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3 solutions efficaces pour guérir la dépendance affective

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La dépendance affective est une source de souffrance majeure pour de nombreuses personnes. Elle s'exprime de manière visible dans nos relations aux autres, influence directement nos comportements et nous détermine au quotidien.

Elle est souvent associée à une tendance à la dépression et à l'anxiété, et est également à l'origine de conduites addictives aux conséquences plus ou moins graves.

Si l'on est dépendant affectif, tous les secteurs de la vie risquent d'être touchés : elle peut se manifester dans le cadre familial, amical, professionnel, amoureux et impacte aussi bien notre relation avec nous-même que nos rapports avec autrui.

Lorsqu'elles parviennent à prendre conscience du caractère destructeur de leur mode de fonctionnement, les personnes souffrant de dépendance affective se sentent souvent démunies face à ce qui apparaît comme une entreprise insurmontable : initier le changement et se transformer.

Ce premier pas de la conscientisation est pourtant le plus important et ouvre la porte à de nombreuses possibilités d'actions. Si vous pensez souffrir de dépendance affective et que vous êtes à la recherche de solutions, vous trouverez dans cet article quelques pistes pour agir concrètement sur vous-même en vue de vous en libérer. 

Test : Êtes-vous en dépendance affective ?

 

SE RECONNECTER ÉMOTIONNELLEMENT À SOI-MÊME

La dépendance affective est enracinée dans un manque d'amour de soi : nous n'avons pas eu l'opportunité de construire ou de maintenir au cours de notre construction une base de sécurité affective suffisante pour nous permettre de développer une relation à nous-même satisfaisante ; nous aurons donc tendance à chercher à l'extérieur de nous et en particulier dans la relation aux autres ce qui nous manque intrinsèquement et qui n'est rien d'autre que l'amour de soi, aux fondements de la construction personnelle et émotionnelle.

À côté de ce vide qu'en tant qu'adulte nous ressentons et que nous tentons de combler de diverses manières (relations addictives, comportements compulsifs), il y a aussi un espace accidenté devenu une zone intérieure condamnée, dans la mesure où nous avons dû bloquer des émotions trop douloureuses que nous ne pouvions pas nous permettre de ressentir, pour survivre et continuer à avancer.

À l'intérieur de nous existent les émotions liées à des événements difficiles ; elles sont inaccessibles à notre conscience la plupart du temps, hors événements extraordinaires qui viendraient nous déstabiliser en profondeur. 

Ferenczi nous explique en effet que « Si quelque chose a pu être vécu sans être éprouvé, c’est parce que la personnalité s’est coupée en deux pour éviter d’être totalement détruite par le choc, et il faut favoriser le rapprochement de ces deux morceaux ».

Les deux morceaux sont donc l'événement et l'émotion qui lui est associée, et qui a été clivée, séparée de notre conscience et comme étouffée au cours de notre construction personnelle.

Les personnes souffrant de dépendance affective auront en effet tendance à vivre grâce à un mécanisme de défense consistant à se couper de soi-même : on parlera de faux-self. 

LA CLINIQUE E-SANTÉ-2

En effet, nous avons interprété à notre façon les événements traumatiques et avons été forcés, pour nous protéger, de construire des croyances sur nous-mêmes qui nous déterminent dans nos modes de fonctionnement et nos relations aux autres.

Notre seule manière d'interagir avec le monde renvoie alors à un besoin de reconnaissance et d'amour, et nous mettons tout en place dans cet objectif, en appui sur des croyances sur qui nous devons être et sur ce que les autres attendent de nous.

Celles-ci se traduisent par des modes de fonctionnements prédéfinis correspondant à des rôles à jouer vis-à-vis d'autrui. La dépendance affective nous coupe en effet de toute une partie de nous-même qui ne demande qu'à être mise en lumière.

Il faut comprendre que nous avons nous-même travaillé à nous limiter en nous coupant de nos émotions pour continuer à avancer. Ce besoin de validation et d'amour n'est que le symptôme d'une construction psychique défensive ; à force de travail sur soi, elle peut être déconstruite pour laisser la place à une version de vous-même libérée du faux-self, aux besoins et aux émotions plus nuancées, en phase avec la personne entière et complexe que vous êtes. 

Il ne sera alors plus seulement question d'être conforme à vos propres attentes et à celles que vous prêtez à autrui, mais bien de vous laisser toucher en tant que personne totale par ce que vous traversez.

Cela implique de partir à la découverte de soi-même, de devenir conscient.e de ses ressources et de ses limites, pour développer un rapport vrai et entier avec notre environnement.

En tant que dépendant.e affectif.ve, nous jouons en effet notre rôle au quotidien, quitte à oublier qui nous sommes vraiment : lorsqu'on ne s'aime pas suffisamment, on évolue nécessairement déconnecté.e de nos véritables besoins et aspirations, qui nous sont consciemment inconnus. 

Il s'agit donc pour se transformer, de se reconnecter à son vrai Soi en vue de pouvoir se reconstruire sur des bases solides. C'est un travail qu'il est difficile de mener seul.e et l'accompagnement par un psychologue est recommandé afin d'interagir avec une personne qui sache vous guider vers vos émotions refoulées ou clivées.

Lorsque vous aurez pu identifier et vous laisser traverser en tant qu'adulte par ces émotions, il vous sera de plus en plus difficile de vivre au quotidien sans être en contact avec vous-même.

L'objectif est donc bien d'apprendre à vivre, agir et réagir non plus en fonction des rôles que vous vous êtes vous-même attribués, mais selon une gamme d'émotions plus riches et plus profondes qui vous appartiennent et que vous allez redécouvrir.

 

OBSERVER SES CROYANCES ET COMPRENDRE SES COMPORTEMENTS

Il s'agira donc aussi de nous arrêter sur nos croyances limitantes. Comme nous l'avons évoqué, la dépendance affective se construit sur la base de lacunes en termes de sécurité affective, qui engendrent un manque d'amour de soi.

Cette faille fondamentale impacte notre vision de nous-même et de notre rôle dans le monde et vis-à-vis d'autrui. Si nous ne nous aimons pas assez, nous aurons en effet tendance à développer un système de croyances limitantes qui nous poussera à vivre selon un certain nombre de schémas prédéfinis.

Ceux-ci nous enferment dans des modes de fonctionnements desquels il est difficile de s'extraire, parce que les comportements qu'ils produisent viennent eux-mêmes renforcer nos croyances. 

Si vous croyez par exemple que les besoins des autres sont plus importants que les vôtres, vous mettrez tout en place pour combler autrui au détriment de vos propres besoins.

En retour, vous recevrez certainement des témoignages de gratitude qui vous conforteront dans l'idée que vous agissez conformément à ce qu'on attend de vous et vous inciteront à renforcer votre croyance.

C'est un cercle vicieux duquel on ne peut pas se libérer sans justement conscientiser et remettre en question les croyances qui le fondent.

Dans un premier temps, il s'agira donc d'identifier vos croyances limitantes : ce sont toutes celles qui ne contribuent pas à faire que vous vous aimiez et que vous vous respectiez pour ce que vous êtes. 

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On pourrait dire aussi qu'il s'agit des croyances qui justifient l'existence de certains manques dans votre vie (par exemple : « je n'intéresserai jamais personne»), ou de celles qui rendent conditionnel le fait que vous puissiez être aimé.e ou apprécié.e par votre entourage (par exemple : « je dois être parfait.e pour être aimé.e, tel.le que je suis n'est pas suffisant »).

Si l'on continue avec ces exemples, dans le premier cas vous aurez tendance à vous positionner comme étant de toute façon déjà déterminé.e par votre mauvaise estime de vous-même et à fermer les portes qui pourraient vous permettre d'éventuelles rencontres.

Dans le second cas, vous vous efforcerez au quotidien de faire plus que ce qui vous est naturel et de montrer autre chose que ce que vous êtes, dans l'optique d'être accepté.e par les autres.

Or dans les deux cas, nous sommes face à des limitations concrètes au développement de l'amour de soi : vos croyances impactent vos comportements qui en retour alimentent et renforcent les croyances selon lesquelles vous n'êtes pas intrinsèquement à la hauteur de vos attentes ou de celles des autres

Vous pouvez de vous-même travailler sur ces limites que vous vous imposez, en commençant par exemple par noter vos croyances limitantes et les comportements que vous mettez en œuvre et qui les nourrissent.

Si vous êtes dépendant.e affectif.ve, vous vous apercevrez qu'elles sont nombreuses et s'étendent bien au-delà de la question de la relation amoureuse, comme on pourrait le croire.

En les conscientisant, vous vous apercevrez à quel point elles conditionnent votre attitude vis-à-vis des autres et de la vie en général. L'une des clés pour vous libérer de la dépendance affective est donc bien ce nécessaire retour sur soi, par l'observation aussi objective que possible de ce qui nous détermine au quotidien, nos croyances limitantes.

Par la suite, et notamment dans le cadre d'un accompagnement psychothérapeutique, vous pourrez remettre en question leur bien-fondé et comprendre qu'elles ont été construites comme protections suite à des expériences traumatisantes, qui ont souvent leurs racines dans l'enfance :

« Devenir lucide sur ses croyances, du moins celles qui sont devenues conscientes, est nécessaire, et admettre que l’on se comporte « comme si » elles étaient des vérités universelles est une étape très importante. […] Cette lucidité représente un retour à la réalité : les patients prennent conscience que, peut-être, leur vision, leur interprétation de la réalité n’est pas entièrement juste ».

Il s'agit donc, à travers cette deuxième étape, de prendre conscience des croyances qui vous influencent au quotidien et d'admettre qu'elles sont des constructions intimes à requestionner, que vous avez façonnées et adoptées pour faire face à une réalité infiniment plus riche et complexe que ce à quoi elles vous limitent aujourd'hui.

APPRENDRE À SE CONNAÎTRE POUR DÉVELOPPER L'ESTIME DE SOI 

L'enjeu de ce travail personnel est véritablement de se découvrir et d'apprendre à s'aimer soi-même afin d'abandonner cette quête éperdue d'amour venu de l'extérieur et qui nous comble... pour un moment seulement.

Lorsque l'on ne parvient à s'aimer que sur la base de nos relations aux autres, nous sommes dans la nécessité de tout mettre en œuvre, au quotidien, pour obtenir notre dose d'amour et de reconnaissance. Il n'y a pas de lâcher prise possible quand on a besoin d'être rassuré.e en permanence. 

Or ce que nous cherchons à obtenir des autres existe virtuellement en nous-même : une source d'amour intarissable qui est notre véritable colonne vertébrale.

C'est cela qui nous permet de tenir debout sans combat à livrer pour l'obtenir de l'extérieur : cet amour de soi qui fonde l'estime et la confiance en soi et nous permet de nous percevoir comme quelqu'un de « suffisamment bon », et surtout comme une personne digne d'amour.

Dans le cas d'un amour de soi suffisamment présent, nous n'avons en effet pas besoin de réaliser quoique ce soit ni d'être qui que ce soit d'autre que nous-même pour naturellement sentir que nous méritons d'être aimé.e et accepté.e tel.le que nous sommes. 

Cet état de fait représente, pour les personnes blessées que sont les dépendant.e.s affectif.ve.s, un idéal qui peut sembler inatteignable.

Cela supposerait de pouvoir renoncer à tous les rôles que nous tenons au quotidien en vue d'être aimé.e, apprécié.e et reconnu.e. Cela supposerait aussi de faire confiance à autrui comme nous nous faisons confiance, sans craindre en permanence d'être abandonné.e ou de perdre l'amour des autres

Même si vous vous sentez actuellement fragile, vous avez déjà fait plusieurs grands pas vers votre propre transformation : vous avez conscientisé suffisamment vos difficultés pour vous tourner vers l'extérieur et chercher des ressources adaptées à votre situation.

Vous pouvez être rassuré.e et encouragé.e dans votre démarche : rien ne vous est inaccessible. Le pas suivant consiste à vous tourner encore davantage vers vous-même pour progressivement pouvoir soigner ces failles qui vous déterminent encore aujourd'hui. 

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Une fois reconnecté.e à vos émotions et vos croyances limitantes identifiées, il s'agira de vous mettre à l'écoute de votre être véritable et d'apprendre petit à petit à connaître vos ressources et vos limites, vos besoins et aspirations réelles, au-delà de la perfusion d'amour que vous recherchez au quotidien.

C'est sur ces bases que vous pourrez travailler à développer votre estime de vous-même.

Si au cours du développement l'amour de soi est la base qui permet la construction de l'estime de soi, on peut à l'inverse travailler à nourrir son amour de soi par des conscientisations et des affirmations ciblées concernant l'estime de soi, à travers la recherche et la valorisation de nos réussites, nos sources de fierté, les choses que nous apprécions en nous. 

Si ce sont des exercices que vous pouvez mener par vous-même, il est cependant difficile d'avancer seul.e sur la totalité de ce chemin qui exige une remise en question profonde et parfois douloureuse.

Nous vous invitons donc à vous tourner vers un professionnel qui vous guidera dans ce travail personnel.

N'oubliez pas cependant qu'il est important de comprendre où vous allez et pourquoi : tout travail psychothérapeutique se verra facilité par les prises de conscience que vous pouvez avoir avant d'entamer le travail ou entre vos séances. 

Cultivez au quotidien votre conscience de vous-même, observez-vous, remettez vos modes de fonctionnement en question sans pour autant vous juger ou vous culpabiliser.

Enfin, nourrissez-vous de toutes les ressources dont vous sentez qu'elles peuvent vous apporter une aide dans ce processus de reconstruction intime.

Vous êtes déjà sur la voie qui vous permettra de développer un rapport positif et serein avec vous-même, en vue d'apprendre à vous aimer véritablement.

Les causes de la dépendance affective sont variées et souvent insoupçonnées. Il est important de connaitre ces causes avant d'agir. Découvrez les 13 causes de la dépendance affective dans notre guide E-Santé gratuit :

Télécharger mon guide E-Santé


Article rédigé par : Anna Savio - Psychologue clinicienne à La Clinique E-Santé

1. Ferenczi, Psychanalyse, oeuvres complètes, Tome IV, Payot, 1982

2. S. Tenenbaum, Vaincre la dépendance affective, Albin Michel, 2009.