rejet, il est déterminant d’en prendre conscience et de l’identifier. Sans conscience de la blessure de rejet, la personne va manifester des comportements réactifs et ne pourra ni agir dessus ni la soigner. Certains individus passent toute leur vie avec leur blessure émotionnelle en eux.

Voici l’ensemble des signes d’une blessure de rejet qu’il est possible de retrouver chez une personne qui en souffre.

  1. Les comportements évitants
  2. Le masque social
  3. Une anxiété chronique
  4. L’isolement
  5. Les états dépressifs
  6. Les colères implosives
  7. L'immaturité affective
  8. La personnalité de type dépendant
  9. La recherche d’un imago parental
  10. Le burn-out
  11. La mésestime de soi
  12. Le sentiment de vide affectif

Signe 1 : les comportements évitants

Dans la vie adulte, un signe manifeste de la blessure de rejet est la mise en place de comportements évitants ou fuyants par la personne. Elle a en effet tellement peur d’être rejetée qu’elle refuse de rentrer en relation et de s’attacher à quelqu’un. Il s’agit d’un mécanisme de défense.

L’individu qui souffre de cette blessure va donc instaurer beaucoup de distance entre lui et les autres, mais aussi au regard de ses propres besoins, dont il ne prend pas soin.

Le déni est très fréquent, de même que la fuite, que ce soit vis-à-vis de soi, tout autant que de l’entourage. La personne va avoir tendance à s’effacer et rejeter tout ce qui risque de la mettre en danger sur le plan émotionnel et affectif.

De même, elle exprime une crainte constante de déranger et préfère dès lors tout faire par elle-même par peur d’être rejetée, ce qui l’amène à ne jamais faire part de ses besoins et à s’épuiser.

Ce mécanisme psychique est généralement accompagné d’un autre qui lui permet de cacher qui elle est : le masque social.

Signe 2 : le masque social

La blessure de rejet se part souvent d’un masque. On parle parfois du masque du fuyant. C’est un autre mécanisme de défense qui permet à l’individu de fuir la réalité sans être tout à fait lui-même. Il y a deux cas de figure.

Le premier c’est que la personne va mettre en place des stratégies pour se sentir appartenir et va se comporter de telle façon dans telle situation, afin que les gens l’apprécient et « l’aiment ». Mais à force, la personne ne sait plus qui elle est véritablement. Le masque social fait du mal, car il devient trop lourd à porter et l’individu n’exprime jamais qui il est réellement.

Le second est lié au fait que la victime d’une blessure de rejet n’arrive pas à investir le plan relationnel. Cela l’empêche de créer du lien, d’être authentique et présente dans l’interaction.

Ainsi, elle va adopter parfois des positions neutres, voire ne pas donner son avis et en venir à très vite culpabiliser par absence de confiance. À force de toujours passer sur la pointe des pieds et en restant à l’abri dans sa carapace, la personne devient presque transparente par manque d’affirmation : elle est bien là physiquement, mais pas du tout impliquée dans la relation.

Après un certain moment à revêtir ce déguisement, l’identité va devenir floue. Il est très difficile pour les personnes de savoir qui elles sont intimement, car elles prennent beaucoup de temps à faire des choses pour les autres, à connaître leurs besoins et y répondre. Mais elles respectent rarement les leurs.

Porter ce masque en permanence au contact d’autrui implique une forte charge mentale et s’associe généralement de troubles de l’anxiété.

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Signe 3 : une anxiété chronique

Les troubles anxieux sont fréquents en cas de blessure du rejet. Cette blessure émotionnelle provoque chez la personne une sensation d’être toujours attaquée par les autres lorsqu’elle ose s’exprimer. Elle est facilement déstabilisée, notamment lorsque les choses ne vont pas dans le sens qu’elle voudrait.

À force de s’auto-saboter par peur d'être rejetée et d’anticiper chaque situation, chaque rencontre, chaque événement, les angoisses se font de plus en plus présentes au quotidien : le risque de souffrir d’un trouble anxieux généralisé est important.

Cela vient nourrir la peur d’être rejeté.e, en plus d'handicaper fortement la vie de tous les jours, car les troubles de l’anxiété sont une pathologie psychique, avec des conséquences considérables, physiques et psychologiques.

Le danger étant que petit à petit, la personne va se replier encore plus sur elle-même et s’isoler au maximum des autres.

Signe 4 : l’isolement

Entre les troubles anxieux et la peur de perdre l’autre (qui devient tellement forte et constante), la personne en vient parfois à se mettre en retrait socialement pour éviter de souffrir. Un sentiment de solitude va alors se faire très présent et conforter l’individu dans les croyances en lien avec sa blessure de rejet, par exemple en ayant des pensées comme « Personne ne s’intéresse à moi ».

Cet isolement est à prendre en compte, car c’est un signe important de la blessure du rejet, pouvant s’accompagner de divers états mentaux à surveiller, qui alimentent le désengagement social, en particulier les troubles dépressifs.

Signe 5 : les états dépressifs

La personne étant dans le rejet constant d’elle-même, elle ne sait plus identifier ses besoins correctement. Ceux-ci sont donc mis de côté et l’individu sera rarement cohérent avec ce qu’il veut. En ne répondant pas à ses besoins, il fait face à une véritable perte de sens et les risques sont élevés, entraînant notamment l’arrivée de symptômes dépressifs.

La dépression peut survenir dès l’enfance ou l’adolescence et être accompagnée de troubles du comportement alimentaire (TCA), de compulsions comme les conduites autoagressives (scarifications, mises en danger) et de pensées suicidaires.

Mais la blessure de rejet pourrait également resurgir à l’âge adulte : soit de façon chronique, soit à des périodes clés impliquant par exemple des changements dans la vie de la personne.

La dépression est souvent associée d’une anesthésie affective, mais dans la blessure de rejet, des accès de colère contre soi sont possibles.

Bon à savoir

L’impression de rejet vécut dans l’enfance qui est à l’origine de la blessure a pu être causée par :

  • Un manque d’amour, un manque d’attention et de l’ignorance, des dénigrements de la part des parents ou des personnes représentant la fonction parentale ;
  • De la maltraitance ;
  • Des différences de traitement au sein de la fratrie ;
  • Un amour parental donné sous condition : être sage, serviable… C’est le cas chez des parents extrêmement exigeants : l’enfant ne parvient jamais à satisfaire ;
  • Le manque de communication ou une absence d’interaction (se sentir jugé.e constamment, avoir peur de s’exprimer…) ;
  • Ne pas avoir été entendu.e, notamment sur le plan émotionnel ;
  • Le sentiment de ne pas être respecté.e dans sa différence.

Signe 6 : les colères implosives

Les personnes qui souffrent d’une blessure de rejet ont beaucoup de mal à s’exprimer et à dire ce qui ne va pas et ce qui ne leur convient pas. Elles s’agencent et ravalent leur mécontentement, ce qui va avoir pour conséquence de la refouler.

À force d’empêcher l’extériorisation des accès colériques, leur expression refoulée risque de se transformer en symptômes. Cette peur de s’affirmer vient de la blessure de rejet et de la crainte d’être de nouveau rejeté.e. en en faisant part.

L’inhibition de la colère est donc un des mécanismes mis en place par crainte de vivre à nouveau la souffrance en lien avec la blessure émotionnelle. Mais c’est en réalité la personne elle-même qui se rejette, sans véritablement s’en rendre compte.

L’incapacité à gérer correctement ces états est souvent en lien avec une situation d’immaturité affective.

Signe 7 : l’immaturité affective

La blessure émotionnelle, lorsqu’elle a lieu très tôt, risque de laisser la personne grandir dans une forme d’immaturité affective. Elle va continuer de fonctionner émotionnellement comme un enfant, même à l’âge adulte, car la croissance affective a été interrompue pendant l’enfance. L’individu se retrouve alors dans une vie d’adulte avec des comportements immatures.

Pour avancer, redonner le mouvement à cette croissance est essentiel. En cas de susceptibilité, si la personne supporte très mal les réflexions par exemple, c’est probablement en lien avec des dénigrements qu’elle a subi.

En prendre conscience est nécessaire, car à terme cette immaturité est délétère, à la fois pour l’individu, mais aussi dans ses rapports à l’autre. En effet, il lui est très difficile de communiquer et de développer une complicité authentique.

D’ailleurs, il est possible que la majorité des relations, et notamment des histoires amoureuses, soient fortement teintées par une dépendance affective.

Signe 8 : la personnalité de type dépendant

La blessure de rejet a pu engendrer une telle souffrance que la personne a développé un trouble de la personnalité dépendant qui est notamment marqué par la dépendance affective.

L’individu exprime un grand besoin de reconnaissance et d’appartenance, et va aller chercher à l’extérieur et au travers d’autrui ce qu’il ne pense pas pouvoir mettre en œuvre à l’intérieur de lui-même.

La carence affective chez la personne vivant avec une blessure de rejet est importante. Elle souffre d’un très grand manque de confiance qui va teinter l’ensemble de ses histoires interpersonnelles et il lui sera très difficile de faire confiance aux autres, par peur d’être quitté.e.

La blessure de rejet engendre également des dégâts au sein du couple. La jalousie maladive fait partie des signes de la blessure du rejet : la jalousie étouffante vient anesthésier la relation, jusqu’à la faire devenir souffrante et provoquer la rupture amoureuse.

À savoir que cet état de jalousie est possible aussi dans les interactions amicales, voire professionnelles. D’ailleurs, les personnes endurant une blessure de rejet ont tendance à chercher des figures parentales autour d’elles.

Signe 9 : la recherche d’un imago parental

Les personnes en proie avec une blessure de rejet vont parfois rechercher dans leurs relations interpersonnelles un parent plutôt qu’un adulte. Que ce soit en amitié, en amour et même au travail : c’est ce qui a manqué dans l’enfance qui est convoité ici.

Cependant, l’évitement dont elles font preuve constamment ne leur permet pas d’exprimer leurs besoins ni d’accepter certains états de la relation, comme les compliments. Ces derniers sont systématiquement rejetés et refusés, la personne va se dénigrer à leur écoute. Pourtant, son besoin de reconnaissance est immense, mais elle ne sait pas comment le manifester.

En conséquence, elle va avoir tendance à tout donner et à s’investir plus que de raison pour être aimée.

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Signe 10 : le burn-out

Par la performance continue, les personnes souffrant d’une blessure de rejet font d’excellents candidats au burn-out. Leur besoin de reconnaissance étant énorme, elles se donnent à fond et sans limites pour satisfaire les autres et réparer cette blessure émotionnelle qui ne se referme jamais.

Mais ce besoin vise à faire reconnaître leur être, le soi. Cependant dans le cadre du travail, apprécier la performance c’est admettre ce qui est fait : il ne s’agit pas de reconnaître l’individu en tant que tel ni de l’aimer.

À cela s’associe souvent un sentiment d’injustice très marqué, la personne se sent obligée d’exprimer ce qu’elle a fait (rendre un dossier à l’heure…), car sinon elle n’a pas l’impression d’être reconnue pour ce qu’elle a effectué et ça lui est insupportable.

Mais cette reconnaissance n’étant jamais réellement assouvie, elle l’amène progressivement à une mésestime de soi très affligeante.

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Signe 11 : la mésestime de soi

Entre ce que la personne pense d’elle et la réalité, il y a un décalage important. L’individu qui souffre d’une blessure de rejet n’est jamais tendre avec lui. Il est son propre ennemi, et à cet effet il va avoir tendance à croire que les autres imaginent la même chose de lui à son égard.

Les actes d’auto-sabotage et les auto-reproches sont nombreux : « je suis nul.le, je ne suis pas à la hauteur, ce que je fais n’est jamais assez bien ». L’autocritique est bien souvent malsaine. À force de se sous-estimer, la personne en vient à se remettre en cause quotidiennement, ce qui impacte négativement son estime.

Bon à savoir

Prendre conscience de la réalité de l’image de soi est important pour avancer.
 
Voici un petit exercice à faire si vous manquez d’estime : demandez à votre entourage les trois qualités qu’ils apprécient le plus chez vous.
 
Acceptez-les sans dénigrement, sans jugement, de façon neutre : voyez comme vous êtes apprécié.e pour qui vous êtes.

Signe 12 : le sentiment de vide affectif

La blessure de rejet au sein du couple est possible, et une succession d’échecs sur le plan sentimental peut la réactiver ou la provoquer.

Cette impression de néant affectif c’est la sensation qu’éprouve la personne à l’égard des sentiments qu’elle reçoit, comme si elle n’était jamais suffisamment aimée. Le réservoir affectif semble toujours vide.

Le fait de se rejeter soi-même fait que l’individu a beaucoup de mal à concevoir que l’on puisse l’apprécier véritablement pour ce qu’il est.

De ce fait, il va réaliser énormément de choses pour l’autre : travailler plus, être très attentionné, être plus aimable… cependant, une fois encore il s’agit d’actes que la personne accomplit uniquement pour être aimée.

Toutefois l’amour et la reconnaissance à laquelle elle aspire sont liés à qui elle est, pas à ce qu’elle fait.

Bon à savoir

Une personne victime d’une blessure de rejet se comporte avec elle-même comme si elle était sa pire ennemie.

Elle érige des murs pour anticiper le rejet dont elle pourrait souffrir, mais c’est illusoire.

Ses défenses l’amènent à rejeter sa propre personne, qui ne peut ni recevoir ni donner ce dont elle a le plus besoin : de la communication et de l’affection.

La blessure émotionnelle est si intense et profonde que de nombreux signes, symptômes et troubles vont se développer au cours de la vie. Pour guérir, identifier la blessure et en prendre conscience est essentiel, tout comme accueillir l’ensemble des états affectif, même les fragilités et les faiblesses.

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