THÉRAPIE
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Faites-vous partie des 6 % de personnes mélancoliques ?

Publié le 02/11/21 12:00

Le concept de mélancolie fait le plus couramment référence à un sentiment ponctuel ou à un état durable de tristesse diffuse, de pessimisme, de chagrin sans cause identifiable. Si la mélancolie désigne aujourd’hui davantage un ressenti subjectif éclairé par de nombreuses créations artistiques et littéraires, qu’un état psychique objectif et clairement identifiable, certains troubles de l’humeur peuvent être apparentés à un état mélancolique tel que définit par les analyses qu’en ont fait la psychologie et la psychiatrie.

Si vous pensez souffrir d'une dépression ou d'un état mélancolique, n'hésitez pas à réaliser le test suivant qui vous offrira un premier aperçu de votre état général. 

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Sommaire de l'article : 

  1. Être une personne mélancolique, ça veut dire quoi ?
    1. Souffrir de dépression mélancolique
    2. Vivre avec un état dépressif chronique
    3. La dysthymie : un état proche de la mélancolie
  2. Combattre l'état mélancolique : les solutions
    1. Accueillir votre état mélancolique
    2. Se rééduquer par l’activité
    3. S’efforcer de prendre soin de soi

Être une personne mélancolique, ça veut dire quoi ?

Le terme et le concept de mélancolie trouvent leurs origines directes dans l’Antiquité grecque, et plus précisément dans la théorie des humeurs d’Hippocrate.

Selon celle-ci, la prédominance au niveau individuel de l’une des 4 humeurs (sang, lymphe, bile jaune, bile noire) identifiées comme régulatrices de l’organisme, était associée à un tempérament particulier censé se répercuter au niveau de la personnalité. C’est la tristesse qui est centrale dans ce tempérament déterminé par la bile noire et défini comme mélancolique.

Ce tempérament mélancolique était également associé au génie et à une forme de clairvoyance rendue possible par l’expérience existentielle extrême de la douleur morale, conduisant parfois à la « folie » selon cette théorie. En effet, dans la tradition psychanalytique comme en psychiatrie, la mélancolie n’est pas un trait de personnalité ou un tempérament mais bien une pathologie sévère.

Dans Deuil et mélancolie (1917), Freud écrit en effet que : « La mélancolie se caractérise du point de vue psychique par une suspension de l’intérêt pour le monde extérieur, la perte de la capacité d’aimer, l’inhibition de toute activité […]».

Il s’agit pour lui d’une forme de dépression, d’ailleurs associée à une perte de l’estime de soi si profonde qu’elle va jusqu’au dénigrement de soi, voire jusqu’à l’« auto-injure ». C’est sur cette base que l’on parle aujourd’hui dans les classifications psychiatriques d’un épisode dépressif caractérisé, c’est-à-dire d’une dépression avec caractéristiques mélancoliques, qui reprend les signes cliniques et les caractéristiques de la mélancolie décrits par Freud.

Souffrir de dépression mélancolique

On peut rappeler que la dépression se définit principalement par une humeur dépressive quasi permanente caractérisée par :

  • Un sentiment de tristesse ou de vide
  • Une perte durable de plaisir
  • Une perte d’énergie importante
  • Un sentiment de dévalorisation ou de culpabilité
  • Des pensées de mort récurrentes

Ainsi, la caractéristique mélancolique dans la dépression renvoie à une intensité particulièrement sévère de l’épisode dépressif, associé à un risque suicidaire plus élevé que la normale.

On parle dans ce cas d’une souffrance morale profonde, accompagnée d’un ralentissement moteur majeur qui peut aller jusqu’au mutisme. La dépression mélancolique se caractérise par une anesthésie affective globale, en plus de l’incapacité à ressentir du plaisir. L’humeur dépressive est marquée par un découragement profond, un sentiment de désespoir en lien avec l’impression d’être incurable, ainsi qu’une culpabilité massive.

Ce type très spécifique de dépression sévère touche environ 1% de la population, contre 10% pour l’épisode dépressif non spécifique

Vivre avec un état dépressif chronique

Si la dépression renvoie, en général, à un « épisode », c’est-à-dire à un état passager susceptible de disparaître complètement grâce à un traitement adapté, il est possible d'identifier différentes conditions psychiques associées à la dépression. Ces conditions renvoient à des états pathologiques plus durables.

Les personnes souffrant de ce type de troubles pourront être définies comme mélancoliques, dans la mesure où le sentiment de tristesse peut malheureusement venir imprégner la personnalité sur le long terme.

En effet, environ 30% des épisodes dépressifs pris en charge médicalement ne répondent pas complètement au traitement : on observe alors des récidives dépressives qui se manifestent par la récurrence d’épisodes dépressifs caractérisés: à chaque guérison va succéder une rechute.

Parmi les formes de dépression au long cours, on peut aussi évoquer les guérisons incomplètes qui se manifestent par la présence de symptômes résiduels, tels qu’une humeur triste, malgré une amélioration globale. Ces formes dépressives chroniques se distinguent d’un simple épisode par leur installation durable au moyen ou long terme. On se rapproche donc de l’idée que l’on se fait de la mélancolie en tant que disposition stable de la personnalité.

Lire aussi l'article : 5 étapes pour sortir de la dépression rapidement et sans médicament

La dysthymie : un état proche de la mélancolie

La dysthymie, aussi appelée trouble dépressif persistant, est peut-être l’état psychique qui se rapproche le plus des représentations classiques de la mélancolie.

Touchant près de 2% de la population, il se définit principalement par la présence d’une humeur triste de manière quasi permanente sur une période minimale de 2 ans.

Cet état dépressif se distingue généralement de l’épisode dépressif caractérisé par des symptômes plus légers et moins envahissants, qui auront moins de répercussions sur le fonctionnement global de la personne: c’est principalement l’humeur qui est touchée, avec une tristesse diffuse plus ou moins marquée.

S'il est possible de se sentir déprimé de temps à autre, la dysthymie se différencie d’un état « normal» au sens où l’humeur triste est permanente. Elle conduit d’ailleurs les personnes qui en souffrent à ignorer leur trouble, les symptômes étant stables, persistants, et plus légers que ceux d’une dépression majeure : on peut avoir tendance à croire qu’il s’agit d'un type de personnalité ou d'un caractère propre, ce qui mène souvent à un non-recours au soin.

Si la dysthymie permet une adaptation correcte au réel et un niveau de fonctionnement personnel, professionnel et social minimal, elle reste une véritable entrave pour l’épanouissement optimal de la personne et limite l’expression de tout son potentiel. 

Combattre l'état mélancolique : les solutions

Malgré l'état dans lequel votre mélancolie vous plonge, combattre votre état mélancolique est possible. Aux 3 conseils qui vous permettront d’amorcer votre transformation en totale autonomie, s’ajoute la thérapie par message de la Clinique E-Santé. Bénéficier de cet accompagnement psychothérapeutique vous permettra de :

  • Vérifier avec un psychologue que vous êtes (vraiment) en dépression et son niveau d’intensité.
  • Identifier la source de votre dépression pour agir à cet endroit.
  • Faire disparaître les symptômes de la dépression (manque d’énergie, fatigue, tristesse …).
  • Retrouver votre énergie vitale, vous sentir bien dans mon corps et dans votre esprit.

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Accueillir votre état mélancolique

L’état mélancolique se caractérise par une tendance à l’apathie, renvoyant à une incapacité à être touché.e par votre environnement et à vous sentir impliqué.e psychiquement par ce qu’il s’y passe et ce, que la mélancolie renvoie à l’humeur propre à la dépression sévère à caractéristiques mélancoliques, ou à un état dépressif chronique plus ou moins aigu.

On retrouve également chez les personnes mélancoliques, une diminution importante de la volonté, associée à l’initiation de l’action (aboulie).

Cette dernière se caractérise par l’absence de toute envie d’agir, ainsi qu’une difficulté à échapper à une forme de paralysie que nourrit une perte globale de motivation. Il peut être très difficile d’être confronté au vide qui se crée avec la réduction de l’activité personnelle, au-delà de constituer un handicap plus ou moins important du point de vue de l’intégration sociale, avec la difficulté à aller vers les autres.

Il ne faut cependant pas tomber dans le piège de la culpabilité que certaines personnes mal informées peuvent vous tendre, lorsqu’elles suggèrent que ce retrait relatif du monde n’est que le résultat d’un manque de volonté, qui trouverait sa résolution dans le fait de « se prendre en main ».

Sachez qu’il est normal que vous puissiez vous sentir diminué.e sur le plan de l’action, de la motivation et de la prise d’initiative en général car l’état mélancolique est associé à une forme de passivité : en prendre conscience est un premier pas vers une évolution positive.

Se rééduquer par l’activité

Il existe en effet des pratiques simples permettant de lutter contre un désinvestissement trop massif vis-à-vis de l’activité, entraînant un retrait social et un repli sur soi.

L’objectif est d’activer judicieusement votre organisme pour se repositionner dans une dynamique positive susceptible de vous encourager et de vous soutenir au quotidien.

Le mouvement en tant que tel va avoir un impact sur la production et la libération de certaines hormones, notamment la dopamine et la sérotonine, respectivement responsables d’une sensation immédiate de plaisir et de la régulation de l’humeur.

Ainsi, si vous souffrez d’un état mélancolique qui vous entrave au quotidien, l’objectif est de vous lancer quotidiennement dans des activités très simples qui ne vous engagent pas personnellement et ne vous demandent que peu d’efforts. Dans le cas où vous parvenez à vous investir dans une activité utile même minime (par exemple ménagère) dès le matin, alors même que dès votre réveil tout vous semble insurmontable, votre corps participera à ces libérations hormonales qui vous soutiendront positivement au niveau psychique : c’est le premier avantage d’un engagement dans l’action.

Celui-ci est également bénéfique au niveau cognitif, via la réduction des ruminations mentales liées à votre état mélancolique, mais aussi sur le plan de l’estime de soi et de la gestion d’un éventuel sentiment de culpabilité associé à vos limites actuelles : vous êtes amené.e à constater les résultats concrets et observables de votre action, ce qui vous soutient positivement dans l’idée que vous êtes capable de réaliser une activité constructive.

A moyen et plus long terme, le but de cette méthode est de vous appuyer sur votre propre ressenti et évaluations positives des conséquences même minimes de votre action pour vous inciter naturellement et progressivement à réinvestir votre environnement, par l’augmentation du nombre de tâches simples puis plus complexes que vous êtes en mesure de réaliser, en allant petit à petit vers une diversification des domaines d’activité.

S’efforcer de prendre soin de soi

Un certain nombre de pratiques liées à l’hygiène de vie constituent des déterminants fondamentaux pour l’humeur et la santé mentale de manière plus globale.

Par exemple, le manque de sommeil est repéré comme étant à l’origine d’une amplification des troubles de l’humeur caractéristiques d’un état mélancolique, en augmentant l’instabilité au niveau émotionnel, l’irritabilité et les ruminations mentales, mais aussi la fatigue qui exacerbe elle-même, dans des proportions importantes la vulnérabilité émotionnelle et les fragilités psychiques existantes.

De plus, la régularité du sommeil et de ses cycles est elle aussi capitale du point de vue de son impact sur l’humeur. Veillez si vous le pouvez, à adopter des habitudes aussi rigoureuses que possibles concernant vos horaires de sommeil. Il a en effet été établi que leur variabilité constituait un facteur de risque généralement sous-estimé pour le développement, le maintien et la potentielle aggravation des troubles de l’humeur. Par ailleurs, souffrir de troubles du sommeil peut également être le signe d'un état dépressif ou mélancolique.

De même, la pratique régulière d’une activité physique contribue à la régulation émotionnelle et de l’humeur par la libération d’endorphines, dont les effets anxiolytiques et parfois euphorisants, ont été établis.

Le bien-être et la santé sur le plan physique, permettent également de limiter l’impact négatif éventuel des événements extérieurs sur l’équilibre psychique, grâce à cette activité régulatrice.

Les pratiques de gestion émotionnelle et de gestion du stress telles que la méditation, la respiration et la relaxation sont également très efficaces dans le contexte d’un état mélancolique, pour peu que vous parveniez à les investir sur la base d’une pratique régulière : elles participent à l’apaisement d’une activité mentale souvent agitée par les ruminations, les pensées négatives et les croyances limitantes.

Par ailleurs, si elles sont correctement guidées et encadrées, elles permettent d’accéder de manière bienveillante et compréhensive aux dynamiques émotionnelles qui régissent votre activité interne. Les émotions lourdes et envahissantes qui vous pèsent au quotidien, peuvent être accueillies en conscience. Le fait de les accepter comme telles, plutôt que de les rejeter comme indésirables ou de se mobiliser psychiquement pour lutter contre elles, vous conduira à alléger votre charge émotionnelle en vous libérant de certaines émotions négatives qui y sont associées, telles que la culpabilité ou la frustration.

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Enfin, il est important de se souvenir que l’état mélancolique, au même titre que la dépression, ne renvoie pas à une défaillance chez la personne qui en souffre.

Ainsi, cette forme de souffrance psychique qui peut aller jusqu’à altérer certains traits de la personnalité comme dispositions personnelles stables, ne doit pas faire oublier qu’un état psychique, même s’il est fondé sur des perturbations de l’humeur, ne permet pas de réduire la personne à ses troubles.

Il semble également fondamental de travailler à développer toujours davantage votre personnalité dans sa globalité, incluant des aspects de soi positifs qui ne sont pas représentés dans le tableau mélancolique.

Ainsi, sans nier aucunement la souffrance personnelle et les éventuels déficits fonctionnels qui y sont associés, le fait de se définir avant tout comme une personne mélancolique risque d’avoir pour effet d’occulter d’autres traits de caractère qui seraient susceptibles de venir réguler et restructurer certaines dimensions de votre personnalité et de votre fonctionnement psychique, à travers l’actualisation de vos forces, capacités et qualités personnelles.