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Surdoué : 3 conseils pour mieux vivre votre surefficience mentale

Publié le 05/11/21 12:00

Etre quelqu'un de surdoué, c'est avoir une surdouance : le concept original qui a permis de définir le fonctionnement des personnes porteuses de compétences intellectuelles globalement supérieures à la moyenne. Cependant, ces capacités hors-normes ont tendance à faire ressentir un décalage aux personnes concernées et faire de leur haut potentiel, une souffrance au quotidien. Voici 3 conseils qui vous permettront de mieux vivre votre surefficience mentale

Actuellement, si vous vous posez des questions sur vos capacités intellectuelles et émotionnelles, n'hésitez pas à réaliser le diagnostic suivant qui vous permettra d'avoir des premiers éléments de réponse.

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Sommaire de l'article : 

  1. Être surdoué : pourquoi c'est difficile ? 
    1. Un surdoué a souvent un sentiment de décalage
    2. La vulnérabilité face aux personnes toxiques
    3. Le manque d’estime de soi du surdoué
    4. Le surdoué et le syndrome de l’imposteur
    5. Le faux-self chez le surdoué
  2. Mieux vivre sa douance, lorsque l'on est surdoué
    1. Conseil n°1 : Se reconnecter à soi-même
    2. Conseil n°2 : Se reconnecter aux autres
    3. Conseil n°3 : S’assumer pleinement en tant que surdoué

 

Être surdoué : pourquoi c'est difficile ? 

Un surdoué ou haut potentiel intellectuel (HPI), est détecté comme tel sur la base de mesures standardisées et scientifiquement validées qui évaluent différentes aptitudes intellectuelles et cognitives (QI). Selon l’OMS, c’est un score de QI supérieur ou égal à 130 qui va permettre d’établir chez une personne donnée la présence d’une surdouance ou d’un haut potentiel intellectuel.

Les personnes surdouées, indépendamment de leurs performances mesurées par un score de QI, sont porteuses de modes de fonctionnement cognitifs spécifiques, distincts de ceux de la majorité. Ceux-ci expliquent un certain nombre de caractéristiques propres aux surdoués dans différents domaines fonctionnels (pensée, sensibilité, perception, émotion).

Ces caractéristiques sont elles-mêmes, le résultat de la surefficience mentale des personnes surdouées : la puissance et la performance de leur système cognitif se manifestent concrètement par une efficacité hors du commun en termes de traitement de l’information, tout à la fois extrêmement complet, précis et synthétique. 

En somme, la surdouance est une condition personnelle définie par la différence. Si un surdoué est appréhendé comme ayant des compétences supérieures à la moyenne dans de nombreux domaines, et tout particulièrement dans le champ des fonctions intellectuelles et cognitives, les spécificités de son fonctionnement particulier le rend également plus vulnérable que la moyenne, sur certains aspects de sa vie intime et de son développement social et personnel. 

Lire aussi l'article : 8 comportements du haut potentiel intellectuel

Un surdoué a souvent un sentiment de décalage

En raison de cette différence et de leurs caractéristiques atypiques, l’expérience sociale des personnes surdouées est souvent difficile, voire douloureuse, et ce plus particulièrement lorsqu’elles découvrent le monde social.

Au nombre de ces caractéristiques, on peut citer la forme même de la pensée, qui chez les surdoués est dite « en arborescence » et se distingue de la pensée linéaire, investie par une majorité de personnes.

Or le seul fait de fonctionner différemment peut être à la source d’un sentiment de solitude et d’isolement important. C’est souvent pendant l’enfance et l’adolescence, lorsque la personne surdouée est encore inexpérimentée sur le plan social et relationnel, qu’un sentiment de décalage radical vis-à-vis des autres se fait fréquemment sentir.

En lien avec la sensation de ne pouvoir s’identifier à personne et de n’être représenté.e nulle part, il y a un vécu d’étrangeté associé à la rencontre avec autrui, qui conduit souvent à se désengager de la relation. L’idée d’un sentiment d’appartenance distincte entre soi et l’autre peut émerger : on retrouve souvent l’image selon laquelle la personne surdouée ne se sent pas faire partie de la même humanité ou de la même «espèce» que ses pairs.

La vulnérabilité face aux personnes toxiques

Les personnes surdouées, au-delà d’un fonctionnement cognitif qui leur est propre, tendent à porter et à assumer une forte sensibilité, voire parfois une authentique hypersensibilité, associée à une empathie particulièrement développée.

Ce trait de personnalité expose particulièrement les surdoués à des personnes malveillantes qui vont avoir pour objectif de se servir de leur candeur naturelle pour les utiliser à leurs propres fins. Les personnes surdouées sont généralement dénuées d’artifice au niveau émotionnel, et tendent à accorder leur confiance facilement, dans la mesure où elles ne conçoivent pas que l’on puisse agir par calcul.

Ainsi, certaines personnes toxiques et manipulatrices peuvent tenter de les soumettre à leurs désirs en exigeant par exemple de nombreux sacrifices qui pourront être accordés en toute bonne foi. Une personne surdouée peut par exemple aisément tomber dans le piège d’un pervers narcissique qui se victimise pour obtenir ce qu’il souhaite, et finir par céder à ses désirs et exigences en considérant qu’elle doit apporter son soutien à une personne en réelle souffrance ou difficulté psychique.

Le manque d’estime de soi du surdoué

Les failles et les fragilités au niveau de l’estime de soi sont fréquentes, voire systématiques, chez les personnes surdouées. On peut faire de nombreuses hypothèses pour expliquer la stabilité de ce trait de personnalité pour cette population, mais l’explication la plus simple est aussi la plus souvent mobilisée.

Du fait de sa différence, un surdoué est confronté à de nombreuses épreuves sociales et relationnelles dès son plus jeune âge. Les attentes normatives de l’institution scolaire le renvoient à l’expérience d’être inadapté au système, tandis que les relations plus personnelles sont souvent tumultueuses, voire associées au rejet radical de modes de fonctionnement différents, qui restent incompris et désapprouvés en tant que tels.

Il est très difficile dans ce contexte de trouver une place dans l’environnement social qui permette au surdoué, de se développer harmonieusement du point de vue affectif. Ainsi, de nombreux enfants et jeunes surdoués se sentent dévalorisés au point d’intérioriser cette représentation d’eux-mêmes comme étant défaillants et indésirables. Le bon développement de leur estime de soi est donc compromis très tôt, et les fragilités narcissiques s’installent et se maintiennent à l’âge adulte.

Seul un travail personnel approfondi peut alors permettre de restaurer et de réparer ce qui a été si tôt atteint et détérioré.

Le surdoué et le syndrome de l’imposteur

Une estime de soi fragile peut avoir toutes sortes de conséquences, y compris au niveau de la dimension strictement intellectuelle de l’auto-évaluation. Plus précisément, de nombreuses personnes à haut potentiel qui se sont développées avec une estime de soi faible voire défaillante feront preuve d’un manque d’objectivité majeure dès lors qu’il s’agira de porter un jugement sur leurs propres actions, accomplissements ou performances.

Leurs réussites leur apparaîtront toujours comme étant imméritées, et davantage dues à un contexte qu’ils imaginent biaisés qu’à leurs propres qualités, aptitudes et compétences. Ainsi, face à un parcours personnel et/ou professionnel objectivement brillant, admirable ou simplement valable, ces mêmes personnes se sentiront illégitimes, avec l’impression de jouir d’un prestige ou d’une reconnaissance qu’elles ne méritent pas, voire même qu’elles usurpent.

En conséquence, face à ses succès, un surdoué aura tendance à nier son propre mérite et à se présenter comme étant injustement reconnue et valorisé pour ses propres réalisations.

Le syndrome de l’imposteur est la conséquence directe de failles narcissiques massives qui conduisent celui ou celle qui en est porteur.se à se percevoir comme étant inconditionnellement inapte et incapable, y compris lorsqu’elles sont confrontées à des évaluations ou à des mesures neutres et objectives de leurs performances.

Le faux-self chez le surdoué

Un surdoué a le plus souvent une conscience tellement aiguë, du fait que son fonctionnement authentique provoque régulièrement des réactions de rejet chez autrui, qu’il peut, de manière plus ou moins consciente, développer ce que l’on peut assimiler à une carapace sociale.

Il se présente alors socialement et dans la relation, en portant un masque élaboré à partir de traits de personnalité policés et consensuels qui lui permet de se protéger d’un jugement redouté de sa personnalité authentique.

Ce masque social, lorsqu’il est complètement intégré psychiquement, devient un véritable faux-self, c’est-à-dire qu’il remplace la personnalité vraie de manière naturelle et spontanée. Une subtilité de ce mode de fonctionnement consiste à développer une fausse personnalité extrêmement mobile et modulable, susceptible de s’ajuster aux différentes formes que peuvent prendre les relations et aux différentes attentes sociales auxquelles la personne est confrontée, sur le modèle du caméléon.

Le risque lié à un fonctionnement sur le mode du faux-self est d’inhiber la personnalité véritable du sourdoué, à force de la faire taire. Ce faux-self ne doit pas être considéré comme une manœuvre de manipulation consciente, mais bien comme une stratégie instinctive visant à l’autoprotection, en vue de se préserver d’un regard social vécu comme insupportable au point de ne pouvoir être assumé et psychiquement intégré.

Lire aussi l'article : 8 forces du haut potentiel émotionnel

Mieux vivre sa douance, lorsque l'on est surdoué

Il existe ce pendant des solutions qui permettent, si vous êtes quelqu'un de surdoué, d'atténuer vos souffrances et de profiter pleinement de vos dons intellectuels et émotionnels. 

D'ailleurs, avant de vous partager les 3 conseils qui vous aideront à mieux vivre votre haut potentiel (HPI, HPE), il est important de garder à l’esprit que si vous souffrez de votre condition intellectuelle, la psychothérapie à la Clinique E-Santé est une aide précieuse pour apprendre à mieux vous connaître. Grâce à l’accompagnement d’un.e psychologue spécialisé.e dans les hauts potentiels vous pourrez : 

  • Valider avec un psychologue votre diagnostic de Haut Potentiel (HPE/HPI).
  • Comprendre votre mode de fonctionnement atypique pour mieux l’accepter.
  • Exploiter votre plein potentiel dans votre sphère professionnelle, sentimentale et relationnelle.
  • Faire de votre surdouance une force et un avantage au quotidien.

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Conseil n°1 : Se reconnecter à soi-même

Face aux tensions, voire aux difficultés, récurrentes liées à votre fonctionnement atypique, il est possible que vous soyez rapidement débordé par les émotions et envahi.e par le stress.

L’hypersensibilité, caractéristique de la surdouance, participe à vous rendre d’autant plus réactif.ve aux stimulations extérieures de toutes sortes : vous êtes dans de telles circonstances facilement conditonné.e.s à affronter votre quotidien en « mode survie », dans un état de fragilité nerveuse et affective extrêmement nocive pour la santé physique et mentale.

C’est précisément ce type de contexte qui favorise le développement de postures psychiques défensives telles que le faux-self chez le surdoué. En tant que tel, si vous vous sentez sous pression, trop exposé.e et/ou incapable de faire face à certaines situations sociales particulièrement exigeantes, c’est le moment de faire un pas de côté pour vous recentrer et vous aligner aux niveaux physique et mental.

Choisissez un espace ou un contexte qui puisse vous permettre de vous retrouver face à vous-même, en fonction de vos goûts et de vos besoins actuels. Vous pouvez vous isoler dans un lieu sécurisant, partir vous balader dans la nature, ou encore mettre en place une séance de relaxation ou de méditation. Il s’agira dans tous les cas de prendre le temps de vous écouter, d’accueillir vos émotions mais aussi vos tensions nerveuses, souvent accumulées et qui ne demandent qu’à être libérées.

C’est sur cette base d’une écoute et d’un accueil inconditionnel de ce qui se passe en vous, que vous pourrez commencer à élaborer sur ce que vous disent vos pensées automatiques, tensions et émotions de manière à progressivement être en mesure d’identifier les besoins non nourris à l’origine des perturbations intérieures que vous pouvez expérimenter au quotidien.

Vous pouvez avoir besoin de respect, de considération, de relations plus intenses, d’activités plus diversifiées…, l’essentiel est de réellement vous écouter et vous entendre, de manière à soutenir l’expression et la manifestation de votre être authentique, dont on sait qu’il est souvent inhibé en contexte social au profit de postures plus normatives et plus faciles à porter pour vous.

Autorisez-vous à être pleinement tout ce qui vous traverse, c’est le moment de vous retrouver face à vous-même. 

Conseil n°2 : Se reconnecter aux autres

Il existe de multiples méthodes pour travailler sa confiance en soi plus ou moins bien adaptées à votre situation.

Pour vous repositionner de manière originale face au fait que vous vous sentez différent parce que vous êtes quelqu'un de surdoué, que vous ayez pu vivre des expériences de rejet et que vous viviez trop souvent des situations dans lesquelles vous ressentez ce fameux décalage par rapport aux personnes qui vous entourent, jouez la carte de l’identification à autrui en prenant conscience que chacun expérimente à sa manière les différents états douloureux que vous associez à votre situation particulière.

Dites-vous, même si cela peut vous semblez un peu artificiel au premier abord, que tout le monde connait ou a connu cette sensation d’être incompris.e,  de même que l’isolement et la solitude font partie des souffrances psychiques les plus répandues et les mieux partagées.

L’objectif est bien que vous essayiez de vous libérer de l’idée que votre surdouance vous sépare radicalement du reste du monde, et de trouver au contraire les points de rencontre sur lesquels vous pouvez vous sentir n’être qu’un cas particulier parmi d’autres, que leurs spécificités exposent également à des expériences sociales difficiles.

Vous pouvez notamment penser à cette hypersensibilité avec laquelle vous avez toujours dû composer et qui vous donne accès à une version plus intense du réel, et vous souvenir que vous partagez cette expérience avec de nombreuses personnes.

Votre empathie surdéveloppée constitue un autre critère de reconnaissance. En réfléchissant selon cette logique, vous vous extrayez d’une catégorie aliénante qui voudrait vous faire croire que tout ce que vous êtes vous condamne définitivement à ce vécu d’altérité douloureux face auquel vous êtes sans ressources. A l’inverse, vous êtes invité.e à prendre conscience de toutes les caractéristiques particulières qui vous constituent en tant que personne surdouée, y compris les spécificités de la surdouance, et à ressentir que chacun de ces états d’être vous rapproche d’une partie de ceux dont vous vous sentez habituellement si éloigné.e, et vous connecte à une expérience partagée. 

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Conseil n°3 : S’assumer pleinement en tant que surdoué

Vous nourrissez ainsi en vous ce sentiment d’être valable et légitime qui s’appuie sur l’idée que vous êtes semblable à d’autres personnes que vous valorisez et auxquelles vous pouvez vous identifier. De même, la confiance en soi se dégrade rapidement dès lors que l’on évolue physiquement ou psychiquement séparé.e du reste du monde.

Si vous ne reconnaissez dans le monde extérieur, aucun miroir qui puisse vous renvoyer votre image,  autrement dit si vous ne pouvez trouver personne que vous estimez suffisamment pour accepter son regard critique comme étant bienveillant, vous n’aurez accès qu'à une image appauvrie de vous-même, obtenue de vous à vous, en cercle fermé.

La confiance en soi à besoin de la relation à autrui pour s’épanouir, et du jeu par lequel vous acceptez de vous exposer à l’évaluation d’autrui dans la dynamique de l’interaction.

Enfin, le développement de la confiance en soi requiert une autre condition indispensable, qui est celle de l’acceptation inconditionnelle de qui vous êtes. En tant que personne complexe et qui, en ce sens, ne se réduit pas à la surdouance d’une part, mais aussi en tant que personne surdouée d’autre part.

C’est toute l'ambiguïté des problématiques identitaires, que de nécessiter une reconnaissance pleine et entière de nos spécificités tout en admettant que l’on ne s’y limite pas.

Reconnaître et accepter votre surdouance comme étant une part de vous, vous permet dans un second temps, de l’intégrer pleinement sur le plan identitaire, de manière à l’assumer intimement comme un trait de personnalité aussi légitime qu’un autre. Il est possible que vous ayez déjà réalisé cette étape au cours de votre parcours.

Si ce n’est pas le cas, nous vous invitons à vous pencher sur ce qui vous retient encore. Le rejet d’une part de soi-même renvoie directement à la haine de soi, et le travail sur la confiance en soi n’est efficace que s’il s’applique à une construction identitaire qui intègre sans exclure.