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Biais cognitifs

12 biais cognitifs qui impactent votre quotidien

Perception, décision, jugement… Ces processus quotidiens sont subtilement influencés par les biais cognitifs. Dans cet article, nous vous invitons à explorer comment ces mécanismes façonnent votre compréhension du monde. Découvrez les clés pour reconnaître et contrer ces 12 biais cognitifs afin de parvenir à une pensée plus claire et objective.

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Rédaction par Margaux

Rédactrice web

12 min

Publié le June 21, 2024 (modifié le July 8, 2024)

Les biais cognitifs au quotidien

Ai-je besoin d'un psychologue ?

Vous pensez que vos biais cognitifs vous causent du tort et vous freinent dans votre perception de la réalité ? Vous vous interrogez sur la nécessité de faire appel à un psychologue pour mieux appréhender et comprendre ces biais psychologiques ?

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Qu’est-ce qu’un biais cognitif ? Définition

Un biais cognitif, souvent mentionné dans le champ de la psychologie cognitive, se réfère à une déviation systématique de la pensée normale ou rationnelle.
Selon Damien Delonca, psychologue clinicien à La Clinique E-Santé, un biais cognitif est : “une déviation de la pensée, qui conduit à des jugements erronés, à des interprétations irrationnelles de la réalité ou de certaines situations traversées."
Ces biais psychologiques agissent comme des raccourcis mentaux, facilitant le traitement rapide d'informations dans un monde surchargé de stimuli. Bien qu'ils puissent être utiles en permettant de traiter les informations de manière plus efficace, ils peuvent également mener à des décisions et à des comportements inappropriés en distordant la perception.
La compréhension de ces biais est cruciale pour améliorer la prise de décision et la perception de l’environnement. En identifiant les illusions cognitives qui influencent les pensées, il devient possible d’adopter des stratégies pour les contrer, menant ainsi à des décisions plus réfléchies et à une meilleure interprétation de la réalité qui entoure les individus.
Le travail de Daniel Kahneman, psychologue expert dans les biais cognitifs et pionnier de l’économie comportementale, a grandement contribué à la compréhension de ces phénomènes. Il a mis en lumière comment ces biais façonnent le jugement et la prise de décision, sans que la personne en soit consciente.
Ces biais ne sont pas simplement des erreurs de jugement isolées, ils sont enracinés dans la façon dont le cerveau traite l'information. La psychologie cognitive, en étudiant ces processus, cherche à dévoiler comment et pourquoi ces biais se manifestent. En prenant conscience de l'existence et de l'impact des biais cognitifs, il est alors possible de travailler dessus pour les minimiser, ce qui est essentiel pour une prise de décision objective.
Ainsi, la connaissance de ces mécanismes psychologiques ne se limite pas à un intérêt académique, mais s'applique directement à l'amélioration du quotidien, en affinant le jugement et en rendant les personnes plus résilientes face aux illusions cognitives.

Reconnaître les biais cognitifs

Reconnaître les biais cognitifs est une étape cruciale pour minimiser leur impact sur la vie quotidienne. Ces mécanismes psychologiques, ancrés profondément dans la façon de penser et de percevoir le monde, influencent grandement le jugement et les décisions d’autrui. Pour prendre des décisions rationnelles, il est essentiel de comprendre les biais cognitifs et de savoir comment ils peuvent fausser la perception.
L'impact des biais cognitifs sur le comportement peut être significatif, altérant la capacité à évaluer les situations de manière objective et à agir en conséquence. Parmi ces biais, certains sont particulièrement notables pour leur influence régulière et parfois subtile sur les pensées et les actions.
Découvrez 12 biais cognitifs qui peuvent influencer les pensées et le quotidien :

  • Biais de négativité.
  • Biais d’ancrage.
  • Biais de confirmation.
  • Effet de halo.
  • Biais de disponibilité.
  • Biais de conformité.
  • Effet Dunning-Kruger.
  • Biais de faux consensus.
  • Biais de survie.
  • Biais d’optimisme.
  • Biais de l’autruche.
  • Effet de simple exposition.

Biais de négativité

Le biais de négativité est une tendance psychologique où les individus accordent plus d'importance aux informations, événements ou émotions négatives qu'aux positives. Cela signifie que les aspects négatifs d'une situation sont souvent perçus comme étant plus significatifs que les positifs, même lorsque ceux-ci sont de même intensité.
Un exemple courant de ce biais se manifeste lors de la réception de retours sur une performance : un seul commentaire négatif peut éclipser plusieurs retours positifs, influençant ainsi fortement la perception de sa propre performance.
Les effets de ce biais sur le quotidien sont considérables, il peut, en effet, conduire à :


Reconnaître ce biais est crucial pour développer une perspective plus équilibrée et objective de son environnement et de ses interactions.

Biais d’ancrage

Le biais d'ancrage, également connu sous le nom d'effet d'ancrage, décrit la tendance à donner plus d’importance à la première information reçue sur un sujet, au détriment des données ultérieures. Cela signifie que les premières informations auxquelles une personne est exposée ont tendance à influencer son jugement et ses décisions plus fortement que les informations suivantes.
Un exemple quotidien de ce biais peut être observé lors de l'achat d'un produit : le premier prix visualisé tend à servir de référence pour évaluer tous les prix suivants, même si une comparaison plus approfondie révélerait de meilleures offres.
L'impact de ce biais sur la vie quotidienne peut être significatif, affectant non seulement les décisions d'achat, mais aussi les jugements sur les personnes et les événements, conduisant potentiellement à des choix moins optimaux basés sur des informations incomplètes ou mal interprétées.

Le saviez-vous ?

À l’inverse du biais d’ancrage, l’effet de récence est la tendance à mieux retenir une information quand elle est à la fin d’une liste.

Biais de confirmation

Le biais de confirmation est une erreur de jugement où une personne tend à rechercher, interpréter et se rappeler de manière sélective les informations qui confirment ses croyances ou hypothèses préexistantes. Cela signifie qu’elle est plus encline à accorder de l'attention et du crédit aux preuves qui soutiennent ses opinions, tout en négligeant ou en minimisant celles qui pourraient les contredire.
Un exemple courant de ce biais se manifeste dans les interactions sociales : si vous avez un a priori négatif envers quelqu'un, tout comportement de cette personne perçu comme négatif renforcera votre conviction initiale, même en l'absence d'une évaluation objective.
L'impact du biais de confirmation est considérable, car il peut entraver votre capacité à évaluer les situations de manière équilibrée, conduisant à des erreurs de jugement et à une perception biaisée de la réalité.

Effet de halo

L'effet de halo est une distorsion cognitive qui désigne la tendance à laisser une première impression, qu’elle soit positive ou négative, influencer de manière excessive l’évaluation globale d’une personne, d’un objet ou d’un événement. Cela se base souvent sur une seule caractéristique ou qualité.
À titre d’exemple, si une personne est perçue comme physiquement attirante, vous pouvez inconsciemment lui attribuer d'autres qualités positives, comme l'intelligence ou la gentillesse, sans preuve concrète.
Dans la recherche scientifique, cet effet peut conduire à surévaluer la validité d'une théorie basée sur une unique preuve convaincante.
L'impact de cet effet est significatif, car il peut fausser votre perception et vos décisions, menant à des évaluations et à des conclusions inexactes.

Biais de disponibilité

Le biais de disponibilité désigne la tendance à accorder plus d'importance aux informations qui viennent facilement à l'esprit, souvent parce qu'elles sont récentes ou marquantes. Cela peut fausser la perception de la fréquence ou de la probabilité des événements.
À titre d’exemple, après avoir entendu des nouvelles d'un accident d'avion, il est possible de surestimer le risque de prendre l’avion, même si statistiquement, c'est un mode de transport très sûr.
Les impacts de ce biais sont considérables, influençant les décisions et les jugements quotidiens d’une personne. Il peut mener à une évaluation erronée des risques affectant les choix personnels en se basant non pas sur des données objectives, mais sur des informations saisissantes.

Biais de conformité

Le biais de conformité, tel que défini par Damien Delonca, psychologue clinicien à La Clinique E-Santé, est :

“la tendance à modifier nos opinions ou nos comportements pour nous conformer à ceux des autres."


Ce biais souligne le désir intrinsèque d'appartenir et d'être accepté au sein d'un groupe. Un exemple courant de ce phénomène se manifeste lorsqu'une personne adopte les opinions politiques ou les préférences de son cercle social, même si elles diffèrent de ses convictions initiales, pour éviter le conflit ou l'isolement.
L'impact de ce biais sur la pensée critique est significatif : il peut entraver la capacité à évaluer les informations de manière objective et à exprimer des opinions de manière authentique, conduisant à une homogénéisation de la pensée qui limite la diversité et l'innovation.

Effet dunning-kruger

L'effet Dunning-Kruger décrit la tendance qu'ont les individus moins compétents à surestimer leurs capacités, en raison d'une méconnaissance des standards de compétence nécessaires. Ces personnes ne réalisent pas les informations qui leur manquent pour être compétentes dans un domaine et ont tendance à ne pas nuancer leurs propos.
Un exemple quotidien peut être observé lors de discussions sur des sujets complexes comme la politique ou la science, où ceux ayant le moins de connaissances sont souvent les plus confiants dans leurs affirmations.
L'impact de cet effet sur le discours public et la prise de décision est considérable : il peut conduire à une survalorisation de l'opinion personnelle au détriment de l'expertise et de la donnée factuelle, entravant ainsi le dialogue constructif et la résolution efficace de problèmes.

Biais de faux consensus

Le biais de faux consensus est une erreur de perception où les individus surestiment la mesure dans laquelle leurs croyances, opinions ou comportements sont partagés par les autres. Cela conduit à l'assomption erronée que la majorité pense ou agit de la même manière qu'eux.
Un exemple courant se manifeste dans les discussions sociales ou politiques, où une personne peut supposer que ses points de vue sont largement acceptés, sans tenir compte de la diversité réelle des opinions.
Les impacts de ce biais peuvent mener à une sous-estimation de la nécessité du dialogue et du compromis, renforçant les chambres d'écho et polarisant davantage les débats.

Biais de survie

Le biais de survie désigne la tendance à focaliser son attention sur les exemples où les individus ayant réussi à traverser un processus ou une situation difficile, tout en ignorant ceux qui n'ont pas survécu ou réussi. Cela se traduit par une perception déformée de la réalité, basée uniquement sur les survivants, et négligeant les leçons potentielles des échecs.
Un exemple frappant de ce biais peut être observé dans le monde de l'entrepreneuriat, où les histoires de succès fulgurants de startups sont largement médiatisées, occultant le fait qu’il est possible d’échouer.
Les impacts de ce biais sur le quotidien sont importants, car il peut encourager une vision trop optimiste et irréaliste du succès, minimisant les risques réels et les défis.

Biais d’optimisme

Le biais d'optimisme est la tendance à surestimer la probabilité que des événements positifs se produisent dans sa vie, tout en sous-estimant la probabilité d'occurrence des événements négatifs.
Ce biais influence profondément la perception du futur conduisant les personnes touchées par celui-ci à adopter une vision souvent irréaliste de ce qui les attend.
Prenons l’exemple de la santé d’une personne. Certains individus peuvent minimiser les risques de santé associés au tabagisme, persuadés qu'ils ne seront pas affectés par les conséquences négatives connues.
L'impact de ce biais sur la prise de décision rationnelle est important : il peut mener à des comportements imprudents, à une mauvaise préparation face aux adversités et à une gestion inadéquate des risques.
En effet, en négligeant la possibilité d'issues défavorables, les individus peuvent oublier de mettre en place des stratégies de prévention et de protection efficaces, compromettant ainsi leur bien-être et leur sécurité à long terme.

Biais de l’autruche

Le biais de l'autruche, également connu sous le nom de déni, désigne la tendance à éviter ou à nier l'existence d'informations perçues comme menaçantes pour son bien-être émotionnel. Ce mécanisme de défense psychologique pousse une personne à ignorer des faits ou des données qui pourraient remettre en question sa sécurité, ses croyances ou sa perception de la réalité.
Un exemple courant de ce comportement se manifeste face aux avertissements de santé publique, où certains individus choisissent de ne pas suivre les recommandations, préférant croire qu'ils ne sont pas à risque.
Les impacts de ce biais sur la vie quotidienne sont profonds, car il peut conduire à des décisions qui compromettent la santé et la sécurité d’une personne, ainsi que celle d'autrui.
En refusant d'accepter la réalité des menaces potentielles, la personne se prive de la possibilité d'agir de manière préventive ou corrective, augmentant ainsi sa vulnérabilité face aux dangers évitables.

Effet de simple exposition

L'effet de simple exposition décrit la tendance à développer une préférence pour les objets, personnes ou situations simplement parce que vous y avez été exposé à plusieurs reprises. Cette familiarité engendre un sentiment de confort et de sécurité, influençant vos choix et vos goûts sans que vous en soyez pleinement conscients.
À titre d’exemple, une chanson initialement indifférente peut devenir agréable après plusieurs écoutes, simplement parce que votre exposition répétée crée une familiarité.
Les impacts de cet effet sur vos décisions quotidiennes sont significatifs, car il peut limiter votre ouverture à de nouvelles expériences, vous poussant à privilégier ce qui vous est déjà connu, même en l'absence d'une qualité ou d'un avantage objectif supérieur.

Comment gérer les biais cognitifs au quotidien ?

Pour gérer les biais cognitifs au quotidien, Damien Delonca, psychologue clinicien à La Clinique E-Santé, évoque 4 étapes essentielles qui font partie de la restructuration cognitive :

  1. La prise de conscience de l’existence des biais cognitifs.
  2. Repérer le biais cognitif qui concerne la personne.
  3. Connaître les effets qu’il peut avoir sur le quotidien.
  4. Retirer les biais cognitifs.


Les stratégies pour contrer les biais peuvent varier, mais elles commencent toutes par la reconnaissance de leur présence et de leur impact sur le jugement. Damien Delonca, psychologue clinicien à La Clinique E-Santé, souligne l'importance de cette prise de conscience initiale. Il est essentiel de comprendre que tout le monde est sujet à ces biais.
Une fois cette reconnaissance établie, l'étape suivante consiste à identifier les biais cognitifs auxquels une personne est particulièrement sensible. Cela peut varier considérablement d'une personne à une autre, car les expériences, l’environnement et l’éducation influencent les types de biais auxquels une personne est le plus exposée. Reconnaître ses propres vulnérabilités permet de cibler les efforts pour les contrer plus efficacement.
Avoir connaissance des effets qu'un biais peut avoir est également crucial. Comprendre comment un biais spécifique peut fausser la perception ou la prise de décision aide les personnes à anticiper et à atténuer son impact. Cette prise de conscience permet d'adopter une approche plus critique et objective face aux situations où les biais sont susceptibles d'intervenir.
La restructuration cognitive, comme le décrit Damien Delonca, joue un rôle central dans le processus de gestion des biais cognitifs. Cette technique implique de remettre en question activement ses pensées automatiques et de les remplacer par des réflexions plus nuancées et diversifiées. En prenant du recul et en envisageant les choses sous différents angles, il est possible de déconstruire les biais cognitifs et de réduire leur influence sur le comportement et les décisions d’une personne.
Ces étapes demandent un effort conscient et continu. L'aide d'un psychologue peut être précieuse pour mettre en place ce processus complexe. En adoptant ces stratégies pour contrer les biais, la personne peut progressivement améliorer son jugement et sa prise de décision, rendant son quotidien plus équilibré et ses interactions plus justes.

A retenir

Les biais cognitifs façonnent de manière significative la perception du monde des personnes, mais aussi les décisions et les interactions quotidiennes.
De l'effet d'ancrage à l'effet de simple exposition, en passant par le biais de confirmation et le biais d'optimisme, ces mécanismes psychologiques influencent la capacité à traiter l'information de manière objective.
Reconnaître l'existence de ces biais est le premier pas vers une prise de décision plus éclairée et rationnelle. En développant une conscience de ces tendances, la personne peut œuvrer à minimiser leur impact, favorisant ainsi une pensée critique plus affûtée et des interactions plus justes et équilibrées dans sa vie quotidienne.
Il est important de noter que d’autres biais existent tels que le biais d’auto complaisance, le biais de rétrospective ou encore le biais d’engagement. Chaque personne peut être confrontée à ces biais psychologiques.

Sources

Damien Delonca, psychologue clinicien à La Clinique E-Santé.
André Didierjean, “Ces biais qui vous trompent…pour votre bien”, Cerveau & Psycho, 2022

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