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5 techniques infaillibles pour retrouver confiance en soi

Publié le 02/07/21 17:30

La confiance en soi est l'une des bases concrètes de notre rapport au monde : elle nous permet de nous positionner sereinement dans notre environnement social et est également au fondement de notre capacité à nous affirmer auprès des autres. 

La confiance en soi se travaille en tant que telle, mais est grandement dépendante de l'estime de soi et de l'amour de soi, qui la soutiennent. 

C'est ce que nous verrons dans cet article en mettant en évidence quelques clés qui vous permettront de retrouver votre confiance en vous-même. 

Pas de magie ici, mais une certaine intransigeance : il s'agit d'apprendre à se faire confiance, à se respecter et à éliminer certains comportements et modes de fonctionnement destructeurs pour le narcissisme, c'est-à-dire pour notre colonne vertébrale intérieure, la base fondatrice de notre personnalité, qui nous permet de nous positionner socialement comme valable en étant intérieurement convaincu.e de notre légitimité.

Nous verrons que ce réapprentissage de soi passe beaucoup par le regard que nous portons sur nous-même et que les autres portent sur nous. 

Comment s'en défaire, s'en émanciper, s'en protéger ? Il existe différents moyens de soigner notre narcissisme de manière à ne plus souffrir d'un manque de confiance en soi au quotidien. Les pratiques de l'estime de soi que nous allons mettre en évidence nous permettent de prendre soin naturellement de notre confiance en nous-même. 

Le fonctionnement psychique est en effet complexe, et une dimension en soutient souvent une autre : en prenant concrètement soin de votre estime de vous-même, vous pourrez observer que votre confiance en vous se développe, s'épanouit, réémerge. Cet article est donc une base d'exercices et de pratiques quotidiennes pour prendre soin de vous-même et de votre confiance en vous. 

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RÉAPPRENDRE L'AMOUR DE SOI

Il est souvent difficile de trouver une stabilité personnelle dans notre rapport à nous-même. Les personnes souffrant de fragilités au niveau de la confiance en soi sont le plus souvent dans une difficulté à entretenir un rapport serein avec eux-mêmes, en somme à cultiver une estime de soi saine ; on parle ici en effet de failles narcissiques qui peuvent conduire à s'adorer et à s'admirer en surface, pour nos réalisations et pour l'image que nous renvoyons aux autres, ou qui peuvent au contraire nous miner du côté d'un désamour de soi-même voir d'une détestation de qui nous sommes. 

Or l'amour de soi est la clé du bien-vivre avec soi-même. Si l'amour de soi-même peut être un concept effrayant, parce qu'il est extrêmement étranger, pour les personnes qui n'ont pas l'habitude de le pratiquer, on peut le définir dans la pratique comme le fait d'être un véritable ami pour soi-même. 

C'est en effet l'amitié qui autorise l'exigence, que l'on doit souvent exercer vis-à-vis de nous-même pour ne pas nous perdre de vue et garder le cap relativement à nos propres attentes et objectifs, et à la bienveillance, qui consiste à ne jamais juger mais à être présent pour s'offrir comme aide en cas de besoin. 

Des qualités des amis qui sont précieuses pour la pratique de l'estime de soi et donc de la confiance en soi, on retiendra aussi la présence, ou le fait d'être inconditionnellement disponible en soutien ou en simple balise nous permettant d'avancer avec un filet de sécurité, et enfin la tolérance, qui nous permet d'être toujours accepté.e en sachant que nous ne serons pas exposé.e à la critique. 

C'est ces qualités que nous sommes invités à pratiquer vis-à-vis de nous-même en vue de solidifier l'amour de soi. Il s'agit en somme de devenir notre propre meilleur ami, en pratiquant l'indulgence et le support inconditionnel vis-à-vis de nous-même. 

C'est à cette condition que nous pourrons développer une confiance en soi solide et stable. Une autre forme d'amour qu'il peut être profitable de développer vis-à-vis de soi-même est l'amour filial, dans l'idéal inconditionnel et toujours bienveillant. 

Les techniques d'auto-parentage sont en ce sens intéressantes, puisqu'elles permettent de pratiquer cet amour de soi en l'activant dans le présent vis-à-vis de l'enfant que nous étions. De se savoir inconditionnellement aimé est fondamental pour développer la confiance en soi : l'objectif est de viser l'autonomie affective pour être en mesure d'être un soutien pour soi-même en toutes circonstances. 

Cet amour de soi est le fondement de la confiance en soi et permet de la développer et de la vivre de manière naturelle, sans avoir à travailler directement sur elle. C'est bien l'amour de soi qui la soutient et la sous-tend. 

Travailler le lien aux autres

La confiance en soi se fonde souvent aujourd'hui sur des bases fragiles, celle de l'ego indéfiniment sollicité.

Il faut paraître et apparaître auprès des autres, savoir se valoriser et se mettre en avant, pour se sentir en maîtrise, en contrôle, de notre image de nous-même et comme en pleine possession de notre amour de soi dissocié de nos valeurs et de l'action. Nous vivons dans une culture de l'ego qui épuise nos ressources en nous proposant de nourrir une relation malsaine avec nous-même : plus nous sommes aimés (superficiellement), admirés (pour tout et souvent pour rien), plus nous sommes disposés à nous faire confiance et à croire en nous. 

Le problème reste ici l'instabilité de ces postures sociales qui relèvent de l'instantané et peuvent s'écrouler d'un moment à l'autre et nous laisser démuni.e, sans recours face à ce que l'on considère comme un désamour social. L'une des manières de cultiver solidement la confiance en soi est de se reconnecter aux autres via le sentiment d'appartenance, plutôt que de chercher à nous différencier en se « re-présentant » en permanence comme unique et différent, ce à quoi nous poussent nos modes d'interactions contemporains. 

LA CLINIQUE E-SANTÉ (31)

En revenir à la notion de groupe et de lien, d'idée de communauté, peut être un excellent soutien pour une estime de soi fragilisée par les rapports sociaux actuels. En effet, cultiver le sentiment d'appartenance (à une famille, à un groupe d'amis, à une communauté avec laquelle nous sommes en lien), nous protège des effets délétères, quand poussé à l'extrême, de l'idéal d'être tout « par et pour soi-même ». 

Des fonctionnements plus collectifs nous poussent à vivre avec les autres, à compatir, mais aussi à nous réjouir des réussites extérieures, et ainsi à étendre notre vision de l'estime de soi : nous ne sommes plus un, seul et isolé, mais bien un parmi d'autres, qui soutiennent également notre vision de nous-même. 

Il a en effet été démontré que des personnes poussées à se concevoir comme partie d'un groupe ou d'une entité familiale souffraient moins d'une baisse de l'estime de soi en situation critique que celles qui sont invitées à se percevoir comme totalement autonomes (Lockwood, 2004). 

S'ENTOURER DE BIENVEILLANCE

Il est souvent difficile d'avancer lorsqu'on est entouré.e de personnes qui ne nous estiment pas comme nous méritons de l'être. Nous abordons ici un point important car il n'est pas simple de savoir reconnaître les influences toxiques ou malveillantes au sein même de notre environnement. Le bon indicateur est vraiment votre propre ressenti. 

Vous pouvez vous méfier de vos perceptions une fois, voire de manière répétée pour préserver l'harmonie dans votre environnement social, mais si vous avez l'impression qu'une personne vous décrédibilise systématiquement, vous dévalorise, ne fait pas preuve de bienveillance à votre égard, quelles qu'en soient les raisons éventuellement légitimes (si vous êtes dans une période creuse personnellement ou professionnellement, par exemple, que vous avez besoin de soutien, avec l'impression de devoir « remonter la pente »), il est vraiment temps de poser vos limites voire de prendre vos distances.

La confiance en soi, comme l'estime de soi, se cultive beaucoup à travers le regard des autres. S'il est sain d'apprendre à s'en détacher autant que possible, en tout cas de parvenir à développer une distance par rapport à lui, nous ne pourrons jamais demeurer neutres et conserver un bien-être intérieur si nous sommes confrontés à un sabotage direct dans notre environnement immédiat. Il est en effet important de pouvoir s'appuyer moralement sur les personnes qui nous entourent en étant sûr d'être estimé et surtout considéré à travers le filtre de la bienveillance. 

Cela peut sembler une évidence mais nous sommes nombreux.ses à vivre en subissant des micro-agressions au quotidien sans pouvoir nous émanciper. Il est toujours des problèmes relationnels qui peuvent demander à être résolus, mais la malveillance ou le mépris est souvent un point de non-retour qui signe la fin de la relation saine. 

Sachez les repérer et vous en protéger, vous verrez que vous en serez transformé et que votre confiance en vous s'en verra renforcée, par l'action que vous avez pu mener pour développer autour de vous un environnement soutenant. 

Se défaire du jugement

Le fait de juger les autres est une véritable entrave pour notre propre bien-être. 

Si superficiellement nous pouvons avoir l'impression de solidifier une certaine image de nous-même par une comparaison défavorable à autrui, nous jugeons toujours les autres au regard de ce que nous connaissons de nos propres fragilités. C'est parce que nous savons parfaitement comment se manifeste chez nous l'égoïsme que nous pourrons juger untel égoïste : les jugements ont toujours comme base notre propre expérience. 

Or en alimentant cette mécanique du pire, nous cultivons des zones sombres à l'intérieur de nous, en considérant qu'il y a des choses que nous ne pouvons pas accepter et que nous dénigrons chez autrui... mais aussi en nous-même. Ce processus est projectif et en alimentant la haine de l'autre, ou en tout cas la désapprobation, nous contribuons à créer en nous-même des barrières qui font barrage à la bienveillance, la tolérance, l'acceptation de soi. 

A l'inverse, développer la bienveillance vis-à-vis d'autrui nous invite à regarder l'autre dans toute sa complexité, dans ses failles, ses limites, mais aussi ses forces et ses atouts, comme nous méritons d'être considéré nous-mêmes. Il ne s'agit pas de tout accepter en nous et en l'autre, mais bien de considérer notre humanité commune et de cultiver l'acceptation. Retravailler notre sens de la perfection est fondamental. 

Il s'agit de considérer que nous sommes faillibles mais que nous pouvons travailler à développer nos qualités toujours et en toutes circonstances. Apprendre à nous affirmer comme imparfait peut être une voie de développement de la confiance en soi. Plutôt que d'attendre d'être parfait à nos propres yeux pour nous estimer et donc nous affirmer, il peut être intéressant de développer une attitude d'auto-acceptation inconditionnelle. 

LA CLINIQUE E-SANTÉ (30)

Il faut du courage pour se reconnaître (et s'affirmer comme) faible, fragile, ou faillible. On peut en effet travailler sur l'affirmation de soi négative, qui revient à proposer au regard d'autrui nos faiblesses et nos « zones d'ombre ». C'est un processus extrêmement guérisseur en ce qu'il nous confronte à des peurs fondamentales, celles du rejet social et du jugement d'autrui. 

Cette pratique permet de constater à quel point nous avons du mal à nous détacher de notre idéal de perfection, mais aussi à quel point les autres nous acceptent (plus ou moins) inconditionnellement même quand nous ne correspondons pas à nos propres standards. Vous pourrez ainsi déterminer que les personnes qui vous jugent sont avant tout en difficulté vis-à-vis de leur propre image d'elles-même qui s'impose à elles comme un idéal à atteindre. 

Ce processus d'affirmation de soi négative est extrêmement puissant pour la confiance en soi, puisqu'il permet de cultiver l'acceptation inconditionnelle de soi : quand le pire est mis en avant, tout le meilleur reste à découvrir et surtout nous n'avons plus peur du regard des autres. 

Favoriser l'action 

L'action est un autre moyen pour développer la confiance en soi. Elle est en effet à la source du sentiment d'efficacité personnelle perçue, qui soigne notre estime de nous-même et renforce notre confiance : lorsque nous réalisons quelque chose, nous développons une vision positive de nous-mêmes, selon un cercle vertueux qu'il est nécessaire de cultiver.

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Plus nous agissons sur la base de notre confiance en nous-même, plus nous la voyons renforcée et sommes disposé.e.s à agir de nouveau. Ainsi, réaliser de petites actions au quotidien, non coûteuses mais utiles et constructives est l'une des clés qu'on peut donner aux personnes souffrant d'un état dépressif. Il est dans certains cas fondamental de s'appuyer (de nouveau) sur l'action pour retrouver un sentiment d'utilité perçue, quand la réflexion, les ruminations, les jugements prennent toute la place sans laisser la possibilité à l'estime de soi de se (re)développer. 

Agir est en effet extrêmement curateur, au sens où nos actions viennent nous montrer objectivement que nous sommes capables. Peut-être dans des proportions minimes, mais tout de même en maîtrise vis-à-vis des éléments de notre environnement. Si vous sentez que votre confiance en vous est fragile, n'hésitez pas à vous mettre face à un plan d'action que vous aurez pris soin d'élaborer, en sélectionnant des petits gestes qui seraient utiles pour vous aujourd'hui. 

Vous verrez que votre moral s'en trouvera nettement amélioré, et que vous vous sentirez davantage en possession de vos moyens, et plus disposé à vous affirmer socialement. Evidemment, l'efficacité de l'exercice est aussi fonction de l'importance des actions : plus vous réaliserez de choses dont vous êtes fièr.e, plus votre confiance en vous s'épanouira. 

N'attendez plus pour développer des pratiques saines et pour prendre soin de vous-même : la confiance en soi est le pilier qui soutient un lien épanouissant à soi-même et un rapport nourrissant avec autrui. 

Article rédigé par : Anna Savio - Psychologue clinicienne à La Clinique E-Santé